Circulaire DPHM/02/04/90/6 du 10 janvier 1991 relative à la délivrance de l'érythropoïétine

Référence : circulaire du 14 mars 1989 (BO n° 89-19).

1. Il avait été indiqué en 1989 à différents centres de dialyse agréés que le conditionnement d'Eprex en boîtes isothermes, utilisées pour la livraison du produit, permettait aux centres de traitement du domicile habituel de confier le produit aux patients en déplacement de courte durée et de garantir ainsi la poursuite des traitements.
La prise en charge du produit par les régimes de sécurité sociale ayant donné lieu depuis à des mesures appropriées, il paraît aujourd'hui préférable d'éviter au malade d'avoir à transporter le médicament. A cet effet le produit doit être fourni par le centre de traitement du lieu de déplacement.
Il appartient en conséquence au centre de dialyse du domicile habituel du patient d'entrer en contact avec le centre du lieu de déplacement et d'avertir le laboratoire fournisseur afin que les quantités de produits nécessaires soient livrées directement à ce dernier.
Les dispositions utiles sur le plan financier et comptable relèvent d'un accord entre le centre du lieu habituel de traitement et celui du lieu de déplacement.

2. Les modalités de distribution de l'érythropoïétine mises en place par la circulaire du 14 mars 1989 sont maintenues. A cet égard, il est à nouveau rappelé que les médecins-conseils des organismes de sécurité sociale doivent être invités à participer aux réunions des comités régionaux.

3. Une deuxième érythropoïétine a obtenu une autorisation de mise sur le marché dans les mêmes indications qu'Eprex, à savoir l'anémie de l'insuffisant rénal chronique hémodialysé. Il s'agit de Recormon, des laboratoires Boehringer Mannheim, qui est disponible sous trois dosages : 1000 U, 2000 U et 5000 U.
Les études jointes au dossier Recormon permettent de penser que l'efficacité et la tolérance sont identiques à celles d'Eprex. Vous trouverez ci-joint en annexe une note qui reprend l'avis émis par la commission de la transparence le 6 juin 1990.
Recormon a été agréé à l'usage des collectivités par arrêté du 31 juillet 1990 (JO 01/09/90).
Le dispositif prévu par la circulaire du 14 mars 1989 s'applique à cette nouvelle érythropoïétine.

Annexe :
Recormon 1000 U, 2000 U, 5000 U, lyophilisat et solution pour usage parentéral IV (10).
Laboratoire Boehringer Mannheim.
Erythropoïétine humaine recombinante (r-Hu EPO).
Liste I
Réservée aux centres de dialyse agréés par l'AMM.
Demande d'inscription sur la seule liste des collectivités.
Avis de la commission
Recormon est la 2e érythropoïétine humaine recombinante à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché.
Celle-ci intervient deux ans après celle d'Eprex des laboratoires Cilag.
Recormon résulte d'un effort de recherche biothecnologique de haut niveau.
Les indications sont le traitement de l'anémie des insuffisants rénaux chroniques dialysés.
La posologie
- d'attaque : est de 40 U/kg 3 fois par semaine pendant 6 semaines, à augmenter ensuite, si nécessaire, par palier de 20 U/kg toutes les 4 semaines, sans dépasser 3 " 240 U/kg par semaine ;
- d'entretien : une dose de 30 U/kg 3 fois par semaine peut être considérée comme la dose moyenne d'entretien.
Le produit de comparaison est l'Eprex
- par rapport à ce dernier, les études jointes au dossier permettent de penser que l'efficacité et la tolérance sont identiques ;
- en terme de posologie, les différences constatées dans les posologies initiales et d'entretien semblent résulter d'un schéma posologique différent mais l'efficacité des deux produits est similaire puisque les mêmes doses donnent des effets comparables quand ils sont administrés avec la même périodicité ;
- en terme de présentation, Recormon est un lyophilisat pour préparation injectable dans un solvant ne contenant pas d'albumine humaine.
Cette présentation est plus gênante en terme de commodité d'emploi que la solution prête à l'emploi d'Eprex. Il n'y a pas d'avantage documenté en terme de tolérance.
Cependant la commission note qu'une présentation en 1000 U a pu être réalisée plus susceptible de s'adapter dans l'avenir à des posologies inférieures à celles actuellement préconisées, posologies qui sont en cours d'évaluation.
Absence d'amélioration du service médical rendu.
Proposition d'inscription sur la seule liste des produits agréés aux collectivités et divers services publics.