Le Bulletin
n°5 Nov. 1997
SOMMAIRE
Compte-rendu de la 2è journée de lASSIPHAR
Rédacteur en chef : Christophe Burtin
Comité de rédaction : Muriel Aycard, Bénédicte Bastia, Delphine Bourin, Isabelle Di Sandro, Catherine Dumartin, Isabelle Hermelin, Christophe Pitré et Muriel Silvie
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Association nationale des Assistants et
anciens Assistants en Pharmacie Hospitalière
Le mot du Président
Cher(e) Ami(e),
Ce mot nest pas celui du Président mais du past-Président !
Loccasion est trop belle, en effet, de ne pas vous rappeler cette disposition statutaire stipulant que le Président est obligatoirement Assistant en exercice : place aux jeunes et ... aux filles de surcroît !!
Cest donc depuis le 1er octobre que la destinée de lASSIPHAR se trouve entre les mains de Bénédicte BASTIA (heureuse destinée, sil en est !).
Au-delà de cette remarque pour le moins douteuse et de la bienséance consistant à assurer
Bénédicte de notre confiance pour les tâches à venir, je voudrais rappeler que lASSIPHAR est aussi lassociation des Anciens Assistants voire des Assistants un peu anciens (jexagère, bien-sûr !) et que lesprit initial qui prévoyait dassocier lexpérience de ces derniers à lenthousiasme des plus jeunes doit non seulement perdurer mais samplifier avec le passage annuel de nombre dentre nous (trop peu, certes) au statut dancien.
Je memploierai pour ma modeste personne à ne jamais loublier !
Comme toute rentrée, celle de lASSIPHAR se devait de faire grimper le mercure (tant quil en reste dans nos hôpitaux !) et, lors de notre dernière Assemblée Générale du 13 juin, quelques voix se sont élevées pour reprocher à lASSIPHAR son inertie sur des problèmes dordre statutaire ou son silence sur linadéquation, chaque année vérifiée des flux entre Internes, Assistants et PH (lire à ce sujet le courrier de Carine Deweerdt dans ce numéro).
A ces partisans dune modification de nos statuts afin de nous fédérer en syndicat, jopposerai les quelques arguments - non exhaustifs - suivants :
- "Gérer" un syndicat est structurellement beaucoup plus lourd quune association
- Notre association (cf. début de ce propos) se veut fédératrice également des Anciens Assistants. Pour nêtre pas moins dynamiques, je doute que nous mobilisions en masse lénergie de ces derniers (déjà très majoritairement syndiqués chez les PH par ailleurs) pour "monter au créneau" sur des problèmes ne les concernant plus directement
- Le SNPHPU et le SYNPREFH comptent dans leurs rangs de nombreux assistants et au sein de leur conseil dadministration des représentants de ceux-ci (Florence MOUNEAUX pour le SYNPREFH, Stéphanie PROVOT et Muriel SILVIE pour le SNPHPU). Libre à vous de vous engager à ce niveau et/ou de faire passer vos doléances à ces représentants. LASSIPHAR est, dailleurs, à ce sujet en relation directe et régulière avec les syndicats.
- Conservons pour notre champ daction ce souci rigoureux de vous informer et cette volonté enthousiaste de formation par le "compagnonnage" des plus expérimentés.
A ce propos, notre dernière action (méthodologie des essais cliniques - 3/10/97), eu égard à la qualité de lintervenant, à leffort de partenariat des Laboratoires SANOFI et à lénergie dépensée par les membres du Bureau pour organiser ce type de journée, nécessiterait un peu moins de légèreté et de désinvolture dans lengagement de participation de certains (dont acte !).
Bref, faisons taire cette fibre grincheuse pour ce qui ne sera, jen suis sûr, quun accroc.
Je souhaite à ceux qui lyophilisent actuellement leurs surrénales dans les affres du CNPH de connaître rapidement la félicité et à tous les autres une lecture avide de ce numéro spécial, résumant les interventions de notre journée de formation du 13 juin 1997, pour aborder la rentrée un peu plus riche de connections synaptiques.
Le past-Président,
Christophe Burtin.
Innovations thérapeutiques
en cancérologie
Isabelle Madeleine-Chambrin
Pharmacie, hôpital St Louis, Paris
Médicaments utilisés dans le traitement des cancers colorectaux
Les cancers colorectaux représentent lune des premières causes de mortalité par cancer. Au diagnostic, 50% sont localisés et 25% sont métastatiques demblée. Le traitement est principalement chirurgical, mais les chimiothérapies adjuvantes et palliatives se sont montrées bénéfiques. Le traitement de référence est le 5 fluoro-uracile (5 FU) associé ou non.
Le traitement chirurgical des formes localisées (stades I-II ou A-B) donne 80% de survie globale à 5 ans. Pour les formes avancées (stade III ou C), un traitement chirurgical est possible mais le risque de récidive est élevé ; une chimiothérapie adjuvante donne 70% de survie globale à 5 ans. Le traitement des formes métastatiques (stade T4 ou C et D) par chimiothérapie palliative donne des résultats médiocres (survie globale de 5% à 5 ans, durée moyenne de survie :10 mois).
Le traitement par 5 FU donne 5 à 15% de réponses objectives (RO) en bolus (les effets indésirables à type dangor sont fréquents) et 10 à 30% en perfusion continue. Ces effets sont potentialisés par son association à lacide folinique, le méthotrexate, et lévamisole + interféron. Lacide folinique augmente linhibition de la thymidilate synthétase. Cette biomodulation est mise à profit dans de nombreux protocoles FUFOL, selon plusieurs schémas thérapeutiques : forte dose (200 à 500 mg/m², ex : schéma Degramont ou LV5FU2) et faible dose (20 mg/m², ex : schéma de la Mayo Clinic). Le schéma peut être hebdomadaire ou mensuel. Le protocole de la Mayo Clinic correspond à acide folinique 20 mg/m², 5 FU 425 mg/m² J1 à J5 en bolus avec un schéma mensuel. Le schéma de Degramont (LV5FU2) consiste en acide folinique 200 mg/m² en 2 heures, 5 FU avec dose de charge 400 mg/m² sur 2 heures puis perfusion continue 600 mg/m² sur 22 heures à J1-J2 puis 2 semaines plus tard. Le taux de RO, survie sans rechute et la tolérance sont supérieurs avec le schéma de Degramont.
Les traitements adjuvants améliorent la survie sans rechute et la survie globale.
Le traitement palliatif augmente le taux de réponse et permet un gain de survie. De la même façon, le traitement de référence reste le FUFOL ou le protocole LV5FU2. Les nouveaux médicaments ne donnent pas de résultats supérieurs à ce traitement de référence.
Le TOMUDEXÒ (raltitrexed) est un anti-métabolite inhibiteur de la thymidilate synthétase. Il est administré à la posologie de 3 mg/m² en perfusion de 15 minutes toutes les 3 semaines. Les résultats sont identiques au FUFOL (protocole Mayo) soit 30% de réponses objectives et une survie de 5 mois. Sa tolérance est très bonne. Son utilisation est recommandée en cas dintolérance au 5 FU ou lorsquun schéma thérapeutique plus aisé est souhaité (ambulatoire).
LELOXATINEÒ (Oxaliplatine - LOHP) est un alkylant (dach-platine). Il est administré à la posologie de 130 mg/m² en perfusion (dans du G5%) de 2 à 6 heures toutes les 3 semaines. Il est utilisé en association au FUFOL. Le taux de réponse objective varie de 10 à 45 % et la survie de 7 à 17 mois. Une neurotoxicité périphérique se manifeste pour des doses de 800 mg/m². Les effets indésirables digestifs sont contrôlables. Au total, LOHP est un anticancéreux de deuxième ligne bien toléré dont lutilisation est voisine de celle du CamptoÒ . Des études de première ligne FUFOL + LOHP versus FUFOL sont actuellement en cours.
Le CAMPTOÒ (Irinotécan, CPT11) est un inhibiteur de la topoisomérase I. Il est prescrit à la posologie de 350 mg/m² en perfusion de 30 minutes toutes les 3 semaines. Les RO obtenues en traitement de deuxième ligne sont de lordre de 20%. Les effets indésirables sont des neutropénies et des diarrhées précoces et tardives. Les diarrhées précoces sont traitées par atropine en sous-cutané; les diarrhées tardives à J8, concomitantes à la neutropénie, avec risque de bactériémie et septicémie sont traitées par ImodiumÒ . En conclusion, lutilisation du CamptoÒ en deuxième ligne est plus délicate et doit être réservée aux patients ayant conservé un bon état général.
Médicaments utilisés dans le traitement du cancer de lovaire
Lincidence du cancer de lovaire est en augmentation avec 3000 nouveaux cas par an en France. Il représente 4% des cancers de la femme et est responsable de 2500 décès par an. La survie globale est de 30% à 5 ans.
80% des formes sont épithéliales (femmes entre 45 et 60 ans), 10% sont germinales (femmes jeunes), et 10% métastatiques. Leur découverte a lieu généralement à un stade tardif : douleurs abdomino-pelviennes, augmentation du volume de labdomen, métrorragies. Un marqueur : le CA 125, permet la surveillance : on constate son élévation 2 à 7 mois avant la clinique.
Au stade I, le traitement est uniquement chirurgical (survie globale 80-90% à 5 ans). Au stade II, un traitement adjuvant (3 à 6 cycles de cisplatine+cyclophosphamide +/- adriamycine) est ajouté à la chirurgie pour éviter les rechutes. Les stades III et IV ont un pronostic sombre. La chimiothérapie comporte 6 cycles, et est associée si possible à un traitement chirurgical. Si une réponse est observée, la poursuite du traitement par chimiothérapie intrapéritonéale et radiothérapie dépend du résultat du "second look" par chirurgie. En cas déchec, on passe à la phase II. La survie globale est de 5% à 5 ans.
Le traitement des cancers de lovaire consiste en une polychimiothérapie associant généralement du cisplatine (RO = 68% et survie 19 mois versus RO = 47% et survie 14 mois pour les polychimiothérapies sans cisplatine).
Les standards sont les suivants :
cisplatine+cyclophosphamide,
cisplatine + adriamycine + cyclophosphamide
carboplatine + cyclophosphamide,
cisplatine + paclitaxel
Le carboplatine présente lavantage sur le cisplatine de ne pas nécessiter dhyperhydratation. Sa toxicité hématologique peut être contrôlée par ladministration de G-CSF. Ceci explique son utilisation en hôpital de jour.
Le TAXOLÒ (paclitaxel) est un poison du fuseau qui agit par inhibition de la dépolymérisation de la tubuline. Il est administré à la posologie de 175 mg/m² en perfusion de 3 heures toutes les 3 semaines. Aux USA, il est administré en perfusion sur 24 heures ce qui rend difficile la transposition des résultats des études américaines. Il est indiqué dans le cancer de lovaire en première ligne métastatique et dans le cancer du sein en deuxième ligne métastatique. Il est responsable de neutropénie et alopécie. Son utilisation nécessite une prémédication des patientes par corticoïdes.
Essai Mac Guire (1996) : cancer de lovaire stade III et IV en première ligne métastatique, tumeur supérieure à 1 cm.
- Taxol 135 mg/m² + cisplatine 75 mg/m² toutes les 3 semaines
- Survie sans rechute 13 à 18 mois
- Survie globale : 24 à 38 mois.
Cet essai étant le seul dans cette indication, ses résultats sont à confirmer.
LHYCAMTINÒ (topotécan) est un inhibiteur de la topoisomérase I, phase S dépendant, administré à la posologie de 1,5 mg/m²/jour pendant 5 jours toutes les 3 semaines. Il est indiqué dans le traitement du cancer de lovaire métastatique en deuxième ligne. Le taux de RO est de 15 à 20% avec une survie de 32 semaines. Ses effets indésirables sont une neutropénie (nécessitant ladministration de G-CSF), des nausées, des vomissements. Son profil de toxicité est différent du CamptoÒ bien quil appartienne à la même classe. Il existe une résistance croisée de type MDR.
Au total, lHycamtinÒ constitue un traitement de 2è ou 3è ligne. Lessai Carmichael (1996) est un essai de phase III comparant topotécan versus TaxolÒ 175 mg/m² sur 3 heures dans le cancer de lovaire en deuxième ligne métastatique après première ligne avec cisplatine. Les taux (13 à 20%) et durée de réponse ne sont pas significatifs. Les données sur la survie globale ne sont pas publiées. La survie sans rechute est de 14 - 23 semaines. Le topotécan représente une alternative si prétraitement au cisplatine ou au TaxolÒ . En deuxième ligne par rapport au TaxolÒ , le topotécan a un coût supérieur car il nécessite cinq jours dhospitalisation et en raison du conditionnement, une perte dau moins 1 mg de principe actif est fréquente.
Médicaments utilisés dans le traitement des cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC)
Lincidence des CBNPC (épidermoïdes ou adénocarcinomes autres que ceux à petites cellules) est en augmentation. Cest le premier cancer en terme de mortalité chez lhomme et le deuxième chez la femme. Les cancers épidermoïdes sont liés au tabac, à linverse des adénocarcinomes. Leur découverte survient dans 30% des cas aux stades I-II, 30% au stade III, 40% au stade IV. Le traitement des stades I et II associe la chirurgie et un traitement adjuvant. Les stades III et IV sont inopérables et sont traités par radiothérapie (RO = 20%, survie de 2 ans), par radiochimiothérapie ou par chimiothérapie.
La monothérapie par vinblastine, vindésine, ifosfamide, cisplatine ou mitomycine donne un taux de RO de 15%. La polychimiothérapie améliore ce taux (20 à 50%) avec une survie globale de 3 à 10 mois. Le traitement de référence est le CAP (cisplatine, adriamycine, cyclophosphamide) qui donne des résultats meilleurs que lassociation cisplatine-VP16 ou cisplatine-vindésine. Lintensification de la chimiothérapie (protocoles MIP ou MVP) associée à des facteurs de croissance hématopoïétiques est à réserver aux patients en bon état général. La chimiothérapie permet une amélioration des symptômes et de la qualité de vie.
Le GEMZARÒ (gemcitabine) est un antimétabolite (dFdC) antipyrimidique agissant par inhibition de la ribonucléotide réductase et nécessitant une activation métabolique. Il est administré à la posologie de 1000 mg/m²/semaine à J1, J8, J15, J28, en perfusion de 30 minutes. Il est indiqué dans les CBNPC de stade III et IV et donne 20% de RO et une survie de 9 mois. Lassociation au cisplatine permet datteindre 40% de RO et une survie de 12 mois. La tolérance du GemzarÒ est bonne (toxicité hématologique, oedèmes, fibrose pulmonaire si association à la radiothérapie). Le surcoût est énorme par rapport à cisplatine-VP16 ou cisplatine-vindésine même si le cisplatine nécessite une hyperhydratation.
Médicaments indiqués dans dautres cancers
LIMMUCYSTÒ ou BCG est un stimulant de limmunité cellulaire, utilisé depuis de nombreuses années dans le cancer de la vessie superficiel (T0-T1). Une AMM a permis de régulariser son utilisation dans cette indication. Il est administré par instillations vésicales à la posologie de 3 flacons soit 81 mg par injection. Il ny a pas de passage systémique mais une possibilité de troubles urinaires, dinfections (couverture par isoniazide ou traitement antituberculeux). Cest un médicament réservé à lusage hospitalier, dispensé en ambulatoire.
Le MILTEXÒ (miltéfosine) est un alkyl-phospholipide présentant une toxicité membranaire et utilisé en topique dans les métastases cutanées de cancer du sein en cure de 8 semaines. Il sagit dune solution à 6%, utilisée sur une surface maximale de 10 cm². Le MiltexÒ provoque une sécheresse cutanée. Il constitue le seul traitement topique disponible dans une affection très difficilement curable. Cest un médicament réservé à lusage hospitalier, à dispensation ambulatoire.
LETOPOPHOSÒ (phosphate détoposide) est un pro-médicament de létoposide (inhibiteur de la topoisomérase II), bioéquivalent à létoposide. Son solvant aqueux permet une meilleure solubilisation, une meilleure conservation, et une compatibilité avec le PVC. Ladministration est en conséquence plus aisée (bolus ou perfusion continue), les injections sont mieux tolérées. Ce médicament est donc intéressant pour les fortes posologies, la pédiatrie, les malades intolérants ou présentant une contre-indication à létoposide. Il provoque moins dhypotension que létoposide mais son coût est supérieur.
Le VESANOIDÒ (Trétitoïne - ATRA) est un agent différenciateur, spécifique de la leucémie aiguë promyélocytaire (LAP) ou de la leucémie aiguë myéloïde LAM3 tr(15;17), en traitement dinduction ou lors des rechutes. Il est administré à la posologie de 45 mg/m²/jour en 2 prises, au cours des repas, jusquà rémission complète (90 jours au maximum). Ses effets indésirables sont le syndrome dactivation leucocytaire ou "ATRA syndrome" et une sécheresse cutanée. Lhyperleucocytose se manifeste à partir de J8 de traitement (fièvre, dyspnée, insuffisance rénale, respiratoire, cardiaque, épanchements pleuraux). Le traitement consiste en dexaméthasone 10 mg toutes les 12 heures ou aracytine. LATRA est utilisé dans le protocole LAP93 en traitement dentretien qui ne fait pas partie de lAMM.
Les Chimioprotecteurs
Patrick Thomaré
Pharmacie, Nantes
Introduction
Les chimioprotecteurs représentent une nouvelle classe médicamenteuse dont lobjet est de permettre une réduction sélective de la toxicité des chimiothérapies vis-à-vis des tissus sains. Nous présenterons une revue de littérature des principaux représentants de cette classe en abordant successivement le mesna, produit sur lequel existe un important recul dutilisation clinique, les molécules plus récentes telles que lamifostine ou le dexrazoxane. Enfin, nous citerons quelques molécules encore en phase dexpérimentation clinique.
Définition
Un chimioprotecteur est un médicament susceptible daméliorer la tolérance dune chimiothérapie en minorant la toxicité quelle engendre sur les cellules normales. Pour constituer un bon candidat à la chimioprotection, une molécule doit " idéalement " répondre à trois critères principaux :
- exercer une action sélective et ne pas concerner les cellules tumorales,
- posséder des caractéristiques pharmacocinétiques qui ninterfèrent pas ou peu avec celles des médicaments cytotoxiques,
- ne générer que peu deffets indésirables propres.
Chimiquement, cette famille regroupe des médicaments de structure très variée, néanmoins, on peut individualiser :
- les médicaments générateurs de fonction thiol,
- les médicaments capteurs de radicaux libres,
- des médicaments divers parmi lesquels nous citerons certains dérivés cortisoliques ou des peptides tels que le A68828 (peptide natriurétique atrial).
Ces médicaments se différencient de façon théorique des facteurs de croissance hématopoïétiques, notamment le G-CSF, par leur cytoprotection exercée envers les tissus sains de lorganisme et par le fait que leur action ne favorise pas le renouvellement des tissus lésés par la chimiothérapie mais protège les cellules normales de laction cytotoxique des agents anticancéreux.
Médicaments générateurs de fonction thiol
De nombreux dérivés à fonction thiol ont fait lobjet dun développement clinique. Nous citerons le 2-mercaptoéthanesulfonate, le WR 27-21 ou amifostine, enfin le diéthylthiocarbamate ou DDTC.
Le 2-mercaptoéthanesulfonate ou mesna, Uromitexan* (laboratoire Asta-Médica), solution injectable 400mg, 1 g, 5g. Réservé à lusage hospitalier.
Le mesna a été développé dans les années 1980 après que lon ait pour la première fois démontré chez lanimal leffet protecteur du groupement -SH de la N-acétylcystéine vis-à-vis de la toxicité vésicale induite par lacroléine, métabolite urinaire toxique de lifosfamide et du cyclophosphamide. La N-acétylcystéine avait été abandonnée en tant que telle en raison de sa faible élimination urinaire après injection IV et de la baisse dactivité cytotoxique quelle engendre vis-à-vis du cyclophosphamide.
Pharmacodynamie
Après injection IV, le mesna est transformé au niveau plasmatique en quelques minutes en un composé stable, le dimesna (deux molécules de mesna reliées par un pont disulfure) incapable de sortir du compartiment vasculaire et incapable dinteragir avec les nombreux métabolites du cyclophosphamide ou de lifosfamide. Après réduction dans les tubules rénaux, le mesna peut à nouveau réagir avec lacroléine en formant un thioéther inactif mais surtout non toxique pour la muqueuse vésicale.
Indications-Etudes cliniques
Prévention des cystites hématuriques induites par les oxazophosphorines. Pauvreté de la littérature compte-tenu de lancienneté de la molécule.
Posologie - Modalités dadministration
Traditionnellement, 100 à 160% (en pédiatrie) de la dose totale doxazophosphorine administrée , répartie par tiers avant, pendant et après ladministration de lagent alkylant, sachant que pour des doses supérieures à 2g/m2/jour la pharmacologie est méconnue. La dilution est effectuée classiquement dans du NaCl 0,9%. Le médicament est stable plusieurs jours en mélange, en particulier avec lifosfamide (intéressant pour des protocoles avec les patients ambulatoires). Par principe, neffectuer aucun autre mélange.
Tolérance
Globalement excellente, néanmoins les présentations commerciales à 1 et 5 g contiennent une forte proportion dalcool benzylique (520 mg/50 ml pour la forme à 5g) qui peut conduire à des accidents de type anaphylactoïde.
Le WR 27-21 ou amifostine, Ethyol* (laboratoire Schering-Plough), lyophilisat 500mg.
Coût moyen/administration = 4000 francs.
Cette molécule est issue de la recherche de larmée américaine sur des substances protégeant de fortes doses de radiations ionisantes. Cest ainsi qua été découvert le WR 27-21, composé sulfhydrilé. Chez lanimal, il protège les tissus sains de la toxicité du cisplatine, du cyclophosphamide, des nitrosourées et de la L-phénylalanine. Il améliore de 1,5 à 2 fois la tolérance rénale du cisplatine et la tolérance hématopoïétique du cyclophosphamide.
Mécanismes daction
Globalement imparfaitement connus.
Plusieurs hypothèses sont proposées :
- captation des radicaux libres,
- transfert datomes hydrogène aux radicaux de lADN,
- déplétion de loxygène près de lADN,
- augmentation des mécanismes biochimiques de réparation de lADN.
In vitro, la captation du cisplatine ou du carboplatine par le WR 27-21 est inférieure à celle du thiosulfate par exemple ; ce qui suggère un faible risque de réduire lactivité des organoplatines par inactivation sanguine.
Pharmacodynamie
Le WR 27-21 est une prodrogue qui doit être biotransformée en WR1065, forme active par déphosphorylation grâce à une phosphatase alcaline membranaire. Cette enzyme est notamment présente sur les cellules endothéliales des petits vaisseaux et la bordure des cellules des tubes contournés proximaux du rein. Son activité au niveau des cellules saines est supérieure à celles au niveau des cellules tumorales ce qui explique leffet cytoprotecteur différentiel.
Pharmacocinétique
Administré par voie IV rapide (15 minutes) à la dose de 740 mg/m2.
Rapide distribution t1/2a=0.87 minutes
Elimination rapide t1/2b=8.87 minutes.
% de la dose retrouvée inchangée au niveau urinaire après 1 heure : 1.05% de la dose totale + 1.38% de métabolite WR 1065.
Clairance totale = 2.17 l/m2.
Ces résultats suggèrent que le WR 27-21 sort du compartiment central vasculaire très rapidement puis est déphosphorylé avant dêtre incorporé sous forme de WR 1065 au niveau tissulaire. Compte tenu des paramètres pharmacocinétiques délimination, des doses multiples de WR 27-21 seront nécessaires pour obtenir un effet cytoprotecteur vis à vis des cytotoxiques à longue demi vie. Le métabolisme ultérieur du WR 1065 est inconnu.
Indications - Etudes cliniques
* AMM initiale (US Bioscience) exploitée par Schering-Plough : 1995. " Prévention du risque de neutropénie et de ses conséquences notamment infectieuses dues à lutilisation combinée du cyclophosphamide et du cisplatine chez des patientes atteintes de carcinome ovarien avancé (FIGO stade III ou IV) ". Cette AMM repose sur deux abstracts dont lun a été présenté à lASCO 1994 par Glick et Coll. Dans ces deux études pilotées respectivement aux USA et en Europe selon une méthodologie similaire, 121 patientes atteintes dun cancer ovarien avancé ont reçu 6 cycles de lassociation cyclophosphamide (1g/m2) et cisplatine (100mg/m2), correspondant au traitement de référence versus cette même chimiothérapie + amifostine 910 mg/m2 en perfusion de 15 minutes juste avant le cyclophosphamide. Dans létude européenne, la fréquence dune neutropénie fébrile nécessitant une antibiothérapie a été de 28% dans le groupe témoin versus 8% dans le groupe amifostine (p = 0,002). Lanalyse combinée des deux études suggère que lamifostine permet de diviser par quatre le nombre de journées dhospitalisation et dantibiothérapie. Un des essais montre de plus que lamifostine permet un meilleur respect du protocole de chimiothérapie sans modification de la durée de survie (médiane denviron 3 ans).
* Extension dAMM (décembre 1996) " Prévention de la néphrotoxicité cumulative du cisplatine et des traitements contenant du cisplatine quand les doses unitaires de celui-ci sont comprises entre 60 et 120 mg/m2, en association à des mesures dhydratation adéquates chez les patients présentant des tumeurs solides avancées non germinales ".
Cette extension dAMM repose essentiellement sur létude de Kemp et Coll. publiée dans Journal of Clinical Oncology (juillet 1996) : phase III randomisée, N=242, protocoles chimiothérapeutiques identiques à létude de Glick. Au niveau biologique, on observe une différence significative en termes daugmentation de créatininémie (p=0,004), de réduction de la clairance de la créatinine de plus de 40% (p=0,001) et de toxicité neurologique (p=0,029) en faveur du bras avec amifostine. De plus, 24% des patients du bras de référence versus 9% du bras amifostine ont dû interrompre leur traitement pour cause de toxicité (p=0,02). Aucune différence na été observée en termes de médiane de survie.
Effets indésirables
Peu détaillés dans la littérature. Deux effets majeurs ressortent :
- effet émétogène important qui nécessite une prémédication systématique par la triade BZD-corticoïdes-anti 5HT3 (5 ans ont été nécessaires (1988-1993) pour inclure les patients des deux premières études).
- un risque dhypotension parfois grave (18% des patients, dont 1,2% pour lesquels il faut interrompre la perfusion) ; ceci impose une surveillance tensionnelle toutes les 5 minutes pendant la perfusion, darrêter tout traitement anti-hypertenseur 24 heures avant, un respect strict des modalités dadministration voire larrêt de la perfusion en cas de bas débit cérébral et dune baisse de la pression artérielle systolique supérieure à 20% par rapport à sa valeur basale.
Des cas dhypocalcémie ont été rapportés exceptionnellement dans la littérature par inhibition de la sécrétion de la PTH ou inhibition de la résorption du calcium osseux.
Modalités dadministration
Le lyophilisat est à reconstituer avec 9,5 ml de NaCl 0,9% et peut se conserver 24 h à +4°C. Le volume final recommandé est 50 ml. Lamifostine est contre-indiqué chez les insuffisants rénaux ou hépatiques, les enfants et les malades de plus de 70 ans compte-tenu de la pauvreté de lexpérience clinique avec ces populations.
Conclusion
Produit intéressant pour prévenir la néphrotoxicité cumulative du cisplatine. Malheureusement, ses effets indésirables propres et la nécessité dune surveillance stricte en limitent lintérêt en pratique clinique. Concernant son effet myéloprotecteur, des études prospectives de phase III comparées ou en association avec les G-CSF ou GM-CSF devraient être conduites afin den évaluer plus précisément le rapport bénéfices/risques.
Autres molécules génératrices de fonction thiol
* Thiosulfate de sodium : pour mémoire
Intéressant pour prévenir la néphrotoxicité du cisplatine notamment administré par voie intra-péritonéale à des doses supérieures à 200mg/m2. Malheureusement inefficace pour protéger de la neurotoxicité qui est dose-limitante fréquemment.
* Diéthyldithiocarbamate (DDTC) : molécule encore en développement clinique, peu prometteuse. Cest un chélateur, métabolite du disulfiram. Dans un essai de phase I, ladministration de cisplatine (100 mg/m2 sur 3 heures) a été suivie dune injection IV de DDTC (4 g/m2 sur 3 heures) débutée 45 minutes après linjection de cisplatine. Dautres études avec du carboplatine en monothérapie (400 mg/m2) administré avec ou sans DDTC (600 mg/m2) nont pas montré deffet cytoprotecteur notamment au niveau de la lignée plaquettaire. Parallèlement, le DDTC peut induire des flush, une agitation et une élévation des chiffres tensionnels.
Médicaments capteurs de radicaux libres
La toxicité myocardique constitue le facteur limitant de lutilisation des anthracyclines en clinique. Elle est établie de façon statistique et assez bien connue pour la doxorubicine (550 mg/m2) et ses dérivés comme lépirubicine (900 mg/m2). On distingue une toxicité aiguë à type de troubles du rythme, généralement réversibles et transitoires, et une toxicité tardive à type dinsuffisance cardiaque congestive (58% des patients présentant une cardiomyopathie décéderont dans un tableau dinsuffisance cardiaque). Les mécanismes en cause sont mal connus. Plusieurs auteurs ont démontré que les anthracyclines génèrent des radicaux libres oxygénés et des ions hydroxyles. Ces dérivés hautement réactifs font, semble-til, intervenir une peroxydation des lipides du reticulum sarcoplasmique. La génération doxydants semble majorée en présence dions fer et la liaison anthracycline-fer peut catalyser la formation dune plus grande quantité de radicaux oxygénés.
Dexrazoxane (ICRF 187), Cardioxane* (laboratoire Chiron), lyophilisat 500mg.
Coût par administration = 2450 francs.
Mécanisme daction
Chélateur intracellulaire qui a démontré une activité cytoprotectrice contre ladriamycine. LICRF 187 est un composé bis-dioxopipérazinique de structure proche de lEDTA qui a été initialement développé chez lhomme comme agent anti-néoplasique. Il agirait comme agent chélateur du fer et diminuerait aussi la formation de radicaux libres oxygénés responsables de la cardiotoxicité.
Pharmacodynamie
Le complexe fer-anthracycline, en présence dICRF 187, provoque la formation par hydrolyse dun dérivé ICRF 198 capable de capter le fer métal lié aux anthracyclines. La protection cellulaire conférée semble (du moins chez lanimal) limitée aux cellules myocardiques et ne permet pas de réduire la toxicité médullaire des anthracyclines ou la fréquence des alopécies.
Pharmacocinétique
A la dose de 500 mg/m2 perfusée en 15 minutes en association avec 50 mg/m2 dadriamycine (N=12): t1/2a = 19 min., t1/2b = 2,5 h, Vd = 1,1 l/kg. La clairance urinaire représente 34% de la clairance totale ce qui suggère la nécessité dune adaptation posologique en cas dinsuffisance rénale.
Indications - Etudes cliniques
" Prévention de la cardiotoxicité chronique cumulative liée à la doxorubicine chez des malades atteints de cancers avancés et/ou métastasés, ayant déjà reçu un traitement comportant une anthracycline ".
Leffet protecteur nest démontré que pour la doxorubicine bien que dans certaines études des malades aient reçu de lépirubicine (facteur de conversion retenu = 0,5) ou de la mitoxantrone (facteur de conversion retenu = 3). Le dossier dévaluation clinique correspondant à cette AMM (1995) est réduit à une étude rétrospective réalisée par Chiron qui a porté sur 74 patients ayant reçu une dose au moins égale à 100 mg/m2 de doxorubicine ou équivalent, puis traités secondairement par lassociation adriamycine-dexrazoxane. La dose totale cumulée quont reçue ces patients est de lordre de 550mg/m2 pour environ la moitié dentre eux, ce qui ne permet nullement de conclure à une amélioration de lindex thérapeutique cardiaque de ladriamycine associée à ce médicament. Le caractère hétérogène des patients recrutés (essentiellement des patientes présentant un cancer du sein métastatique ou non) ne permet de porter aucun jugement en termes de survie. En revanche, le dexrazoxane semble posséder une toxicité hématologique propre dose-dépendante (64% des patients ont présenté une leucopénie sévère, 26% une thrombopénie sévère et 13% une anémie sévère). Sil est donc à ce jour impossible de répondre à la question : peut-on poursuivre un traitement par anthracyclines chez un patient asymptomatique ayant reçu une dose totale cumulée de 550 mg/m2, leffet cardioprotecteur propre de la molécule (chez les patients naïfs) semble un peu mieux étayé cliniquement. Dans une étude prospective randomisée portant sur 349 patientes naïves de toute anthracycline, présentant un cancer du sein et traitées par FAC 50 (adriamycine 50 mg/m2, cyclophosphamide 500 mg/m2, 5FU 500 mg/m2, J1-J21), 168 dentre elles ont reçu 500 mg/m2 de dexrazoxane IV 30 minutes avant linjection dadriamycine. Le risque davoir une toxicité cardiaque était 2,5 fois plus élevé dans le groupe contrôle versus groupe traité (p<0,001). Dès 400 mg/m2 dadriamycine le risque de cardiotoxicité était 10 fois plus élevé (p=0,005).La survie sans rechute et la survie globale étaient comparables dans les 2 groupes.
Dans un autre essai randomisé réalisé chez 155 patients présentant un cancer bronchique à petites cellules traités par AVE (adriamycine 50 mg/m2, cyclophosphamide 750 mg/m2, vincristine 2 mg/m2). 43 dentre eux ont reçu une dose IV de 500 mg/m2 de dexrazoxane 30 minutes avant ladriamycine. 12% des patients ont présenté un épisode de cardiopathie dans le groupe dexrazoxane versus 29% dans le groupe contrôle (p=0,029). A la dose cumulée de 600 mg/m2, la fraction déjection ventriculaire gauche des patients traités par dexrazoxane était plus élevée que dans le groupe contrôle sans atteindre une significativité statistique (p=0,09). Parallèlement, les taux de réponse étaient comparables (67% versus 68%). Paradoxalement, le produit a obtenu une AMM à la posologie de 1 g/m2 pour une posologie de 50 mg/m2 dadriamycine (J1-J21).
Modalités de reconstitution
Ce produit doit être manipulé avec les mêmes précautions quun agent cytotoxique classique. Il est à reconstituer avec de lEPPI (25 ml) puis à diluer avec une solution de Ringer-lactate (200-500 ml). Il est stable jusquà 24 h après reconstitution à +4°C.
Dans létat actuel des connaissances, le recours au Cardioxane* ne peut être envisagé que chez des malades justifiant une chimiothérapie par doxorubicine de deuxième ligne après échec dautres protocoles, ce dans le cadre dessais cliniques de phase III méthodologiquement robustes.
Molécules diverses
Corticoïdes : méthylprednisolone (2g) administrée en cross-over avant le cisplatine, chez 40 patients atteints de cancers vésicaux et traités par MVAC (méthotrexate, vinblastine, adriamycine, cisplatine). Résultats peu probants.
A68828 : analogue du peptide natriurétique atrial administré chez le rat a montré quil pouvait avoir un effet néphroprotecteur vis à vis du cisplatine. Le schéma dadministration nest pas validé, notamment en termes de dose.
Arotinoïd (RO 40-8757), nimodipine, ORG-2726, IL1 sont à des stades précoces de développement.
Conclusion
Les chimioprotecteurs représentent une nouvelle classe de médicaments dont lassociation aux chimiothérapies devrait permettre de diminuer la fréquence et la sévérité des effets toxiques. Comme nous lavons vu, lagent chimioprotecteur idéal nexiste pas. Toutefois, il est démontré que les agents utilisés en clinique nexercent aucune action protectrice vis à vis des cellules tumorales. Les deux médicaments qui semblent les plus prometteurs à court terme sont : lamifostine vis à vis des toxicités rénale et neurologique induites par les sels de platine; le dexrazoxane vis-à-vis de la cardiotoxicité des anthracyclines. Leur développement clinique doit être poursuivi bien que des AMM " de complaisance " leur aient été à ce jour octroyées. Ainsi, lamifostine pourrait présenter un intérêt en association avec divers cytotoxiques dans la purge de moelle avant greffe en hématologie (effet protecteur sur les cellules souches). Par ailleurs, le dexrazoxane pourrait savérer un agent cardioprotecteur particulièrement intéressant en pédiatrie. Des études préliminaires portant sur peu de patients suggèrent que chez des enfants leucémiques lourdement pré-traités par doxorubicine et en rechute, ladjonction de dexrazoxane à une chimiothérapie de deuxième ligne comportant de ladriamycine a permis datteindre des doses cumulées totales allant jusquà 1650 mg/m2 sans altération significative de la fonction ventriculaire gauche.
Reconstitution centralisée en isolateur
Jean-Marie Canonge
UPCO Purpan, Toulouse
Objectifs de lUPCO :
Sécurité des patients, protection des personnels, du médicament et de lenvironnement.
Latteinte de ces objectifs implique : assurance de la qualité, gestion du risque thérapeutique, fonctionnement médico-pharmaceutique intégré.
Activité : 100 préparations /jour dont 60% pour lhématologie adulte.
Moyens de lUPCO :
- locaux : 120m2 dans le service dhématologie
- matériels : isolateur de deuxième génération et logiciel informatique Carcigest*
- humains : 1 PH, 1 attaché, 1 interne, 1 externe, 4 ETP préparateurs/ techniciens, 1 secrétaire.
Description de lisolateur
Les critères de choix dun isolateur sont présentés dans le tableau I
Tableau I : Critères de choix dun isolateur
| Type disolateur | Souple |
Rigide |
| LOCAUX Environnement Aménagement |
Salle propre Dispositif dextraction de lacide peracétique Climatisation préférable |
|
| MATERIEL Outil |
Enceinte close |
|
Structure souple, fragile hémiscaphandre |
Structure rigide Aucun risque de déchirure Qualité optique identique au verre |
|
1 seul système de stérilisation |
2 systèmes de stérilisation |
|
| Qualification Validation Maintenance |
Etanchéité Stérilisation Changement des filtres HEPA Nettoyage des préfiltres Changement des manchettes et gants Entretien du stérilisateur |
|
Changement de lhémiscaphandre Changement de lenveloppe |
||
| PERSONNEL Protection |
Barrière physique entre le médicament et le manipulateur |
|
| Habillage | Habillage léger |
Habillage très léger |
| Formation | Courte |
|
| FONCTIONNEMENT Manipulation |
Ergonomie satisfaisante |
|
| Scaphandre : risque de claustrophobie | ||
Bonne accessibilité Dialogue aisé |
||
| Travail
limité dans le temps Au moins 2 personnes |
1 à 4 personnes | |
| Organisation du travail | Très nettement facilitée |
|
| Rendement | Problème de
lurgence (stérilisation) Limité par le stock stérilisé |
Cycle de
stérilisation rapide Pas de stock interne |
| Sécurité bactériologique | Stérilisation automatisée Emballage stérile des préparations Asepsie totale lors des transferts (DPTE) |
|
Lisolateur de lUPCO est entièrement rigide, sans scaphandre, ne contenant pas de stock de médicaments. Le cycle de stérilisation est rapide : 25 min. à 28°C, dont 12 minutes de contact avec lacide peracétique (12 ml dacide peracétique à 5% pour un volume de 400 litres).
Lentretien et la maintenance sont parfaitement définis (voir tableau II) en ce qui concerne le nettoyage (fréquence et produits), la stérilisation générale, les contrôles (contrôle des gants, suivi bactériologique des surfaces), la maintenance (contrat de maintenance avec système de remplacement en cas de panne).
La surveillance médicale du personnel affecté à lUPCO comporte lors de lembauche puis tous les 6 mois :
- un examen clinique,
- un bilan sanguin (NFS, plaquettes, réticulocytes, créatinine, TGO, TGP),
- un bilan urinaire : bandelette urinaire (hématurie), culot urinaire. Un dosage analytique des urines est pratiqué tous les 6 mois.
- des tests de génotoxicité : dénombrement des échanges de chromatides soeurs (ECS) (pratiqués en outre 2 mois après embauche).
Le bilan financier après 2 ans de fonctionnement indique une économie de 7 632 flacons soit 1164 kF sur 33 844 flacons manipulés soit 6101 kF ce qui représente 19% déconomie.
Tableau II : Opérations dentretien effectuées par le personnel
Opérations |
Fréquence |
| Nettoyage de
lisolateur - intérieur, sans ouverture - intérieur, avec ouverture |
Tous les
soirs Solution dacide peracétique : APS 93 à 0,5% (Sieve) ou Dialox* à 0,4% (Air Liquide) Une fois par mois Solution dIsoneutre 0,25% (Sieve) (tensioactif non ionique) |
| Nettoyage des bacs | 1 soir/2 : Solution dIsoneutre 0,25% |
| Stérilisation
générale Indicateurs biologiques de stérilisation (IBS) |
1 fois / 15 jours |
| Gants
Néoprène - contrôle visuel sur place - changement puis contrôle de leur étanchéité |
Tous les
soirs 1 fois / 15 jours |
| Manchettes - contrôle visuel - changement |
Régulier Si usure |
| Nettoyage du pré-filtre | 1 fois/mois : eau distillée |
| Entretien des
locaux (sols et surfaces) |
En alternance 1 jour/2 : un détergent et un désinfectant bactéricide |
Reconstitution centralisée
sous hotte à flux laminaire vertical
en salle à empoussièrement contrôlé
Véronique Duperrin
Pharmacie, CH Aulnay sous Bois
Généralités
Les anticancéreux ont des effets toxiques locaux et généraux sils sont manipulés sans protection par le personnel infirmier. La circulaire du 3/03/87 recommande une protection minimale du personnel manipulant des anticancéreux (port de
gants, charlotte, masque). Une protection maximale peut être apportée par une hotte à flux laminaire vertical. La centralisation de la reconstitution facilite linstauration dun système dassurance qualité et le respect des BPF.
Description de lunité centralisée
Les locaux et la hotte :
Les surfaces sont totalement lisses afin de faciliter le nettoyage et résistantes aux produits désinfectants. Lencombrement y est minimal (mobilier suspendu, paillasses mobiles). Lempoussièrement est contrôlé en référence aux BPF et norme AFNOR X 44 101.
| Zones BPF
1985 dempoussièrement |
Zone de fabrication stérile (a ) Hotte |
Accès à la zone a Salle propre (b ) |
Accès à la zone b Sas |
| Nombre
maximal de particules>0,5m m USA : FD 209B : par pied cube France : AFNOR X44 101 : par mètre cube |
100 4 000 |
10 000 400 000 |
100 000 4 000 000 |
| Nombre
maximal de particules>5m m USA : FD 209B : par pied cube France : AFNOR X44 101 : par mètre cube |
0 25 |
65 2 500 |
700 25 000 |
Le cas " idéal " est de disposer dune salle en surpression par rapport au sas, dun accès par sas en dépression par rapport à lextérieur. Mais le coût est important et la protection semble excessive.
En pratique, on a recours à une salle et un sas en surpression, avec une cascade de surpression entre salle/sas et sas/extérieur (1,5 mm de colonne deau de différence entre salle/sas et sas/extérieur), avec un arrêt durgence possible de la ventilation. Lair ambiant est pris au niveau dun caisson de ventilation (+/- climatisation), passe sur un préfiltre puis des filtres HEPA. Lair est pulsé du plafond vers le sol (vitesse du flux : environ 0,45 m/s). Il existe un recyclage partiel. Le circuit de lair doit apporter un minimum de 20 renouvellements/heure au niveau des locaux. La norme AFNOR X 44 201 donne une classification des postes de sécurité microbiologique en 3 classes (I, II, III). La classe II est divisée en 2 sous-classes A et B et permet la protection du manipulateur, de lenvironnement et du produit. La manipulation des anticancéreux fait généralement appel à des hottes de type IIB munie dun revêtement interne étanche et résistant (inox) et dune fermeture qui peut être électrique " guillotine ".
| Classe I | Classe II | Classe III | |
| Poste | Ouvert | Partielle-ment ouvert | Clos |
| Protection | Manipulateur Environnement |
idem + Produit Type B > Type A |
idem Produit |
Maintenance de linstallation :
* Quotidienne : vérification des surpressions (manomètre) de la hotte, salle/sas, sas/extérieur.
* Tri-hebdomadaire :
- surfaces : géloses Count-Tact (plan de travail sous hotte, paillasses de la salle)
- air : boîte de Pétri ouverte sous flux
* Mensuelle : air :biocollecteur dair avant et après fabrication (hotte, salle et sas)
* Annuelle effectuée par une société extérieure
- comptage particulaire : hotte, salle et sas
- mesure des vitesses des flux : hotte, caissons de soufflage
- test DOP (étanchéité des filtres absolus de la hotte).
Entretien de linstallation : nettoyage et désinfection.
* Après chaque utilisation des locaux :
- nettoyage et désinfection avec un détergent-désinfectant (ammonium quaternaire +/- glutaraldéhyde) de la hotte (plan de travail et parois) et des paillasses.
- nettoyage (balayage humide) et désinfection avec un détergent-désinfectant des sols.
* Chaque fin de semaine
- nettoyage des murs par balayage humide
- désinfection terminale des murs par pulvérisation (glutaraldéhyde, biguanide en solution hydro-alcoolique ou formol).
Organisation du travail : principales particularités du travail en salle
La formation et lévaluation du personnel sont très importantes : il faut apprendre à shabiller, sadapter aux contraintes des locaux (ne pas ouvrir 2 portes simultanément), apprendre à travailler de façon stérile. En ce qui concerne lhabillage : la blouse et les vêtements sont laissés dans le vestiaire ; pyjama, masque, charlotte et surchaussures sont mis en entrant dans le sas ; casaque stérile et gants stériles en entrant dans la salle.
Cette installation impose un travail en série continue mais permet une souplesse des approvisionnements en matériels et produits. Ces deux caractéristiques la différencient de lisolateur.
Critères de choix de la structure
* Coût :
- de linvestissement (amortissement annuel)
ex. : isolateur moyen 400 000 F HT
salle 250 à 350000 F HT + hotte 70000 F HT
- du fonctionnement (consommables, temps en personnel : une hotte + salle reviendrait plus cher quune bulle ; comparaison effective non réalisée)
* Besoins de lhôpital : hôpital de jour ou non, organisation des unités de soins.
* Disponibilité en personnel et en surface par rapport à la charge de travail
* Expériences et " idéologie " des pharmaciens chargés du choix.
Ainsi, à Aulnay, où 3500 préparations/ an sont fabriquées (15 préparations/jour en moyenne) pour 200 patients/an répartis dans 8 services de soins, nous avons choisi dinstaller une hotte de type IIB dans une salle à empoussièrement contrôlé. Les critères de décision ont été la simplicité de fonctionnement et de maintenance de linstallation offrant également une sécurité maximale (formation et respect des procédures).
Conclusion
Quel que soit le choix de la structure, lintérêt majeur de la centralisation de la reconstitution des cytostatiques est de pouvoir réaliser des préparations avec lassurance qualité nécessaire. Un second intérêt est de faciliter lexercice de la pharmacie clinique en cancérologie. Ces intérêts se situent à différents niveaux :
- pour le patient, qui reçoit des préparations stériles et contrôlées,
- pour le personnel infirmier : protection maximale, gain de temps, informations importantes,
- pour les manipulateurs et lenvironnement : protection maximale,
- pour les pharmaciens, il sagit dune innovation valorisante (reconnaissance du savoir-faire pharmaceutique) et enrichissante : exercice de la pharmacie clinique (staff de cancérologie, conseils au personnel infirmier et aux patients), augmentation des compétences (bonne connaissance des protocoles de chimiothérapie, de la stabilité des préparations, des modalités et systèmes dadministration. Elle permet une présence renforcée (et appréciée !) auprès des services de soins.
Suivi de la biocontamination des zones à atmosphère contrôlée
Suzanne Sabardine
Pharmacie, CH St Germain en Laye
Introduction
On entend par zone à atmosphère contrôlée une zone où la qualité particulaire et microbiologique de lair est maîtrisée : salle blanche, isolateur, hotte à flux laminaire...
Il nexiste jusquà présent pas ou peu de normes concernant la qualité de lair des zones à atmosphère contrôlée en fonctionnement. Des méthodes simples de contrôle de la biocontamination de lair et des surfaces permettent deffectuer un suivi de la qualité de lair. Un bilan de la biocontamination sur cinq années a été fait dans lobjectif détablir des recommandations acceptables et de proposer des mesures dinterventions à appliquer en cas de non conformité.
I - Aspects réglementaires et normatifs
Des normes concernent linstallation et le contrôle des zones à atmosphère contrôlée (tableau I). Ces zones sont généralement destinées à la réalisation de préparations aseptiques et leur maintenance doit être rigoureuse et faire lobjet dun système dassurance qualité.
Tableau I : normes et réglementation
| Normes ou référentiel | Date | Unité | Nombre de particules > 0,5 m m | Nombre de micro-organismes | Nombre de classes | Nombre de tailles de particules | En activité/ hors activité | Type de norme |
| NF X 101 | 1981 | m3 | <4000 | / | 3 | 2 | hors activité | installation |
| NF X 102 | 1983 | m3 | / | / | / | / | hors activité | installation |
| BPF | 1985 | m3 | <4000 | <1 | 5 | 2 | en activité | installation + contrôle |
| BPF | 1995 | m3 | <3500 | <1 et <5 | 4 | 2 | en activité | installation + contrôle |
| US FS 209E | 1992 | pied cube | <100 | / | 6 | 5 | / | installation |
| FDA | 1987 | pied cube | <100 | <1/10 (<4/m3) | 2 | 1 | / | installation + contrôle |
Norme CEN en cours délaboration : <3500 particules >0,5 m m ; en activité et hors activité
II - Matériels et méthodes
Locaux
Au CH de St Germain en Laye, nous disposons :
- dune salle blanche de classe 10 000 selon la norme américaine fédéral standard 209E en surpression, avec une hotte à flux laminaire de classe 100, selon la même norme, dont la désinfection se fait par formolisation
- dun isolateur souple, de classe 100, en surpression, désinfecté à lacide peracétique.
Mesure de la biocontamination
Techniques :
- sédimentation sur boîte de Petri (air)
- empreinte par gélose Count-Tact (surfaces)
- impaction par collecteur RCS (air)
Lecture : après incubation à 35°C à 24, 48 heures et 6 jours.
Expression des résultats : en nombre de colonies par boîte ou en particules donnant naissance à colonie (PNC)/m3 (gélose RCS).
III - Résultats
Les résultats quantitatifs sont exprimés en fréquence de survenue dun niveau de contamination :
* en salle blanche : prélèvements par sédimentation, contact et centrifugation,
* en isolateur : prélèvements par sédimentation et contact.
Résultats qualitatifs : les germes les plus souvent retrouvés sont les staphylocoques, corynebactéries, Bacillus, Pseudomonas...
IV - Discussion
Analyse critique des méthodes
exemple de la salle blanche : comparaison de la fréquence de prélèvements positifs (présence dune colonie ou plus) selon la technique utilisée :
| Sous flux | Hors flux | |
| Pétri | 26% | 83% |
| Count-Tact | 17% | 39% |
| RCS | 14% | 72% |
En termes de prélèvements dair, les résultats sont homogènes. Les prélèvements de surfaces révèlent une contamination inférieure, peut-être liée aux limites de la méthode par empreinte. Par ailleurs, une relation a pu être établie entre une contamination et la survenue dun accident.
Comparaison salle blanche-isolateur
| salle blanche | isolateur | |
| Pétri | 26% | 0,75% |
| Count-Tact | 12% | 0,15% |
Le pourcentage de prélèvements positifs est nettement supérieur en salle blanche. La présence humaine en salle blanche semble responsable de ce niveau de contamination supérieur.
Recommandations internes
Le suivi régulier de la biocontamination des zones à atmosphère contrôlée a permis de déterminer des seuils " acceptables " et " non acceptables ". En pratique, 3 seuils ont été déterminés (seuil 0 ou vert correspondant au respect des recommandations internes ; seuil 1 ou orange, premier niveau dalerte ; seuil 2 ou rouge, deuxième niveau dalerte) (Tableau II).
Tableau II : Seuils de biocontamination en fonction du type et du lieu de prélèvement.
| Type de Prélèv. | Lieu | Seuil 0 " Vert " | Seuil 1 " Orange " | Seuil 2 " Rouge " |
| Salle Blanche | ||||
| Air (Boite de Pétri) |
Sous flux Hors flux |
Absence < 3 colonies |
1 à 5 colonies 3 à 10 colonies |
> 5 colonies > 10 colonies |
| Surfaces (Count-Tact) |
Sous flux Hors flux |
Absence < 3 colonies |
1 à 3 colonies 3 à 10 colonies |
> 3 colonies > 10 colonies |
| Air (gélose RCS) |
Sous flux avant Sous flux après |
Absence Absence |
>13 PNC/m3 >13 PNC/m3 |
|
| Hors flux avant Hors flux après |
<50 PNC/m3 <75 PNC/m3 |
>125 PNC/m3 >125 PNC/m3 |
||
| Isolateur | ||||
| Air (boîte Petri) | Absence | >1 colonie | ||
| Surfaces (Count Tact) | Absence | >1 colonie | ||
Conclusion
Les trois méthodes de prélèvement sont corrélables et complémentaires. Les résultats montrent la contamination très faible de lisolateur par rapport à la salle blanche. Le suivi de la biocontamination a permis de définir trois seuils de contamination avec des procédures dintervention. Ces prélèvements permettent aussi la sensibilisation du personnel et la réévaluation des procédures.
Systèmes dadministration
Mary-Hélène Choulet
CAMSP, Besançon
Introduction
Ces systèmes dadministration se sont fortement développés ces dernières années en raison de lessor de la chimiothérapie anticancéreuse ambulatoire.
Ladministration de la chimiothérapie anticancéreuse en perfusion continue présente lintérêt de prolonger le temps dexposition des cellules cancéreuses aux médicaments cytotoxiques et donc daugmenter lefficacité en diminuant la toxicité.
Les cytotoxiques candidats à la perfusion continue sont les produits stables et solubles en solution aqueuse, les produits à demi-vie courte, ceux ayant une activité cellulaire phase-dépendante, ceux nécessitant une activation métabolique pour leur action.
Lintérêt dune administration continue en ambulatoire est à la fois thérapeutique, social et psychologique, et économique.
Laccès au système vasculaire peut se faire par fistules artérioveineuses, pontages artérioveineux, cathéters tunnelisés ou chambres implantables. Les deux premiers accès vasculaires ont été abandonnés en raison du risque de thrombose. Les cathéters tunnelisés présentent un risque infectieux.
Les chambres implantables ont été conçues aux USA en 1970 et introduites en France en 1982. Elles ont été développées initialement pour le traitement du diabète ou lutilisation danticoagulant au long cours. 15000 sites sont posés par an en France. Leur utilisation en cancérologie date de 1980. Totalement implantées sous la peau, elles simplifient laccès vasculaire diminuent le risque infectieux et assurent un meilleur confort du patient en ambulatoire. Elles sont constituées de deux parties (le cathéter et le boîtier). Le cathéter peut être en silicone ou en polyuréthanne. Le boîtier est en polysulfone. Il est fermé par un septum en silicone à travers lequel les injections seront réalisées. Le site dimplantation est retenu en fonction de lindication :
* Relation avec le système cave par les veines céphaliques, jugulaires ou sous-clavières,
* Intra-artériel (artère hépatique) pour le traitement du cancer du foie,
* Intrapéritonéal pour des applications locales.
La complication principale est la thrombose qui nécessite lutilisation dun verrou hépariné. La jonction cathéter-boîtier est une zone sensible.
Classification des dispositifs portables de perfusion
Ils peuvent être distingués selon le mécanisme dadministration (systèmes actifs et mécaniques), selon les modalités dadministration, selon la capacité de programmation, selon lapplication thérapeutique.
Configuration des pompes portables
Elles comportent un corps de pompe, une tubulure, un dispositif assurant le transfert du liquide. Parmi les pompes à perfusion, on distingue les pompes péristaltiques agissant par écrasement ou par étirement de la tubulure et les pompes à cassette. Pour les pompes péristaltiques, le débit dépend de la vitesse de la pompe et du diamètre de la tubulure. Pour les pompes à cassette, le débit dépend uniquement de la vitesse de la pompe.
Configuration des pousse-seringues
Ils comportent un support de seringue, une seringue qui constitue le réservoir de médicament. Le débit dépend de la vitesse du piston et du diamètre de la seringue. Le sélecteur de seringue permet une programmation en fonction de la marque de la seringue utilisée.
Les diffuseurs portables
Il sagit de dispositifs à usage unique fonctionnant sans apport dénergie extérieure et permettant ladministration de médicament à débit fixe continu. Ils sont constitués par une coque rigide qui protège le réservoir à propriété élastique. Le débit dépend de la viscosité du produit et de la température.
Ces dispositifs portables de perfusion peuvent être utilisés dans le traitement de la douleur, selon le concept de Patient Control Analgesia (PCA) utilisé après échec de la voie orale. Il sagit de ladministration dun analgésique à linitiative du patient et en fonction de sa douleur, selon plusieurs modalités : perfusion continue seule, bolus seul ou perfusion continue avec bolus. La dose horaire journalière maximale doit être fixée ainsi que lintervalle entre deux injections pour éviter les surdosages.
Avantages et inconvénients des différents dispositifs portables de perfusion ambulatoires :
| Avantages | Inconvénients | |
| Pousse-seringue | Multivoies Peu onéreux |
Poids Source dénergie |
| Pompe à perfusion | Légèreté Programmation |
Voie unique Onéreux Source dénergie |
| Diffuseur portable | Légèreté Peu encombrant |
Fiabilité des débits Pas de réglage |
Aspects réglementaires
Une homologation concerne les injecteurs pour chronothérapie et le couple injecteur/ consommables. La norme AFNOR NF S 90252 établit les spécifications, les performances de ces dispositifs et les méthodes dessai. Elle ne concerne que les dispositifs réutilisables.
Les dispositifs portables de perfusion sont pris en charge dans les indications suivantes : chimiothérapie anticancéreuse, antibiothérapie continue, traitement antiviral et antifongique, traitement de la douleur, traitement vasodilatateur et antiagrégant plaquettaire, traitement des maladies du sang (Tableau II). Cette prise en charge se fait après entente préalable et est révisable tous les ans.
Tableau II : Extrait du TIPS concernant les dispositifs portables de perfusion
TIPS TTC achat |
TIPS TTC location |
||
| Pousse-seringue | 8 950 F |
27 F/j 60 F/j |
|
| Pompe à perfusion | 19 550 F |
||
| Accessoires pousse-seringue pompe à perfusion |
100 F 230 F |
||
| Diffuseur portable | 314,30 F/j 747,20 F/j |
||
Choix dun dispositif portable :
Il est basé sur :
- des critères techniques : précision, constance des débits, éléments de sécurité, programmation, facilité dutilisation,
- des critères cliniques : nombre de voies, débit de base, possibilité de bolus,
- des critères économiques.
Christophe BURTIN, Président de lASSIPHAR, clôture cette deuxième journée en remerciant les conférenciers pour la qualité de leurs interventions. Il remercie également lensemble des participants, nombreux et venus de toute la France. Il espère que le succès remporté par cette journée se perpétuera les prochaines années.
Le Président tient à rappeler le principe des journées de lASSIPHAR, à savoir lintervention de "seniors" et dassistants.
Si des sujets vous tiennent à coeur, nhésitez pas à contacter le Bureau ou vos correspondants régionaux pour nous transmettre vos idées pour les prochains thèmes à aborder.
Le Président remercie enfin les laboratoires qui ont soutenu lorganisation de cette journée : Rhône Poulenc Rorer pour le déjeuner, Amgen, Asta Médica, Baxter, Boehringer Ingelheim, Pharmacia Upjohn, Produits Roche, Sanofi Hôpital et Servier.
Assemblée Générale
Date : Vendredi 13 juin 1997
Lieu : Amphithéâtre CCI - GH Necker - Enfants Malades - PARIS
Ordres du jour :
- Rapport moral du Président
- Rapport financier par la trésorière
- Renouvellement des 3 sièges à pourvoir.
Présents :
- 80 personnes
- Le bureau : Christophe Burtin (Président), Bénédicte Bastia (Vice-présidente), Isabelle Jobet-Hermelin (Secrétaire), Muriel Aycard (Secrétaire adjointe), Delphine Bourin (Trésorière), Muriel Silvie (Trésorière adjointe).
- Hervé Trout : Président dhonneur
- Catherine Dumartin : Membre fondateur
Le Président présente le RAPPORT MORAL. Il y a deux ans déjà quelques jeunes et moins jeunes déposaient les statuts de lASSIPHAR à la Préfecture de Police de Paris. Le Président rappelle les buts de notre association :
* Promotion de la formation
- La première journée sur les dispositifs (marquage CE et matériovigilance) a connu un vif succès. Lors de la deuxième journée, votre présence massive montre lintérêt dune telle manifestation. La troisième journée est en préparation et le bureau espère que cet enthousiasme se poursuivra! Le Président rappelle à cette occasion que les frais de déplacement de tous les provinciaux qui en ont fait la demande seront pris en charge.
- Des formations plus ponctuelles ont également été organisées en partenariat avec lindustrie pharmaceutique.
Exemple en 96 : Formation à la conduite de réunion, organisée par les laboratoires SmithKline Beecham.
De nouvelles formations vous sont régulièrement proposées dans notre rubrique " Journées professionnelles ".
* Promotion de linformation professionnelle
- Le bulletin (journal de lASSIPHAR) : 4 numéros vous ont déjà été adressés. Le Président remercie le comité de rédaction pour la qualité des articles.
- Présence de lASSIPHAR à différents congrès grâce à la mise à disposition gracieuse de stands: APHIF, HOPIPHARM, SNPHPU, JPIP 1996, Journées franco-suisses, 8e Journées de linternat (Table ronde: " Quel avenir pour les assistants?").
- Les correspondants régionaux : ils permettent dassurer une meilleure diffusion de linformation auprès de tous. Ils représentent lASSIPHAR lors des congrès des associations de leur région. Le Président souligne limportance des contacts pour faire connaître notre association. Le Président salue le travail des correspondants régionaux pour dynamiser notre association (78 adhérents à la première Assemblée Générale, 155 adhérents à la deuxième Assemblée Générale).
- Delphine Bourin est présente dans le comité dorganisation des "Journées Internes - Hôpital", organisées par lassociation des internes et anciens internes des hôpitaux de Paris.
- Gestion des postes vacants et des candidatures : cette " bourse demploi " connaît un vif succès (123 candidats postulants, 119 offres de vacance). Les offres sont surtout des vacations et non des postes dassistants. Le Président insiste sur le fait que le retour des informations en temps réel est obligatoire.
- Répartition des postes au CNPH 1997: une lettre a été adressée aux 2 principaux Syndicats (SNPHPU, SYNPREFH). Il serait souhaitable de réaliser une enquête nationale sur les flux internes - assistants - PH.
La trésorière présente le RAPPORT FINANCIER arrêté au 12 juin 1997.
Solde créditeur au 07/06/96 : 13 703,98 F
- Crédits : .81 850 francs
- Débits : 43 378,69 francs
- Solde créditeur : 52 175,29 francs
Les dépenses sont représentées par la papeterie, les frais de mailing et les frais de transport.
Les recettes sont représentées par les cotisations et les subventions des laboratoires pharmaceutiques.
Des SICAV ont été achetées pour la somme de 19 948,14 F.
LASSIPHAR compte, au jour de lAssemblée Générale, 155 adhérents.
Le quitus est donné à la trésorière à la majorité absolue.
LES ELECTIONS
Conformément aux statuts de lassociation, 2 postes du bureau, tirés au sort parmi les 6, sont à renouveler. Les 2 membres sortants sont Delphine Bourin et Isabelle Jobet - Hermelin. Dautre part, Muriel Aycard démissionne du bureau. Quatre candidatures sont enregistrées : Delphine Bourin (CHI Montfermeil), Isabelle Di Sandro (CH Remiremont), Laurence Pisanté (CHI Montfermeil), Christophe Pitré (CHU Brest).
Seuls les membres à jour de leur cotisation ont droit de vote.
Les résultats sont les suivants :
Le Président félicite les 3 candidats élus et souhaite la bienvenue à Isabelle Di Sandro et à Christophe Pitré au sein du bureau de lASSIPHAR.
La nouvelle composition du bureau est donc la suivante :
Cette deuxième Journée a été loccasion de féliciter les lauréats du CNPH 1997 des types 1 et 3. Le Président, au nom de lASSIPHAR, a offert plusieurs livres à Marie-Hélène Sportouch et à Eddine Tehhani.
La soirée
La Journée de formation du 13 juin 1997 a été suivie par un dîner et une soirée. Cétait une superbe soirée avec une ambiance chaude, très chaude même malgré la pluie.
Merci également à tous ceux qui ont su profiter de cette occasion pour faire la fête.
Rendez - vous lannée prochaine!
A Vos Agendas...

Cycle de Conférences de Pharmacie Hospitalière - Paris V
Professeur Scherrmann - Professeur Carlier
Tous les aspects de la pharmacie hospitalière pour préparer et réussir votre concours de praticien hospitalier. Le CCPH est une préparation de plus de 20 ans dexpérience.
Léquipe : des pharmaciens hospitaliers dynamiques, pour vous donner les connaissances scientifiques et pratiques, nécessaires à la réussite du concours.
Le cadre : Faculté de Pharmacie de Paris V
Le programme :
* Préparation à la critique dun dossier scientifique portant sur le médicament, avec " planches " dans les conditions du concours,
* Optimisation des connaissances pharmaceutiques pour maîtriser la pharmacie clinique : commentaire dordonnance, révision des classes pharmacologiques...
* Mise en place de cas pratiques dans les domaines de la gestion et organisation hospitalière , des dispositifs médicaux, de la stérilisation centrale...
* Préparation à loral avec des outils modernes (magnétoscope...)
Vous êtes pharmacien assistant spécialiste ou généraliste, vous êtes interne, vous voulez vous présenter au concours de type IV ou à la fonction de praticien hospitalier associé ou à la fonction de praticien adjoint contractuel (PAC), contactez :
Richard Causse (CHI Créteil, Tél. 01 45 17 51 42, Fax 01 45 17 51 34) ou secrétariat du Professeur A. Carlier (Faculté de Pharmacie-Paris V, Tél. 01 53 73 95 93, Fax 01 43 29 00 62).
Le cycle de conférences a débuté le 24 octobre et fonctionnera tous les vendredis de 13h45 à 17h45 environ sauf vacances scolaires.
Journées Professionnelles

DERNIERE MINUTE ...
Le séminaire de formation organisé en collaboration avec les laboratoires UPSA, initialement prévu le vendredi 14 novembre 1997 est reporté au Vendredi 5 décembre.
Vous avez reçu un courrier à ce sujet. Pour vous inscrire, merci de nous renvoyer rapidement votre bulletin dinscription.
Thèmes :
- Le processus qualité dans lindustrie pharmaceutique
- Recherche dans le domaine de la douleur
Lieu : Laboratoires UPSA - 128, rue Danton 92500 RUEIL MALMAISON.
Bulletin de participation à adresser à :
Delphine BOURIN - Sce Pharmacie - C.H.I. - 10, rue du Général Leclerc - 93370 MONTFERMEIL.
Lorganisation de ce type de séminaire demande un investissement important du bureau et des industriels. Merci de respecter vos engagements ou de nous avertir le plus tôt possible en cas dempêchement.
EN PRATIQUE ...
A propos de la " bourse demploi "
Les nouvelles fonctions de notre Past-Président lont obligé à abandonner la gestion de la " bourse demploi ".
Honneur aux filles à nouveau puisque cest Sophie CARIOU, Assistante à lhôpital Saint-Antoine à Paris, qui reprend le lourd flambeau.
Vous pouvez la contacter dans le service de Pharmacie de lhôpital Saint-Antoine - 184, rue du Faubourg Saint-Antoine - 75012 Paris.
Tél. : 01.49.28.21.66. - Fax : 01.49.28.21.42.
Ce changement nentraîne aucune modification des modalités. Afin de bénéficier de ce "service" ASSIPHAR, il vous faut adresser à Sophie 10 exemplaires dun CV condensé de 2 pages.
La validité de votre demande sera de 6 mois.
Nous vous rappelons également de nous informer de votre prise de fonction, quelle soit ou non liée à votre démarche auprès de lASSIPHAR.
LU POUR VOUS ...
Le J.O. du 18 octobre 1997
A lapproche des fêtes de fin dannée, vous allez pouvoir faire des folies : les émoluements nouveaux sont arrivés ! Conformément à larrêté du 3 octobre 1997, ils sont fixés à compter du 1/10/97 (montants annuels bruts).
Assistants des Hôpitaux
Vacations (3h30) des Attachés
Praticiens Hospitaliers
Echelon
Rubrique Interactive
Voici le courrier que Carine Deweerdt a adressé à Christophe Burtin, le 14 juin 1997.
"Invitation dans les brumes de ce
lendemain de Vendredi 13"
Lors de la deuxième journée de formation de lASSIPHAR, réussie et marquante comme il se doit, Vendredi 13 oblige, notre Président a évoqué une question importante : le syndicalisme des Assistants en Pharmacie Hospitalière.
En effet, à ce jour, il y a une rupture de représentativité dans notre "carrière".
Internes, nous étions représentés par des syndicats dInternes en Pharmacie de la région où nous sévissions. Ces syndicats sont fédérés au sein de la FNSIP, instance motivée et studieuse pour laquelle certains consacrent un long moment de leur internat (on peut dailleurs les remercier ...).
PH, nous serons représentés par 2 syndicats, si différents quil y en a pour "tous les goûts".
Assistants, vers qui pouvons-nous nous tourner ? Les Internes : a priori non. Les PH : peut-être et même probablement. Certains dentre-nous sactivent déjà au sein des bureaux respectifs (on peut les remercier aussi ...). Et puis, il y a aussi les syndicats dAssistants Médecins où certains espèrent encore, sans illusion toutefois, être accueilli, même si dautres ont déjà laissé tomber.
Enfin, il y a léventualité de modifier les statuts de lASSIPHAR ...
Lenjeu est grave. Les activistes actuels de lASSIPHAR souhaitent-ils sinvestir dans une action syndicale ? Peut-on imaginer de constituer un "groupe" mi-associatif mi-syndical où chacun pourra exercer les fonctions de son choix ? Peut-être ...
Quel que soit lavenir de lASSIPHAR, jinvite chacun à soutenir dès aujourdhui, dune part, ceux qui nous représentent aux 2 syndicats de PH (quils ne manquent pas de motivation !), et/ou dautre part, nos représentants locaux, a priori médecins (nul nest parfait !) : on ne perd rien à contacter nos "congénères" médecins et on gagne souvent à se faire connaître même si ça ne va pas plus loin.
Et puis, dans les brumes de ce lendemain de Vendredi 13, jinvite chacun à réfléchir à lavenir de lASSIPHAR pour ouvrir un débat de fond sur cette question délicate.
Carine Deweerdt
Ex-Assistante,
Ex-correspondante Rhône-Alpes,
Ex-antenne africaine !