
Journée ACOPHRA du 26 février 1998
Stérilisation: la circulaire 672 du 20 octobre 1997, et après...
Après midi consacrée aux exposés des expériences individuelles des pharmaciens suivants:
1. Mise en application de la circulaire...
Mme B. Valence, Pharmacien CHRU de Grenoble
Le but de cet exposé est de voir comment passer dun écrit à quelque chose de plus pratique. La circulaire n°672 du 20 octobre 1997 napporte rien de nouveau sur les principes de stérilisation par rapport au guide des Bonnes Pratique de Stérilisation. Ce guide est paru depuis 1993, on a donc déjà eu 4 ans pour le mettre en application.
INTRODUCTION
1-CHAMP DAPPLICATION
La circulaire du 20 octobre sadresse aux:
2-MISE EN PLACE DUN SYSTEME QUALITE
2-1-Responsabilité, organisation de la stérilisation
2-1-1-Responsable Assurance-Qualité en stérilisation (article L595-2 du code de la santé publique)
2-2-2-Centralisation des opérations de stérilisation
2-2-Conditions de mise en oeuvre
La circulaire reprend toutes les étapes. Il faut une procédure pour chaque étape du traitement du matériel.
Afin de garantir la sécurité des patients et du personnel, le traitement des dispositifs médicaux doit être mise en oeuvre dans des conditions rigoureuses concernant notamment:
Des procédures et instructions de travail écrites et validées doivent être mise en application pour chacune de ces étapes.
Ces procédures seront mises en oeuvre par du personnel ayant la formation adéquate, définie, enregistrée et validée par le responsable assurance qualité en stérilisation quil sagisse du personnel des services de soins ou du personnel de stérilisation. Il faut donc motiver et former le personnel en lassociant, par exemple, à la rédaction de la procédure. La procédure doit être un état de ce qui est fait, elle peut permettre une valorisation du personnel qui perçoit que son travail est important.
Un suivi dans le temps, une reproductibilité sont nécessaires, la formation du personnel est donc indispensable mais difficile car travailler à la stérilisation ne correspond à aucun grade, à aucun diplôme particulier. Alors se pose le problème de la validation de la formation : comment ? ( par un examen interne ?), par qui ? (le responsable assurance qualité ?). Une autre question surgit aussi : comment faire pour le personnel des unités de soins sur lequel la pharmacie na aucune autorité ?
2-2-1-Le circuit des dispositifs médicaux
Comme avant de stériliser, on ramasse le matériel, il faut un circuit adapté. Ce circuit doit assurer :
Le circuit nécessite des bacs et chariots de transport adaptés et entretenus. Une procédure précisant à qui revient la responsabilité du nettoyage des bacs, sa méthodologie, sa périodicité, sera nécessaire.
2-2-2-Limitation de la charge microbienne initiale
2-2-3-Contrôle de lenvironnement
Environnement sur lequel on n'a pas toujours les moyens dagir car on ne peut pas changer facilement des locaux. On jouera alors sur lévaluation, la maîtrise, la surveillance.
2-2-4-Conditionnement
2-2-5-Contrôle de procédé
La stérilisation doit faire appel à des procédés validés selon les normes (pour la vapeur, en particulier, qui constitue le procédé de référence en milieu hospitalier, il y a la norme EN 554 qui est un guide pour valider ce procédé).
La validation lors dun achat est beaucoup plus simple. Dans les autres cas, une méthode simple serait davoir des systèmes autonomes de validation, de type DATATRACE, qui seraient achetés par des associations régionales, mis à la disposition des établissements pour valider leurs appareils et faire des contrôles sans avoir chacun à investir des sommes considérables. La création de laboratoires de contrôle de validation pourrait être une autre solution.
La surveillance en routine repose sur des contrôles de routine :
Les résultats doivent être validés et archivés. Les opérateurs qui ont réalisé les contrôles enregistrent ce quils ont fait. Dans le guide de bonnes pratiques, une durée darchivage de 5 ans est suggérée mais est-ce assez ? La durée peut être fonction du délai possible en recherches médico-légales si un problème sest posé pour un patient qui voudrait engager des poursuites après 5 ans.
2-2-6-Contrôle sur le produit fini
La circulaire indique que des contrôles peuvent être effectués. Ce ne seront jamais des contrôles de stérilité mais des contrôles de virage de lindicateur, dintégrité de lemballage au moment de la livraison, détiquetage. La question de la traçabilité des conditionnements se pose dès lors.
2-2-7-Traitement des non-conformités et actions correctives
Ce point est important et fait partie des premières procédures à écrire.
Une non-conformité en stérilisation est un produit pour lequel on n'est pas sûr de sa stérilité car le cycle na pas été validé, le conditionnement est incorrect...Il faut sassurer quun tel produit ne sera pas délivré.
Cette étape passe par des procédures et la formation du personnel.
2-2-8-Traçabilité et circuit de distribution
2-3-Audits
3-MATERIOVIGILANCE
CONCLUSION
2. Présentation de la circulaire 672 du 20 octobre
1997
Mme M.C. Ravault, Médecin Inspecteur Régional
Mme D. Monnot, Pharmacien Inspecteur
Lhospitalisation en France a connu de grandes réformes dont les principales étapes sont 1970, 1982, 1991 et les ordonnances de 1996.
Depuis longtemps pour avoir des lits dhospitalisation en chirurgie, en obstétrique, en médecine ou dans des disciplines qui ne sont pas de cours séjour, il faut une autorisation qui représente le préalable à lexercice. Mais quest-ce quune autorisation :
" Cest un acte administratif de lautorité publique qui permet la mise en oeuvre ou la poursuite dune activité, après quil ait été vérifié que : les moyens mis en place sont conformes à des normes préalablement établies et que cette activité (ou équipement) correspond à un besoin avéré, une implantation pertinente et, en cas de renouvellement dactivité, à une " efficience " dûment constatée (évaluation). "
On peut apporter quelques commentaires sur cette définition :
La stérilisation nest pas une activité soumise à autorisation, cest une prestation transversale dune chaîne de production autre.
La volonté dimplantation pertinente se retrouve dans lexistence de schémas régionaux dorganisation.
Autrefois ces autorisations étaient permanentes, et depuis la loi de 1991, elles sont de durée limitée. Quant à lévaluation de lactivité, ses modalités, sa méthodologie ne sont pas encore très claires.
La loi de 1991 mettait donc laccent sur lobligation dévaluation médicale, les ordonnances davril 1996 rajoutent, à cette obligation dévaluation médicale, laccréditation. De ce fait, lAgence Nationale DEvaluation Médicale (ANDEM) a été remplacée par lAgence Nationale dAccréditation et dEvaluation de Santé (ANAES).
La France se caractérise par une relative singularité qui est à la fois davoir un système de santé basé sur la solidarité (per une contribution de tous les salariés) et labsence, assez rare dans les pays occidentaux, de corps professionnels issus des paires qui fassent des évaluations de pratiques régulières. Dans les autres pays développés, les professionnels ont été obligés de mettre en place des corps dinspection et de contrôle des professionnels par les professionnels pour préconiser la qualité suffisante pour que le patient ait la sécurité nécessaire.
En France, nous navons pas procédé ainsi, les sociétés savantes et les différents Ordres sont peu garants dune qualité autre que des compétences a priori. Cest pour cela que nous nous trouvons dans une société dans laquelle les approches complémentaires ont un rôle important. En effet, on ne se trouve pas tellement dans un contexte de qualité avec un référentiel qui permette une anticipation, mais plutôt dans le contexte de la non-qualité, où les problèmes entraînent des réactions. Les professionnels les plus situés dans cette logique de non-qualité, représentent dailleurs plus le corps médical que le corps pharmaceutique, surtout par le fait des études et de la logique professionnelle qui sont relativement différentes. D'ailleurs il nest pas innocent que les guides de Bonnes Pratiques soit nés plutôt chez les pharmaciens que chez les médecins dans le domaine hospitalier.
Maintenant, voyons ce quun " technicien de santé " espère voir changer :
Il espère que les établissements de santé, et surtout les administratifs et les médecins simprègnent de lidée que le concept de qualité est multiple, que selon les objectifs poursuivis par chacun des partenaires dune même action joints la dimension et la hiérarchie des dimensions seront différentes, mais quen fait, on est dans une logique de prestation globale, dans laquelle le défaut de qualité de lun engendre forcément un défaut de qualité de lautre.
Il pense que la démarche globale de laccréditation va permettre, dans létablissement hospitalier, un langage commun et surtout une désegmentation des unités fonctionnelles actuelles avec une meilleure prise en compte des prestations transversales ( cest à dire lensemble des systèmes dinformation, toutes les prestations logistiques centrées sur le patient, la stérilisation, lhygiène en général...). Par exemple, rien ne sert que les cuisines soient certifiées et que les plats qui en sortent soient dune qualité exceptionnelle si le chariot qui les transporte est oublié dans une unité de soin et seulement servi 3 heures plus tard par une aide soignante qui de surcroît ne sest pas lavé les mains!...
Actuellement beaucoup détablissement nont pas franchi ce niveau de réflexion et donc la stérilisation, entre autres, nest perçue que comme un élément qui devrait aller de soi et un élément mineur de lactivité de production qui est un acte chirurgical ou un autre acte.
On remarque aussi que cest sous la pression de la judiciarisation de certaines affaires que la société et ses règlements évoluent. Cela explique peut-être les grosses différences sur laccréditation avec lAmérique du Nord, compte tenu des nombreux procès quils ont et que nous navons pas.
Il ny a pas de contrôle possible sans un certain nombre de caractéristiques spécifiées sur lesquelles, consensuellement ou de manière réglementaire autoritaire, on convienne quelles caractérisent un produit de sécurité ou de qualité correcte. Mais que peut-on contrôler ?
On ne peut contrôler que certaines des caractéristiques dun produit par rapport à des spécifications qui sont considérées comme normées et de qualité.
Pour synthétiser les propos précédents, les autorités de tutelle essayent en principe avec les professionnels de se mettre plutôt dans une logique dévaluation de la qualité. Leur OBJECTIF est la prévention de la non-qualité, en ayant comme REFERENTIEL, les recommandations des professionnels, leur PRINCIPE est que lhonnêteté ne garantit pas la performance; et les MESURES sont faites sur le respect des procédures et des indications, la satisfaction des patients et le coût de la non-qualité.
Mais que faire si lon est face à un cas de non-qualité dans la démarche de qualité. On placera des actions systématiques sur la formation et lorganisation des soins, ainsi que des actions comportementales sur les producteurs de soins, les patients et la population...En sachant que les changements de comportements sont les plus difficiles à réaliser. En cas dinfraction, on sera dans le cadre de la saisie des juridictions compétentes et des pénalités seront encourues.
Pour contrôler, il faut une réglementation administrative professionnelle, et Madame Monnot va nous présenter létat actuel de la réglementation dans le domaine de la stérilisation, on peut noter aussi, quavant la circulaire Creutzfeld-Jacob, il y avait peu de textes sur le sujet.
Voici donc le rappel de quelques textes :
Madame Ravault reprend maintenant la parole pour nous expliquer le plan de travail 1998 sur la stérilisation.
Jusquen 1994, il ny avait pas grand chose dans larsenal des normes et des règlements qui permettait de conseiller et de pousser les professionnels vers une évaluation ou vers un contrôle de leur activité.
Fin 1994, on a eu en même temps :
Le texte arrivé fin 1994 était la première mouture de la circulaire Creutzfeld-Jacob. Il a permis à la DRASS de demander à ses experts du comité technique de lenvironnement régional hospitalier (COTEREOS) une aide sur le montage dune enquête et sur lexploitation dun questionnaire que tous les établissements de la région avaient reçu, cest à dire plus de 4000 établissements, et qui cherchait à définir létat des lieux, y compris dans les établissements nayant pas de services de chirurgie et dobstétrique. Un deuxième questionnaire a alors été élaboré. Il a dû être reçu récemment par les établissements, il est destiné à préparer un plan dinspection et de contrôle secondaire à la circulaire sur la stérilisation.
Lexploitation régionale de la première enquête de 1995 se matérialise par un petit livret bleu arrivé dans les établissements durant lété 1997. Dans celui-ci, on remarque quun seul établissement sur les 119 enquêtés de la région faisant de la chirurgie et/ou de lobstétrique ne faisait pas de désinfection systématique. Aussi 2/3 des établissements enquêtés navaient pas de responsable de stérilisation.
La DRASS sest appliquée à faire des recommandations individuelles qui ont dû parvenir aux établissements en décembre 1997 et qui ont été assez mal reçues.
Madame Monnot va maintenant nous présenter le plan régional de contrôle de la sécurité sanitaire, cest à dire la mise en place dun plan de contrôle des activités de stérilisation et de désinfection des dispositifs médicaux de type invasif chirurgicaux dans les établissements de santé.
Les missions de la DRASS, dans ce domaine, sont définies dans un courrier du ministère envoyé fin novembre 1997 :
Le contrôle va se dérouler en 2 étapes :
Madame Ravault a ensuite repris la parole pour nous dire que pour lexercice 1998 les établissements hospitaliers ont un budget global et quils bénéficient dun taux directeur de 1.21% en Rhône-Alpes. Ces 1.21% doivent tout couvrir et en particulier les priorités nationales et régionales de la conférence nationale de santé.
Une modification importante dans le champ de la santé publique en décembre 1997 est que le budget de la sécurité sociale est maintenant décidé au niveau du parlement sur présentation des priorités de la conférence nationale de santé et donc le financement du système de santé a, en contrepartie, une vision dobjectifs de santé publique
Dans les priorités de 1998, qui seront en principe triennales, il y a la lutte contre les infections nosocomiales et le risque sanitaire à lhôpital. Et dans la déclinaison régionale, Rhône-Alpes na pas choisi de donner des sommes dargent spécifiques pour des projets dans ce domaine, mais cest une obligation de létablissement de se mettre dans une démarche qualité optimale grâce à ce 1.21%.
Il existe des petites possibilités damodier ce principe du " 1.21% pour tout faire " si on est reconnu sous dautres critères comme établissement particulièrement nécessiteux; S'il existe dans létablissement une démarche qualité par rapport à la stérilisation, des protocoles écrits, si ce qui est fait est évalué et que, malgré tout, il y a une impossibilité à être qualitativement correcte, une solution pourra être trouvée. On peut sappuyer sur le passage des contrats dobjectifs et de moyens entre les ARH et les établissements pour faire ressortir des manques de moyens humains, des restructurations de locaux ou autres. Tout doit alors être explicité, précisé, formalisé.
Mais logiquement la période est propice à la prise en compte des oubliés usuels des CME que sont les pharmaciens et les hygiénistes.
3. Point de vue du juriste. Responsabilité du
pharmacien hospitalier.
Mme Delétraz-Delporte, Faculté de pharmacie de Grenoble
1-Circulaire-Définition
Cest un acte administratif susceptible de recours dans les 2 mois devant la juridiction administrative (si la circulaire est ministérielle le recours se fera devant le CE).
2-Champ dapplication de la circulaire
3-Responsabilité du pharmacien et/ou de la pharmacie
Selon larticle L595-2 du code de la santé publique:
Pour Madame Delétraz-Delporte, il faut bien différencier le pharmacien de la pharmacie.
La stérilisation est une toile daraignée. La pharmacie, par sa responsabilité sur un certain nombre de choses, nest pas censée les avoir à portée de mains, mais peut réaliser des contrôles sur celles-ci.
En reprenant la bibliographie des textes de lois, on peut retrouver des textes dil y a une vingtaine dannées et on remarque alors que, depuis 20 ans, la situation na pas évolué, ce sont les mêmes problèmes qui se posent aux pharmaciens hospitaliers depuis 20 ans.
De plus si on parle en terme financier, il existe des économies à court terme et des économies à long terme....
En effet, la mise en place dun système assurance qualité permet de justifier les actions menées en matière de qualité des prestations et donc de rassurer le directeur de létablissement qui pourra alors justifier auprès de son assureur des primes dassurance pas trop élevées. Ceci est de léconomie à long terme.
Dans le code de la santé publique, il est écrit que le pharmacien doit sentourer de personnes qualifiées (pour le moment les seules citées sont les préparateurs), il doit donc essayer de gérer ce personnel et dassurer sa compétence.
Autre problème : on parle beaucoup de stérilisation centralisée ce qui est très bien mais pas toujours réalisable, là encore la rédaction de protocoles peut-être une aide.
Pour la dispensation de médicament, on a une ordonnance pour une personne et on délivrera les médicaments pour cette personne. Pour les dispositifs médicaux cest différent, on donne un produit à une unité de soins et non à un patient. Pour conforter cela, on retrouve dans le guide de déontologie des médecins que le médecin " doit notamment veiller à la stérilisation et à la décontamination des dispositifs médicaux quil utilise... selon les procédures réglementaires ". Donc lorsque le pharmacien fait correctement son travail, il donne un produit à une unité de soins, et cest le responsable de cette unité de soins qui doit surveiller ce qui se passe dans son service. Il y a donc une chaîne de responsabilité. Le médecin doit aussi veiller à la compétence des personnes qui lui apportent leur concours.
Le code de déontologie des pharmaciens rappelle que tout ce quun pharmacien serait amené à faire à lextérieur mais sous sa responsabilité devrait amener des textes écrits doù les procédures dassurance qualité. Cest incontournable, comme le pharmacien ne peut pas être partout, il est nécessaire de mettre en place des procédures écrites bien validées, exécutées par du personnel qualifié sous la responsabilité de médecins ou de pharmaciens. Lidéal, s'il y a des petits sites, serait davoir des pharmaciens dans chacun dentre eux, ce qui nest pas toujours réalisable et donc les liens avec les médecins sont indispensables.
Madame Delétraz-Delporte rappelle que la stérilisation est une prestation de service. Il ne sagit donc pas de soccuper de sa performance ( cest le rôle du fabricant ).
La circulaire évoque aussi le problème de la sous-traitance. Celle-ci est très bien encadrée, elle est régie par un contrat réalisé par létablissement et non par la pharmacie. Les choses seront traitées détablissement à établissement. On retrouve tous les détails sur la sous-traitance dans les Bonnes Pratiques de Fabrication. Il y a un cahier des charges, un contrat. Et cest létablissement donneur dordre qui est responsable, il doit donc être sûr de la qualité des prestations fournies par létablissement quil a choisi, il peut lévaluer par des audits, des visites.
Il faut savoir aussi que, très bientôt, le code de la consommation se placera devant tous les autres textes et chaque produit ayant un statut particulier aura une réglementation spécifique. Il faut donc nous familiariser avec ce code dans lequel :
On retrouve également cette obligation de sécurité dans le code de la santé publique : les produits et les services doivent, dans les conditions normales dutilisation et dans dautres conditions raisonnablement prévisibles par les professionnels, présenter la sécurité à laquelle on peut légitimement sattendre et ne pas porter atteinte à la sécurité des personnes.
Tant quaucun problème se pose, on peut rester dans lillégalité sans être découvert mais en cas dincident, avec le nouveau code pénal et le nouveau code de la santé, les sanctions seront graves.
Dans ce nouveau code pénal, on retrouve les termes de mise en danger de la personne : violation manifestement délibérée dune obligation particulière de sécurité ou de présence imposée par la loi ou le règlement. De même, on retrouve les termes datteinte involontaire à la vie.
En conclusion, on peut constater quil existe maintenant un arsenal juridique important en cas de litige.
4. Discussion clôturant la matinée.
Mais quen est-il de la responsabilité du pharmacien qui na pas les moyens dexercer son contrôle sur la stérilisation ?
Pour Madame Delétraz-Delporte, si la pharmacie est responsable dans son établissement de la stérilisation, elle doit se débrouiller pour que celle-ci se déroule dans les meilleures conditions possibles. Et selon larticle L710, la pharmacie doit avoir les moyens. En effet, il paraît à lheure actuelle aberrant dimposer des objectifs sans en donner les moyens de réalisation. Cest à ce niveau quil faut se révolter, aller voir sa direction et dire que sans moyens, le pharmacien refuse la responsabilité de la stérilisation.
Selon Madame Ravault, une évaluation des résultats est demandée par la circulaire. Elle soppose donc, en ce point, à lopinion de Madame Valence selon laquelle, on ne peut pas contrôler la stérilisation. Pour Madame Ravault, on ne peut, bien sûr, pas contrôler la stérilisation de manière individuelle mais on ne peut pas, non plus, se contenter des procédures dassurance qualité. Ces procédures nexistent dailleurs pas encore, il va donc falloir les mettre en place, évaluer leur efficacité sur des échantillons, car les seules mises en place et réalisation dun audit ne garantissent pas à 100% les résultats.
Les budgets de la santé votés par le parlement sont dans une enveloppe limitée, il est donc improductif de dire que le taux de 1.21% est insuffisant. Il existe une mauvaise efficience à lintérieur des budgets et au niveau des choix hospitaliers. En effet, on nest pas sûr quil soit nécessaire de produire autant dactes de soins que ce que lon produit, par contre, on a une quasi-certitude que lensemble des moyens conduisant à une production de la qualité demandée par la société actuelle na pas été mis en place.
Autre commentaire de Madame Ravault : la notion dautorité hiérarchique est une entrave à faire progresser la situation actuelle. Les pharmaciens doivent dégager leur responsabilité lorsquils ont tenté de mettre en place ce quil faut, mais quils nont pas réussi par absence de moyens. Cela ne veut pas dire quil faut multiplier par 10 le personnel de la pharmacie, mais quil faut, comme dans les établissements dissocier lautorité fonctionnelle de lautorité hiérarchique. Ceci est permis par les procédures dassurance qualité dans lesquelles sont précisé où sarrêtent les responsabilités de chacun. Par exemple si un infirmier napplique pas le protocole mis en place, ce nest plus alors le pharmacien qui est en cause, ceci doit être écrit dans les procédures.
En conclusion, on ne pourra pas produire dans les hôpitaux ce que lon souhaite actuellement si les notions de services étanches persistent. Cest donc à ce niveau que lon met un espoir dans l accréditation. On souhaite une démarche qualité globale qui permette un gain de productivité par une réorganisation interne de létablissement.
Autre question: Le pharmacien est-il uniquement responsable des procédures de la stérilisation ou seulement de lapplication de ces procédures ? Et éventuellement nest-il plus responsable de ces procédures si la stérilisation est confiée à une surveillante de bloc ? En clair quelles sont les responsabilités minima du pharmacien ?
Selon madame RAVAULT le pharmacien a un certain nombre de responsabilités dans les textes. Si lorganisation interne de létablissement confie les moyens à une autre personne, le pharmacien doit écrire les limites de sa tâche et préciser quil ne se trouve alors plus dans les conditions dapplication des textes et quil fasse part de ceci à linspection de la pharmacie de la DRASS.
Si dans lorganisation il est responsable de la stérilisation, il est possible quil existe dans létablissement un cahier des charges mentionnant la responsabilité de chacun avec un arrêt de la responsabilité de la pharmacie à partir du moment ou il ny a plus de moyen de contrôle du suivi de la procédure. Pour madame Delétraz-Delporte, la responsabilité du pharmacien dans les textes na rapport quavec le médicament et le monopole pharmaceutique et les dispositifs médicaux nont jamais fait partie du monopole pharmaceutique. Et le fait dêtre responsable nempêche pas de faire faire le travail par quelquun dautre.
Dans les textes, la pharmacie doit assurer la gestion et la préparation des dispositifs médicaux. Le pharmacien en assure donc la responsabilité si rien, dans létablissement, ne prouve que quelquun dautre sen occupe. Cest donc au pharmacien de sassurer que le travail est réalisé dans le respect des normes actuelles au moyen de procédures.
Autre observation: dans la dernière enquête sur la stérilisation envoyée, on demande au pharmacien de signer ce questionnaire. Ceci veut-il dire quimplicitement le pharmacien est responsable de la stérilisation ?
Selon Madame Delétraz-Delporte, si le pharmacien pense que ce papier ne lui est pas destiné car cest la surveillante de bloc qui est responsable de la stérilisation, il ne doit pas signer ce questionnaire.
Pour madame Ravault, les pharmaciens narrivent pas à dissocier la responsabilité individuelle de la responsabilité fonctionnelle de létablissement. Ils sidentifient, doffice, à un ensemble dactivités dont ils peuvent se dégager en prenant des précautions par rapport aux autorités compétentes de leurs institutions cest à dire la CME et le conseil dadministration et par rapport aux autorités de tutelle (cest à dire les inspecteurs de la DRASS).
Il faut profiter des contrats dobjectifs et de moyens et de la mise en place de laccréditation pour positionner dans son établissement les responsabilités de chacun dans une démarche qualité globale.
Selon madame Ravault, si les professionnels sétaient dotés eux-mêmes dévaluation des pratiques depuis longtemps, les modalités ne viendraient pas de létat mais des groupes eux-mêmes.
Madame Delétraz-Delporte reprend un article selon lequel la pharmacie à usage intérieur est notamment chargée dassurer... dans le respect des règles qui régissent le fonctionnement de létablissement. Cest au pharmacien de sentendre avec son établissement pour quil y ait des exclusions dans la préparation et la distribution des dispositifs médicaux qui se déroulent loin de la pharmacie notamment pour certains blocs. En conclusion, il existe beaucoup de possibilités et cest au pharmacien de les utiliser....
5. F. Rochefort
Hôpital Neuro-Cardiologique
La situation à lhôpital Neuro-Cardiologique est assez simple : deux hôpitaux avec pour chacun un seul bloc opératoire (mais par contre beaucoup de salles de la même spécialité) et une stérilisation centralisée.
Le lavage se fait au niveau du bloc opératoire. Les instruments descendent à la Stérilisation pour être lavés. Ils sont reconditionnés dans les boîtes dinstruments par le personnel du Bloc dans un local spécifique, sorte denclave du bloc opératoire à lintérieur de la Stérilisation.
La stérilisation est ensuite réalisée. La livraison au Bloc se fait par liaison spécifique avec un ascenseur.
Des locaux modernes sont prévus pour le lavage du matériel des unités de soins mais le personnel manque. Le matériel est donc ramassé, directement conditionné (ce qui pose problème quant à la chaîne de la qualité) puis stérilisé et ensuite livré par le personnel de la stérilisation.
La situation est donc aisée : Stérilisation centralisée, et étape de lavage et de réception des instruments en provenance des services dominées.
Seule létape de conditionnement échappe au circuit pharmaceutique.
Larrivée de la Circulaire du 20 Octobre 1997 ne nous a pas appris grand-chose par rapport à ce que lon doit faire. Nous avions déjà essayé de mettre en place un certain nombre de documents.
En effet, depuis une dizaine dannées, pour éviter les incertitudes, des protocoles tels que la dilution du produit pour préparer les bacs de décontamination montant au Bloc Opératoire, la conduite complète dune stérilisation à la vapeur...en incluant les conduites à tenir en cas de problème.
De même, pour définir les différents postes et rôles et éviter les conflits, nous avions listé et mis par écrit " qui faisait quoi (et comment) ", pour le personnel dencadrement, les aide-soignants...Mais ces documents disparates étaient disséminés : les modes opératoires pour les autoclaves étaient près de lautoclave, ceux des machines à laver étaient à la laverie...
La Circulaire a donné lidée de formaliser ce qui avait donc été fait de façon pragmatique au départ.
Nous faisons participer le personnel, par exemple les préparateurs en Pharmacie qui sont ceux qui soccupent des autoclaves et de la gestion et de la dispensation des Dispositifs Médicaux.
Tous les documents existant pour la Stérilisation (modes opératoires, répertoires des paquets de linge faits...) et la gestion des Dispositifs Médicaux sont donc actuellement rassemblés, mis en forme et classés :
Nous navons pas de formation dans le domaine de la Qualité, ni laide de qualiticiens.
Nous nous documentons et notre formation de pharmacien fait que nous avons lhabitude décrire ce qui est fait.
Cette démarche, bien que fastidieuse et longue, nest donc pas gênante à réaliser.
Tout nest pas fait dans les règles de lart, mais le principal est de marquer par écrit ce qui est fait à chaque étape.
6. C. Simon
Centre Hospitalier Lyon Sud
La situation à Lyon Sud est assez complexe.
La Stérilisation a été crée dans les années 80 et il a fallu sadapter aux développements successifs de létablissement.
La Stérilisation Centrale a été conçue initialement pour les activités de Chirurgie puis sest étendue à la médecine.
Le conditionnement des instruments est réalisé soit dans les unités de soins (ce qui est à changer), soit à la Stérilisation.
Il existe des cas particuliers. Initialement, lensemble des fonctions de lavage, décontamination et stérilisation étaient faites par le service de Stérilisation du bâtiment chirurgical, puis, en 1985, lorsque jai pris mes fonctions, lopération de lavage a été délocalisée vers certaines unités de Bloc avec du personnel de Bloc ou de Stérilisation.
La liste des procédés, protocoles, procédures, modes opératoires...rédigés au fil du temps, en fonction des besoins, des problèmes est :
En 1994, nous avons listé sur un cahier le matériel non stérilisable à 134°C.
En 1997, nous avons recensé lensemble des imprimés utilisés dans les services de Stérilisation.
Nous avons également établi avec le personnel de la Stérilisation, normalement entièrement formé, une liste de 120 questions positives et négatives pour connaître ce qui leur semblait bon ou mauvais dans leurs activités.
Nous avons rédigé les descriptions de postes au sein du service et revu les tenues.
Les procédures non révisées sont toujours applicables, car il est important de centrer les choses essentielles.
En 1992 est apparu le besoin de redéfinir les rôles des aide-soignants travaillant dans les Blocs aux fonctions de lavage. Nous nous sommes aperçu que malgré les protocoles et malgré le fait que cétait du personnel de Stérilisation, certaines procédures nétaient pas appliquées, ce qui montre leurs limites.
Les opérations mal réalisées mettaient en jeu lintégrité de la stérilité de la boîte.
Il faut expliquer au personnel qui peut se sentir mis en cause que la mise en place du Système dAssurance Qualité apparaît comme une organisation supplémentaire prouvant la qualité, ce qui ne veut pas dire quelle nexiste pas déjà, et que les notions corollaires sont la constance, la maîtrise et les limites qui sont définies dans les normes ISO par la non-conformité.
A lhôpital, on connaît les aspects techniques mais on maîtrise beaucoup moins bien les aspects humains dont dépendront malheureusement les systèmes dAssurance Qualité.
Pour lorganisation, il faudrait être aidés, notamment par les directeurs.
Les difficultés résident dans la remise en question de la qualité du travail à faire sans remettre en question lindividu... faite par les pairs, la hiérarchie ou dautres corporations.
Les motivations du personnel sont très variables, et surtout, on se heurte à une difficulté culturelle dans le mesure où lon est en train de passer dune tradition orale (lorigine latine implique une forte confiance en la parole donnée) à lécrit.
Cette évolution, voire cette révolution culturelle nécessite du temps et des compétences pédagogiques.
Une analyse des livraisons de non conformes (ce qui ne veut pas dire non stérile mais qui qualifie le matériel apporté à la Stérilisation non rendu ou remplacé) a été faite.
Létude a été réalisée de Juin 1992 à Février 1998, soient 67 mois.
61 réclamations ont été recensées, 282 033 instruments ont été stérilisés en 1997.
31 problèmes ont été réglés en 48 à 72 heures.
Dans les non conformes, il y a presque autant de réclamations indues (5) que de réclamations douteuses (3). A la Stérilisation, tout est écrit, et lon peut ainsi affirmer que lon a plus le matériel. Le fait denregistrer et dêtre exhaustif permet de prouver que du matériel nest pas passé à la Stérilisation.
22 réclamations correspondent à des non conformités. La moitié lest véritablement et lautre correspond à des services non contrôlés de manière exhaustive.
7. MC Kraft
Centre Hospitalier dAnnonay
Démarche dAssurance Qualité en Stérilisation au C. H. dAnnonay
Un état des lieux a été réalisé en Novembre 1996 :
Lévénement déclenchant a été la nomination (demandée depuis plus de six ans) dun préparateur à la Pharmacie, ce qui a permis de se réorganiser et daccorder plus de temps à la Stérilisation.
Mme KRAFT a suivi une formation animée par Mme VERMEULEN de deux jours en Stérilisation.
A son retour, une réunion a été organisée avec la Direction : la secrétaire mi-temps de la Pharmacie travaillera pendant six semaines à 80%.
Deux réunions dinformation avec lensemble du personnel, pour partager les acquis de la formation (normes ISO, Assurance Qualité...) ont été faites, de même quune réunion au Bloc et une information aux secrétaires.
Doù la naissance dun projet dAssurance Qualité au premier trimestre 1997.
Ce quil fallait décrire, organiser, formaliser en procédures et modes demploi a été cerné à laide dun schéma général des flux des dispositifs médicaux stériles.
Pour commencer, ce qui concerne le coeur de la Stérilisation, les autoclaves, a été revu : la fiche de lot et les opérations en amont et en aval de la stérilisation...
Les opérations réalisées au Bloc (mises en place et connues par le pharmacien) seront revues quand lensemble de la Stérilisation sera totalement conforme.
Le bilan en Février 1998 montre que tout le temps secrétaire a été utilisé pour mettre en forme les 200 fiches de composition des sets et dinstrumentation. De plus, la procédure dentretien des locaux a été réalisée (avec lacquisition dun nouveau chariot de ménage en 8 mois), de même que les procédures de lautoclave.
Pourquoi ce faible bilan?
LAssurance Qualité ne sert pas seulement à décrire ce qui est fait mais à laméliorer ce qui modifie des comportements, des horaires, des matériels (doù des études de marché)...
Les choses ne peuvent donc se faire que progressivement et avec des moyens.
Les plus grosses difficultés se retrouvent pour linstrumentation du Bloc en garde. En raison du manque de personnel, on ne peut assurer une garde en Stérilisation, ce qui entraîne deux systèmes dAssurance Qualité différant selon lhoraire...
Le temps pharmacien est difficile à organiser, faut-il travailler sur ce type de projet en continu ou par grands à-coups ?
Le problème est de savoir également quel degré de précision mettre dans ses documents.
Il faut, si besoin, écarter le formalisme et le langage de lAssurance Qualité qui sont sclérosants.
8. Mme C. Rey
Clinique Mutualiste E. André, Lyon
La stérilisation à Trarieux (Clinique Mutualiste E. André) se fait sur deux sites.
Celui de la Clinique possède un autoclave dune dizaine dannées, une soudeuse, une machine à laver servant uniquement pour les sabots et un four Poupinel utilisé uniquement pour chauffer des linges et des sérums. Une dizaine de charges est stérilisée par jour. Les services descendent environ une fois par semaine.
Le point négatif est que le centre de Stérilisation est dans le Bloc, non fermé à clef et exigu. Le matériel est ancien et le stockage dans un local inadéquat(léquipement va heureusement être changé).
Le personnel est composé de deux A.S.H. et de deux A.S.D. qui sont sous la responsabilité de la directrice des Soins Infirmiers et du Chef de Bloc.
Lautre site de Stérilisation est rattaché à la Maternité de la Clinique de lUnion, avec une charge par jour et un autoclave dune autre marque, plus récent mais acheté doccasion. Le personnel est formé de deux A.S.H. non rattachés à la Stérilisation.
Jusquà la Circulaire du 20 Octobre 1997, la responsabilité du pharmacien nétait précisée nulle part. La Pharmacie soccupait de lachat de petit matériel pour la Stérilisation.
La maintenance du matériel représentait un souci pour le pharmacien.
Les contrats ont été relus : ils consistaient en 1 à 2 visites par an et à une intervention possible dans les 48 heures ouvrables...
Une vérification de la validation avait été réalisée avant la Circulaire.
Les résultats de lanalyse 95-96, la Circulaire et le changement du Chef de Bloc sont arrivés en même temps et ont permis dintensifier les changements et le dossier de la Stérilisation a été traité en priorité.
Le contrat de maintenance a été soumis à un appel doffre en Janvier de cette année. La question se pose de savoir si les validations doivent être faites par la même société de maintenance ou par une autre indépendante.
Au point de vue de la responsabilité, la direction de la Clinique a nommé le pharmacien Dominique LACHAUD responsable de la Stérilisation, ce qui a été signalé à la D.R.H..
La décontamination est faite dans les unités de soins.
La traçabilité a été mise en place avec des étiquettes se décollant facilement et que lon retrouve au niveau du dossier de soin.
Cette traçabilité est bien réalisée pour les patients du Bloc mais plus difficilement dans les unités de soins où lon utilise des sets.
Le projet est de mettre en place un logiciel avec des code-barres.
Le pharmacien responsable a une grande volonté et aussi la chance davoir une direction très volontaire dans ce domaine. De plus, une rénovation du Bloc est prévue, ce qui implique une restructuration de la Stérilisation qui sera centralisée.
Le personnel, bien que peu nombreux, est motivé, et sa formation évolue.
A Trarieux, la Stérilisation est donc à une période lisière : tout a toujours été fait dans les règles (larchivage par exemple) mais on assiste en plus à une évolution vers la qualité.
9. Mme MC Bertagnolio
Clinique du Val dOuest. Ecully
La clinique possède une Stérilisation centrale où rien nétait écrit jusquà lannée dernière. La tradition orale prédominait donc et, de plus, le personnel de Stérilisation était peu stable.
Une nécessité dorganisation et de rigueur sest donc imposée.
Une Commission de Stérilisation a été mise en place. Elle comprend le chef de Bloc Opératoire, le directeur de la C.M.E. de la Clinique (qui est un chirurgien), un médecin bactériologiste, la responsable des soins qui est également directrice du personnel et le pharmacien qui a été nommé directrice de la rédaction des protocoles et une infirmière.
Les réunions de cette commission ont lieu deux fois par mois, et un calendrier a été établi avec lobjectif de rédiger tous les protocoles de Stérilisation dici la fin de lannée 1998.
Actuellement, quatre protocoles sont déjà rédigés et présentés au personnel concerné.
La décontamination du matériel et la traçabilité sont bien définies.
Le protocole en cours concerne lautoclave : son architecture, ses chargements et déchargements et le stockage.
La projet représente une charge de travail très importante. Le personnel (composé dA.S.H absolument pas spécialisés en Stérilisation) se sent très concerné mais lidéal serait quil soit formé à lextérieur de létablissement.
Le travail est souvent segmenté. LAssurance Qualité doit tenir compte des étapes précédant la Stérilisation telles que la décontamination du matériel, de lentretien des objets servant à transporter le matériel et également du stockage après Stérilisation.
10. Mrs JL Bonnefous et M. Louvet
C.A.M.S.P., C.H. Bourg-en-Bresse
La stérilisation se fait sur trois sites. Une C.A.M.S.P. a été crée il y a six ans environ, afin de regrouper les moyens mis en oeuvre pour les activités de Stérilisation Centrale et de dispensation du matériel stérile.
Il sagit dun service autonome, défini en une unité de lieu. Lorganigramme du personnel montre la présence dun pharmacien, dun cadre infirmier, dune infirmière, dun préparateur, dun agent administratif, de neuf aide-soignant(e)s, dun aide de Pharmacie et dun A.S.H..
Les postes sont polyvalents : une semaine est faite en Stérilisation, lautre en dispensation.
Les missions de Stérilisation de la C.A.M.S.P. sont la production de sets de soins adaptés et spécifiques, réalisés de façon manuelle ou en machine et le traitement des dispositifs réutilisables pour létablissement, exceptés les instruments du Bloc Opératoire et du Bloc Accouchement qui sont décontaminés et stérilisés dans ces deux blocs.
Léquipement de la C.A.M.S.P. comprend trois autoclaves vapeur deau 8 paniers.
La stérilisation par rayonnements ionisants pour certains constituants des sets de soins est sous-traitée.
La Stérilisation du Bloc Opératoire est donc localisée dans lenceinte du Bloc Opératoire et possède une organisation propre au service, avec un cadre infirmier, des infirmières I.B.O.D.E. et des aides-soignantes.
Seuls les instruments de Chirurgie sont traités là, le reste bénéficie de la prestation de la C.A.M.S.P..
Un stérilisateur vapeur deau 6 paniers et un autre à 4 paniers sont utilisés.
Le Bloc Accouchement possède lui un stérilisateur vapeur deau à 4 paniers.
La démarche Assurance Qualité en Stérilisation Centrale a débuté en 1990 avec des réunions Bloc-Stérilisation-Pharmacie-Services Techniques-Services dHygiène pour se mettre en conformité avec les Bonnes Pratiques de Stérilisation, définir des conduites à tenir, évaluer les besoins et aborder les problèmes liés aux dispositifs médicaux.
En 1994, une première démarche a été effectuée. Fin 1996, les locaux ont changé et la fonction C.A..M.S.P. a été intégrée. Lactivité, lorganisation et le niveau de prestation ont changé, et la démarche a été reprise à zéro.
Le but était de passer de pratiques implicites à des procédures écrites et validées, afin de " remplacer un artisanat apparemment efficace ", " Tendre vers lexcellence "et d" Etre en adéquation avec les Bonnes Pratiques de Stérilisation ".
Fallait-il faire une démarche de Certification ou une démarche dAssurance Qualité?
La démarche dAssurance Qualité a été préférée en premier lieu, en travaillant sur la base N. ISO 9002.
Première étape : Préparer le terrain
Il faut être opportuniste, saisir un dysfonctionnement et faire que la démarche soit désirée et non imposée.
La " culture qualité " doit être développée par le dialogue, avec la valorisation du savoir faire, la reconnaissance du travail de chacun, la résolution de problèmes, le développement de limage de marque du service et le respect de laspect réglementaire lié à la responsabilité personnelle.
La motivation de chacun joue un rôle essentiel.
Deuxième étape : Qui fait quoi?
Elle correspond à la mise à plat puis à la classification chronologique des activités de chaque poste, à la création dune nomenclature, à la définition du rôle et des responsabilités de chacun, à la détermination des " règles du jeu ", et à la création des modèles de documents, afin de mettre en oeuvre la démarche.
Un constat à ce niveau montre quil sagit de létape la plus longue de la démarche (une année environ). La nomenclature doit être établie de façon très précise pour permettre une classification logique des procédures et instructions. La mise en page des documents doit être définie a priori.
Troisième étape : Qui fait quoi et comment?
La démarche Assurance Qualité a été démarrée à propos de la réutilisation des dispositifs médicaux.
Il faut donc choisir une activité, décrire la manière actuelle de procéder et en faire la critique. Ceci débouche sur une recherche consensuelle de la procédure ad hoc la plus adaptée, qui est rédigée, vérifiée, approuvée, diffusée et mise à jour si besoin.
Un constat montre quil faut simposer du participatif et du dirigisme en quantité suffisante. Toutes les remarques et suggestions doivent être prises en compte, pour ne pas léser le personnel qui sinvestit. Il convient dêtre positif, jamais culpabilisant et de prendre le temps découter, dexpliquer, de formuler, de reformuler et de reformuler de nouveau...
Lidéal est de ne pas brûler les étapes, en étant méthodique, créatif, persévérant et en instaurant une garantie de cohérence de la démarche.
Quatrième étape : La procédure
Obligatoirement née de lesprit créatif de léquipe locale, elle doit être conviviale, facilement identifiable, réaliste et applicable. Il sagit dun outil de formation, dun référentiel pour le professionnel concret mais précis et dont le contenu est à comprendre. Enfin, la procédure doit être réellement appliquée.
Cinquième étape : Les actions associées à la procédure
La création dune procédure implique la formation des personnels, une réorganisation du travail avec redistribution des tâches et réaménagement rationnel des postes. De même, les besoins en ressources humaines et en équipements lourds sont revus.
Le constat réalisé à cette étape montre quil faut largement anticiper la mise en place de la procédure afin quelle soit applicable au jour J. La réorganisation doit être pensée globalement pour éviter les changements intempestifs. Les équipements doivent être sollicités a priori, lavancement de la démarche permet de régler les problèmes matériels dagencement et de rangement. Lidéal est de dispenser la formation au fur et à mesure du besoin.
RETOMBEES DE LA DEMARCHE QUALITE A LA C.A.M.S.P.
Lapport positif est indéniable.
Au niveau des personnels, on obtient une solution à des problèmes de tous les jours, un changement de lambiance de travail, plus de professionnalisme, des comportements adaptés face aux situations dexception soit une diminution du temps passé à la gestion de limprévu, une prise de conscience des responsabilités de chacun, des meilleures conditions de travail, une incidence sur les conditions dhygiène et de sécurité au travail, et une meilleure évaluation des compétences de chacun au regard de référentiels établis.
Au niveau de lorganisation, la démarche permet une répartition équitable des tâches, un recentrage des activités en conformité avec les bonnes pratiques ainsi quune refonte des documents de travail et de leur gestion.
Au niveau des équipements, on met en place une identification de tous les matériels et mobiliers avec ouverture de fichiers de suivi des dysfonctionnements, et une meilleure connaissance et utilisation des machines. On améliore ainsi largumentation des besoins en matériel et fournitures.
Au niveau " Qualité ", on arrive à un recensement, une identification et une codification de tous les dispositifs. On ne traite que ce qui est référencé. Le suivi des non-conformités avec déclenchement dactions correctives est établi, et la maîtrise de la qualité semble facile.
Cependant, la traçabilité apparaît lourde à mettre en oeuvre : que faut-il tracer?
RETOMBEES DE LASSURANCE QUALITE SPECIFIQUES AU BLOC OPERATOIRE ET AU BLOC ACCOUCHEMENT
La démarche a également permis la prise en charge de la stérilisation à tour de rôle par des I.B.O.D.E., et a eu une incidence sur la décision de restructuration des locaux, la décision de remplacement dun stérilisateur et dachat de machines à laver, le remplacement de plus de 200 boîtes à filtres, sur la décision de nécessité de fermeture du Bloc un jour par mois et sur limplication des Sages-femmes dans la fonction stérilisation et dans les bonnes pratiques de stockage.
CONCLUSION
Il existe un éclatement des responsabilités du fait des intervenants : Bloc Opératoire, Pharmacie C.A.M.S.P., Unité Hygiène Hospitalière, Services Techniques et Economiques, Service Biomédical et C.L.I.N..
De plus, la disparité dorganisation des Stérilisations en fonction de létablissement est grande. Il faut privilégier la " centralisation autant que possible ".
On constate que le rôle du Responsable Qualité est facilité à la C.A.M.S.P., grâce à lexistence de la position hiérarchique et à laction de contrôle possible à tout moment. Mais peut-on parler dAssurance tous risques?
On peut sinterroger quant au niveau dintervention de la Pharmacie et quant à la marge de manoeuvre du pharmacien. La fonction du Responsable Qualité ne peut sappliquer au Bloc Opératoire et au Bloc Accouchement : faut-il envisager une Assurance à responsabilité limitée?
11. Mme MO Baume, Mlle Lespinasse
Centre Hospitalier St Joseph et St Luc, Lyon
Une démarche de qualité, pourquoi ?
LAssurance Qualité est, selon la norme ISO 8402, l" ensemble des activités préétablies et systématiques mises en oeuvre dans le cadre du système qualité et démontrées en tant que besoin, pour donner la confiance appropriée en ce quune entité satisfera aux exigences pour la qualité ".
Le mot-clé de la qualité est la confiance.
Le référentiel de travail utilisé date de 1993. Il sagit des Bonnes Pratiques de Stérilisation (J.O. n°5708) dans lesquelles la notion de système qualité apparaissait déjà :
La production dobjets stériles : " ne peut être mise en oeuvre que dans le cadre dun système qualité. Chaque chef de service ou responsable de production a lobligation de mettre en place cette organisation pour garantir au praticien dans ses actes médicaux et au personnel infirmier dans ses actes de soins, quil napportera aucun préjudice au malade du fait des matériels stériles utilisés. "
La notion de confiance se retrouve ici dans le terme " garantir ".
Avant la circulaire du 20 Octobre 1997, la notion de qualité se retrouve également dans le Référentiel de Pharmacie Hospitalière 1997 de la Société Française de Pharmacie Clinique : " le pharmacien hospitalier doit sassurer de la maîtrise complète du circuit du produit et engage sa responsabilité sur la qualité du produit utilisé ".
Au C.H. St Joseph et St Luc, le service de Stérilisation Centrale date de 1980 et est bien conçu, avec des zones bien individualisées et des circuits bien codifiés.
La politique de létablissement avait opté pour une qualification aide-soignante en Stérilisation.
Le fonctionnement a démarré avec des réunions hebdomadaires de lensemble du service. Les problèmes étaient notés sur un petit cahier par chaque agent, leurs réponses étaient notées sur le même cahier. Quelques procédures et modes opératoires existaient déjà.
En 1990, lacquisition programmée dun nouvel autoclave a amené à se demander comment se rapprocher le plus du domaine industriel. Dans le cahier des charges de mise en concurrence, la possibilité de validation des cycles était imposée.
En 1996, la mise en place du système qualité a débuté.
La démarche ISO conduit à structurer le système qualité en quatre niveaux : on parle de la pyramide de lAssurance Qualité.
Au sommet, et en premier lieu, le Manuel dAssurance Qualité décrit la politique du service et balaie tous les domaines dactivités. Il sagit de larchitecture du système, qui est axée sur les normes ISO 9002.
Ensuite, les procédures indiquent toutes les opérations à effectuer. Puis les modes opératoires décrivent dans le détail toutes les opérations à accomplir. Enfin, à la base, les enregistrements constituent la véritable traçabilité des opérations effectuées.
La mise en place du système qualité nécessite une analyse de lexistant pour évaluer le fonctionnement du service en terme de qualité, puis la rédaction de tous les nouveaux documents non écrits émanant dune discussion avec tout le personnel de la Stérilisation.
Chaque chapitre du Manuel a fait lobjet dune discussion et dune correction pour être adapté aux impératifs quotidiens.
Les chapitres importants concernent :
Pour chaque autoclave, un cahier de stérilisation permet darchiver la feuille Bowie-Dick quotidienne, lintégrateur du Bowie-Dick, les graphiques de stérilisation des cycles de la journée...
Poursuite du travail entrepris... et difficultés rencontrées :
CONCLUSION
On tend ainsi vers loptimisation de la qualité des produits stérilisés.
Lintérêt est également davancer au niveau dun service technique laccréditation de lensemble du Centre Hospitalier.
Ce travail servira de base de réflexion pour lorganisation de la Stérilisation Centrale du nouvel hôpital prévu pour lan 2000.
Enfin, les guides de lecture AFAQ ISO 9001-9002 " La certification qualité à lusage des Etablissements de Santé " précisent en avertissement au lecteur un principe à ne jamais oublier :
" Faire simple : les " usines à gaz " sont des châteaux de cartes. Cela signifie quun système qualité trop compliqué, trop lourd ne sera pas appliqué. Si létablissement de santé ne sait pas simplifier, épurer ses ébauches jusquà obtenir ce qui est nécessaire et suffisant pour atteindre les objectifs justifiés, que reste-t-il de lassurance qualité ? Ce qui nest pas indispensable risque dêtre plus quinutile : nuisible. "
Et de même, la recommandation du domaine industriel est KISS : Keep It Short and Simple !
12. Mme M.C. Veyre
Pharmacien CHRU de St Etienne
Un logiciel a été testé afin de tracer du matériel de stérilisation par la Pharmacie.
Jai la chance davoir depuis seize ans une stérilisation livrée clef en main, complète avec des locaux superbes, des autoclaves qui fonctionnent et un personnel formé, en nombre suffisant.
Dans ces conditions, la mise en place de procédures est aisée.
La traçabilité est la mémoire, lhistoire dun matériel ou dun produit de sa fabrication à son utilisation.
On parle de traçabilité dans la circulaire du 20 Octobre 1997 : " les besoins en traçabilité sont identifiés en fonction des dispositifs médicaux stérilisés au sein des établissements de santé "
Les besoins en traçabilité doivent être définis et établis par le responsable de la stérilisation. Il nest pas utile de tout tracer.
Dans la circulaire, on traite des dispositifs médicaux invasifs. Il sagit en priorité de ceux des blocs opératoires.
Tout ce qui nest pas invasif et ne va pas au bloc opératoire (sets de soin, linge...) nest pas tracé.
On parle également beaucoup de traçabilité dans les normes ISO 9000, ISO 9002 en particulier.
Mettre en place dans un service qui fonctionne depuis de nombreuses années avec sa routine la norme ISO 9002 a été un élément très motivant pour lensemble du personnel.
TRACABILITE EN STERILISATION CENTRALE
CONTEXTE REGLEMENTAIRE
TRACABILITE
Ascendante (du matériel au malade) ou descendante (du malade au matériel)
LISTES : il faut définir :
MATERIELS
FORMATION DU PERSONNEL
Il faut définir ce que lon va tracer et établir des listes exhaustives des produits que lon va tracer, quils soient délivrés individuellement avec double emballage au niveau des blocs ou quils soient regroupés dans des containers de stérilisation, dont la composition exacte doit est définie(catalogue avec photos).
On liste également les services auxquels on délivre du matériel tracé, les agents de la stérilisation qui vont avoir des responsabilités et devront sengager et les autoclaves.
Le matériel utilisé pour la traçabilité correspond à tout un ensemble informatique avec une base, des écrans. Un système radio permet de relier lordinateur à des petites douchettes afin de fournir les informations à la base centrale.
La formation du personnel est primordiale. Linformatique provoque au départ une certaine réticence mais son utilisation permet une certaine valorisation du travail ensuite.
CIRCUIT
Le matériel est utilisé au bloc opératoire. Linstrument souillé est traité en stérilisation puis conditionné en container ou en double emballage.
Une double-étiquette avec une partie détachable est accrochée à laide dun porte-étiquette sur le container ou collée sur le sachet individuel (limpression directe du code-barre sur le sachet est une mauvaise méthode car lencre a tendance à baver).
On affecte donc un code intégrant tous les paramètres résumant le traitement de stérilisation et les différents contrôles différent à chaque type de matériel qui devient donc unique.
Après stérilisation, à la sortie de lautoclave, par charge, on enregistre le code de lautoclave, le code du numéro de cycle après validation, le code de lagent qui admet la charge sachet par sachet (il sagit dune action proche de la dispensation).
Au fur et à mesure de la distribution au niveau des services, on douche le code produit du double emballage ou du container et le code service.
Lensemble des procédures et des intervenants est donc connu.
Après utilisation, létiquette détachable est collée dans le dossier du patient
Pour améliorer le système, et réaliser la traçabilité descendante, il faut connaître le code et le nom du malade pour lenregistrer en Stérilisation centrale face aux articles utilisés, afin de réaliser une vraie traçabilité comparable à celle des produits sanguins. Cependant, il nexiste pas de douchette au bloc, le système radio ne permettant pas de traverser le plafond séparant la stérilisation du bloc.
Ce logiciel peut également servir de gestion, de sortie pour les services.
Le logiciel est du laboratoire SPS.