Journée
ACOPHRA du Jeudi 13 Février 1997 à Lyon
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE
Plan
Imagerie
vasculaire: Evolution - Révolution Tranquille (pas toujours .....)
(Dr Mazoyer, Clinique St Jean - Lyon)
EXPOSE
HISTORIQUE (revue de l'évolution de
l'imagerie vasculaire) :
En 1927 a eu lieu la première "artériographie"
(encéphalographie artérielle). En 1929 , ce fut la première
aortographie - Dos Santos.
Les techniques d'imagerie vasculaire se sont ensuite
généralisées après guerre grâce aux innovations
dans le domaine des produits de contraste. En effet, suite à l'utilisation
de l'iodure de sodium ou du ThorotrastÒ (produit radioactif responsable
de tumeurs), les produits mis sur le marché furent de moins en moins
toxiques, jusqu'à l'apparition de dérivés hexaiodés
et de produits non osmolaires.
En parallèle, les voies d'abord des vaisseaux
étaient de moins en moins agressives.
L'innovation majeure a lieu en 1960 avec
la mise au point par des médecins suédois du principe du
cathétérisme: l'exploration de l'ensemble des vaisseaux
, y compris du système porte devenait alors possible. Ce fut la
porte ouverte à "l'interventionnel vasculaire" (Djindjan et Dotter).
Entre 1960 et 1975, c'est l'âge d'or de l'angiographie:
excepté la radiologie classique, il n'existe pas d'autre technique
d'exploration des parenchymes. L'échographie et le scanner n'en
sont qu'à leurs balbutiements, que ce soit au niveau technique ou
de leurs indications.
Au début des années 80, on assiste
à une embellie technique: c'est l'apparition de l'angiographie numérisée
qui créée l'illusion de la voie veineuse; on pense alors
que toutes les explorations seront possible grâce à une injection
intraveineuse. Cependant, cette méthode se révèle
rapidement limitée à l'exploration des systèmes vasculaires
courts du fait de ses complications toxiques et hémodynamiques.
Dans ce domaine, on assiste aujourd'hui à un recentrage sur la voie
artérielle justifié par:
-
un gain de rapidité (obtention des images en
temps réel),
-
l'utilisation de produits de contraste en moindre quantité,
-
l'utilisation de cathéter de petits calibres..
Dans un même temps (1975 - 1980) se sont développées
les techniques d'imagerie tissulaire (échographie, scanner puis
IRM). L'angiographie n'a donc plus le monopole dans le domaine de l'imagerie,
d'autant que de manière plus lente mais tout aussi certaine se sont
développées des imageries directes des flux. Il s'agit en
particulier de l'écho-doppler qui a constitué la première
limite au débordement de l'angiographie par voie veineuse. Plus
tardivement, ce furent l'angio-IRM et l'angio-scanner rendu possible par
une nouvelle technologie du scanner, le scanner hélicoïdal.
Ces technologies sont encore en progrès et les derniers domaines
réservés de l'angiographie (membres inférieurs et
cerveau) sont en train de céder.
LES DIFFERENTES TECHNIQUES D'IMAGERIE INTERVENTIONNELLE:
| |
Invasif |
Opérateur dépendant |
Patient dépendant |
Disponibilité |
| Angiographie |
+++
|
+++
|
+
|
+++
|
| Echo Doppler |
0
|
+++
|
++
|
+++
|
| Scanner hélicoïdal |
+
|
+
|
+
|
+
|
| IRM |
+/-
|
+
|
++
|
+
|
Tableau 1: Comparaison des techniques d'imagerie interventionnelle
| |
Limites |
Risques |
| Angiographie |
Ignore la structure de la
plaque |
Contraste local
ischémie |
| Echo Doppler |
Idem échographie |
Nul |
| Scanner hélicoïdal |
Apnée |
Contraste (Allergie, Complications
hémodynamiques) |
| IRM |
Déglutition
(Claustrophobie, Pacemaker - Ignore la structure
de la plaque - Sténose < 70%) |
|
Tableau 1 bis: Comparaison des techniques d'imagerie
interventionnelle
Il est très probable que l'angiographie restera
intéressante pour des lésions très particulières:
-
Artériographie carotidienne pour le diagnostic
d'artérite cérébrale.
-
Exploration lors de bilans pré-thérapeutiques:
c'est le cas lors d'embolisation de lésions tumorales attendues
aux méninges avant chirurgie, dont le diagnostic aura été
effectué par d'autres techniques.
Par contre, concernant l'exploration proximale de vaisseaux
cérébraux d'assez gros calibres tels que des vaisseaux artériels
de la base du crâne (recherche d'un anévrisme), l'avenir de
l'angiographie est directement menacé.
LES EVOLUTIONS FUTURES DE L'IMAGERIE VASCULAIRE
Il faut savoir que la pathologie ischémique
cérébrale, liée à ces lésions cervicales,
est une cause de mortalité et de morbidité majeur en France
mais que, contrairement à la pathologie coronarienne, elle n'est
pas très codifiée dans ses modes de dépistage et d'investigation.
Cependant, il est d'autant plus important de bien la préciser que
le traitement des sténoses significatives asymptomatiques améliore
la survie des patients et concourt à l'absence de survenue de complications
cérébrales.
1/ EXPLORATION DES VAISSEAUX CEREBRAUX
Scanner hélicoïdal et angio-IRM:
Le scanner hélicoïdal permet, après
injection de produit de contraste et à l'aide de 60 à 80
coupes de 1 mm d'épaisseur, de reconstruire une image en 3 dimensions
(3-D) des artères cérébrales à la recherche
d'un anévrisme, avec une résolution géométrique
tout à fait remarquable. Il faut cependant garder à l'esprit
que l'interprétation de ces images de reconstruction en 3-D doit
reposer sur la totalité des données; en particulier sur l'examen
des coupes axiales.
De la même manière, d'autres types
de malformations telles que fistules artério-veineuses ou angiomes
sont parfaitement imagées par le scanner ou l'angio-IRM (aspect
de vide du à l'absence de signal liés aux vaisseaux à
gros débits). Cependant, il manque encore le caractère sélectif
de l'angiographie qui permet de savoir de quel vaisseau dépend la
malformation; même si cette information n'est pas fondamentale puisque
on peut traiter de ce genre de lésions, outre par l'embolisation
sélective de leurs vaisseaux nourriciers, en les irradiant de façon
stéréotaxique.
Aujourd'hui, lors de l'élaboration de bilans
pré-opératoire ou de pré-embolisation, la question
du choix entre la poursuite des artériographies et le passage à
la réalisation de scanner ou d'angio-IRM est clairement posée.
Echo-doppler:
Un peu plus bas au niveau cervical apparaît
clairement l'intérêt de l'écho-doppler qui est de jumeler
deux types de techniques:
-
L'imagerie échographique classique permettant
d'apprécier le caractère homogène ou non d'une plaque,
et son importance par rapport au calibre artériel.
-
L'imagerie couleur qui, même si elle n'a pas
d'intérêt spécifique sur le plan de la mesure de la
sténose, permet de repérer très rapidement les vaisseaux
lors de l'examen. Il est alors possible de quantifier approximativement
les flux puisque l'intensité de la couleur est proportionnelle à
la vitesse d'écoulement. Cet élément hémodynamique
permet donc d'apprécier la vitesse d'écoulement en aval de
la sténose.
Cette méthode totalement atraumatique se diffuse
actuellement de manière assez large dans de nombreux établissements.
Combinaison des différentes techniques:
L'écho-doppler étant considéré
comme un mode de dépistage chez les patients à risque vasculaire,
à antécédent d'accident ischémique transitoire
sans déficit, quelle est ensuite la conduite à tenir?
Jusqu'à présent, l'artériographie
était pratiquée (cathétérisation de l'ensemble
des vaisseaux à destinée encéphalique par Seldinger).
L'angio-IRM peut ici apporter une évolution majeure dans le diagnostic
de certaine maladies comme la dissection d'une artère cérébrale
par rapport à l'angiographie, technique beaucoup plus invasive.
2/ EXPLORATION DES VAISSEAUX DU COU
En ce qui concerne les vaisseaux du cou accessibles
à l'écho-doppler (ex: carotide), le scanner propose actuellement
la meilleure alternative: sa résolution spatiale est meilleure que
celle de l'angio-IRM et surtout, il permet de caractériser la paroi
artérielle.
3/ EXPLORATION VASCULAIRE THORACIQUE
Il s'agit en particulier de l'exploration:
-
De l'aorte (traumatismes, dissections, anévrismes).
-
Des artères pulmonaires: l'évolution
actuelle du diagnostic de l'embolie pulmonaire est l'utilisation du scanner
hélicoïdal en 1ère intention alors que jusqu'à
présent, la technique de choix était la scintigraphie.
4/ PATHOLOGIES ABDOMINALES
Dans le cas d'un anévrisme de l'aorte, le
gros avantage du scanner hélicoïdal par rapport à l'angiographie
est l'obtention d'une image (outre de la lumière artérielle,
de la paroi artérielle et du thrombus pariétal) de l'environnement
péritonéal de l'artère: le médecin peut ainsi
apprécier le caractère hémorragique de l'anévrisme.
On peut également effectuer des reconstructions 3-D de type MIP,
en ne conservant sur les reconstructions obtenues que les éléments
supérieurs à une certaine intensité de signal. Ces
images permettent d'observer la position de l'anévrisme par rapport
aux autres vaisseaux environnants: informations fondamentales puisqu'on
s'oriente actuellement vers des traitements endovasculaires de ce type
d'anévrisme.
5/ EXPLORATION DES MEMBRES INFERIEURS
Le scanner ne présente pas d'intérêt
dans l'exploration des membres inférieurs mais l'angio-IRM, actuellement
encore indisponible dans ce domaine devrait selon toute vraisemblance s'imposer
dans les années à venir.
6/ COMMENT SE PREPARER A L'AVENIR?
Au terme de cette revue de l'évolution de
l'imagerie vasculaire, il apparaît que dans cinq à dix ans,
il n'existera aura sans doute plus d'imagerie diagnostique, ce qui entraînera
un véritable bouleversement:
-
des spécialités médicales,
-
de la composition des plateaux techniques,
-
de la formation initiale des médecins.
A ceci, il faut opposer la pesanteur des structures
et un certain statisme du mode de régulation administrative. Il
est donc clair que la carte sanitaire et le régime d'autorisation
actuels ne sont pas adaptés à cette évolution; d'autant
que l'imagerie interventionnelle devient un enjeu majeur, non seulement
pour les radiologues mais aussi pour d'autres spécialités.
C'est le cas de la cardiologie, de la chirurgie vasculaire, de la neurochirurgie,
de la pathologie digestive...
L'évolution actuelle de l'imagerie vasculaire
se définit donc en terme de:
-
Multidisciplinarité: amener les professionnels
à travailler ensemble en essayant de passer outre les enjeux de
pouvoir et d'argent.
-
Prévision des plateaux techniques: à
l'heure actuelle, l'angiographie numérisée est très
développée; contrairement à l'IRM. Ce déséquilibre
devra être comblé dans les années à venir.
-
Formation: qui va-t-on former, pour quoi faire
et dans quelle discipline? La génération actuelle de radiologues
maîtrise bien les techniques de cathétérisme qui constituaient
la base de leur apprentissage; or, ce n'est plus la base de la formation
actuelle des radiologues ni des autres spécialistes (exception faite
des cardiologues). Cependant, si dans les cinq années à venir
les techniques non invasives d'imagerie des coronaires (IRM) se mettent
en place, il n'existera plus de formation aux techniques de cathétérisme
en dehors de l'interventionnel. Il faudra repenser les plateaux techniques
et disposer non seulement de l'IRM comme moyen diagnostic mais aussi de
plateaux techniques concentrés sur l'interventionnel vasculaire.
QUELLE EST LA SITUATION ACTUELLE EN MATIERE DE
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE VASCULAIRE ?
1/ AU NIVEAU DES VAISSEAUX DE LA TETE ET DU COU:
-
Embolisation intracrânienne (stéréotaxie)
et cervicofaciale des sténoses et malformations (anévrismes,
angiomes).
-
Dilatation carotidienne: Cette méthode
n'est pas validée actuellement sur le plan scientifique en France
puisqu'on considère que son taux de complication (toutes complications
comprises) est supérieur à celui de la chirurgie carotidienne.
Cependant, sur quelques cas précis comme la sténose d'une
artère opérée avec présence d'un pontage veineux,
la dilatation peut être réalisée de manière
rapide.
Dans une étude française (Caen),
la dilatation avec mise en place immédiate de prothèse a
même été choisie comme méthode de traitement
des sténoses carotidiennes athéromateuses symptomatiques.
Pour lutter contre le risque de complication embolique (risque majeur de
la dilatation carotidienne), un système de protection est mis en
place à l'aide d'un ballon en aval, gonflé pour obstruer
la carotide avant dilatation. Le segment est ensuite rincé, et les
fragments sont ainsi envoyés dans la carotide externe par reflux
(vers un territoire non dangereux sur le plan clinique). On se rapproche
alors peu à peu du taux de complications survenues après
chirurgie. A terme, il est donc fort probable que la dilatation carotidienne
sera en concurrence directe avec l'endartériectomie.
2/ AU NIVEAU DU THORAX:
-
La radiologie interventionnelle n'est pas encore utilisée
au niveau des dissections ou anévrismes de la région thoracique.
3/ AU NIVEAU DE L'ABDOMEN:
-
Dilatation et embolisation: l'embolisation est
proposée comme méthode de traitement des hépatomes
et quelque fois des métastases choliques.
-
Embolisation d'hémostase.
-
Pose de prothèses vasculaires, biliaires
et urinaires.
Une évolution majeure dans ce domaine est
le traitement des anévrismes aortiques par endoprothèse (sténose
artérielle responsable d'une hypertension).
4/ AU NIVEAU DES MEMBRES INFERIEURS:
-
Utilisation en urgence de techniques de thrombose-aspiration
et de thrombolyse.
-
Généralisation des dilatations
de lésions qui n'étaient auparavant pas dilatées grâce
à la mise à disposition de prothèses adéquates
(sur l'axe iliaque par exemple).
-
Embolisation de malformations (angiome du pied
par exemple).
CORONAROPATHIES
ATHEROMATEUSES: diagnostic et traitement
(Dr Ritz, Centre Hospitalier St Joseph - St
Luc / Lyon)
BASES PHYSIOLOGIQUES:
La fonction essentielle du cœur est d'assurer la
propulsion du sang pour alimenter l'ensemble des organes; le cœur est donc
à juste titre souvent comparé à une pompe.
-
LA POMPE CARDIAQUE
Le moteur de la pompe cardiaque est un muscle très
puissant fonctionnant sans relâche: le myocarde qui alterne contractions
et relâchements. Ce muscle présente deux caractéristiques
particulières:
-
c'est un muscle creux,
-
qui a la particularité d'être non tétanisable.
Pour assurer ses fonctions, ce muscle doit bénéficier
d'une énergie sans défaut: l'essentiel du métabolisme
myocardique est donc orienté vers la production d'énergie.
Le myocarde est capable de métaboliser des substrats riches comme
le glucose ou les acides gras non estérifiés mais il peut
aussi diversifier sa consommation. Pour utiliser ces substrats, il a besoin
d'oxygène apporté par une circulation nourricière.
-
LA CIRCULATION NOURRICIERE
-
Elle apporte au cœur les substrats énergétiques
dont il a besoin.
-
Elle est constituée d'une circulation artérielle
en couronne qui lui a valu le nom de coronaire.
-
LA CIRCULATION CORONAIRE
-
Caractéristiques morphologiques
Les artères coronaires sont au nombre de deux:
coronaire droite et coronaire gauche. Ce sont les premières collatérales
qui naissent de l'aorte et la coronaire gauche se divise très précocement
en deux branches: on parle donc habituellement de trois troncs.
C'est une circulation terminale, c'est à
dire que les branches n'ont pas d'anastomose dans les conditions physiologiques
et chaque artère dessert un territoire donné.
Ce réseau artériel circule
pour l'essentiel dans la région épicardique, et porte
des ramifications intramyocardiques. Le drainage est assuré
par un réseau veineux qui suit environ la même topographie
que le réseau artériel. Ce drainage est collecté dans
le sinus coronaire qui se jette à la base de la veine cave inférieure
dans l'oreillette droite, rejoignant ainsi l'ensemble du sang veineux désaturé.
-
Caractéristiques anatomiques
Le cœur est en fait composé de deux pompes juxtaposées
à caractéristiques différentes: le ventricule gauche
(VG) est un muscle épais, très puissant alors que le ventricule
droit (VD) a une paroi de faible épaisseur. En effet, si ces deux
ventricules assurent un débit identique, ils le font sous des régimes
de pression totalement différents. Les pressions dans le VG sont
environs cinq fois supérieures à celle du VD.
-
Caractéristiques fonctionnelles
En se contractant, le VG écrase les petites
artères qui l'irriguent de telle sorte que la circulation du réseau
gauche a lieu essentiellement en diastole.
Dans le VD où les pressions sont beaucoup
plus faibles, la circulation s'effectue aussi bien en systole qu'en diastole.
Il n'existe pas de réserve énergétique
et les besoins énergétiques importants ne peuvent être
assurés que par une augmentation du débit. En effet, le cœur,
contrairement à d'autres organes puise dans le sang le maximum d'oxygène
disponible.
-
250 ml.mn-1 ou 80 ml.mn-1/100 g, au repos
-
jusqu’à 1250 ml.mn-1, au maximum de l’effort
La consommation en oxygène du myocarde est régulée
par les paramètres suivants:
-
Contractilité des fibres musculaires
Assimilée à la vitesse à laquelle
les fibres sont capables de se contracter, elle est modulée par
la fréquence cardiaque et l'état de stimulation intrinsèque
de la fibre.
-
Etat du ventricule avant éjection
La consommation d'oxygène est proportionnelle
au volume de remplissage du ventricule (ce qui explique qu'un ventricule
défaillant a besoin de plus d'oxygène qu'un ventricule en
bonne santé); l'épaisseur des parois intervenant en tant
que facteur de minoration.
-
Résistance à l'éjection
Elle conditionne le niveau de pression que le VG
devra développer pour assurer l'éjection.
L'ensemble de ces caractéristiques géométriques
et hémodynamiques est repris par la loi de Laplace.
CORONAROPATHIES ATHEROMATEUSES: DIAGNOSTIC
ET TRAITEMENT
S'il existe une disparité entre l'oxygène
disponible et l'oxygène dont le myocarde a besoin, il se produit
un déséquilibre qui provoquera une situation d'ischémie.
-
MECANISMES DE L'ISCHEMIE
-
Déséquilibre entre besoins et apports
-
Besoins anormalement élevés
Cette augmentation anormale des besoins peut provenir de conditions
de surcharge mécanique ventriculaire:
-
surcharges barométriques: rétrécissement
aortique,
-
surcharges volumétriques: hypertension artérielle,
régurgitation.
-
Augmentations anormales du débit cardiaque
-
Anémie: le débit sanguin doit être
accru puisque face à une pénurie d'hémoglobine, il
faut que les "transporteurs" qui restent aillent plus vite de façon
à suppléer à la demande.
-
Shunts artérioveineux: ils réalisent
des courts-circuits en périphérie, ce qui entraîne
un débit inutile qui doit néanmoins être assuré
par le cœur.
-
Hyperthyroïdie: le métabolisme général
est augmenté.
-
Apports inadaptés aux besoins
-
Déficit en oxygène dans le sang artériel
(Ca O2)
-
Hypoxie
-
Raréfaction de l’oxygène dans l’air ambiant.
-
Ex: Hypoxie d'altitude
-
Hypoxie d'atmosphère confinée
-
Défaut de captation (insuffisance ventilatoire)
-
Défaut de fixation (hémoglobinopathies)
-
Normoxie
Il existe assez d'oxygène dans l'air ambiant mais il ne peut
être prélevé, soit parce que le poumon fonctionne mal,
soit parce que l'hémoglobine n'est pas capable de le capter.
-
Raréfaction du transporteur (anémie)
-
Défaut d’utilisation à l’échelon
cellulaire.
-
Déficit circulatoire
Il existe assez d'oxygène dans l'atmosphère, assez d'oxygène
dans le sang mais l'organisme n'est pas capable de le distribuer correctement,
en raison de conditions hémodynamiques générales:
-
Anomalie de perfusion aortique :
-
Situation d'hypodébit sévère (choc).
-
Situation d'hypotension artérielle diastolique
importante gênant la circulation coronaire gauche (colapsus cardio-vasculaires).
ou locales:
-
Anomalie de perfusion coronarienne:
-
Défaut de circulation due à une pression
diastolique dans le VG trop élevée.
-
Rétrécissement de l'artère coronaire
elle-même: sténose ou anomalie de naissance.
-
CONSEQUENCES DE L'ISCHEMIE
Si il existe une disparité entre la demande
et l'offre en oxygène, le métabolisme ne pourra pas s'effectuer
correctement: on aboutira à un fonctionnement en anaérobiose
locale ou générale.
-
Fonctionnement normal altéré
-
Déviation du métabolisme:
Un appauvrissement en oxygène empêche
la dégradation correcte du glucose par la voie du cycle de Krebs
("imbrûlés") et entraîne la production de lactates.
-
Ralentissement des transferts ioniques:
Dû au mauvais fonctionnement des pompes Na/K.
-
Diminution des performances mécaniques:
Elles affectent la contraction mais aussi la relaxation
cardiaque; cette dernière étant un phénomène
actif.
-
Perturbations électr(ocardiograph)iques:
Elles résultent de l'onde de dépolarisation
au niveau du myocarde recueillie sur l'électrocardiogramme.
-
Anomalies cliniques:
Elles sont souvent les derniers événements
à se produire et sont pour l'essentiel des douleurs angineuses caractéristiques.
-
En situation de déséquilibre
Ces manifestations de l'ischémie ne se produisent qu'en cas
de réel déséquilibre entre l'offre et la demande;
elle ne sont en général pas permanentes.
-
DIAGNOSTIC DE L'ISCHEMIE
-
Mise en évidence de l’anaérobiose
myocardique
-
Objectiver l’anomalie
-
Dosage des lactates dans le sinus coronaire (cathétérisme).
-
Etude des transferts ioniques (IRM, scintigraphie).
-
Etude des performances mécaniques: relaxation
et contractilité (échographie).
-
Enregistrements électrocardiographiques (ECG,
VCG).
-
Interrogatoire (caractérisation de l’angor).
-
Evaluer l’anomalie
-
Variation du niveau métabolique : "seuil ischémique".
-
Provocation par effort ou stimulation pharmacologique.
-
Etapes diagnostiques
-
Affirmer la réalité de l'ischémie
coronarienne
-
Facteurs de risque athéromateux
-
Non curables
-
Age et sexe
-
Antécédents familiaux
-
Curables
-
Hypercholestérolémies
-
Diabète et intolérance au glucose
-
Hypertension artérielle
-
Tabagisme
-
Sédentarité
-
Profil psychologique
-
Evaluer sa sévérité
-
Seuil ischémique
-
Stabilité et instabilité (syndrome de
menace)
-
Chercher son mécanisme
-
Facteurs de sommation
-
Coronarographie
-
PRINCIPES THERAPEUTIQUES
Il s'agit bien entendu de rétablir l'équilibre
qui n'existe plus, ce qui signifie supprimer le facteur de déséquilibre
lorsqu'on est capable de l'identifier. Dans un deuxième temps, on
cherchera à modifier les conditions de l'équilibre.
-
Prévenir les risques liés à
la diathèse
-
Correction des facteurs de risque athéromateux
-
Correction des facteurs de surcroît
-
Anémie
-
Obstacles à l’éjection ventriculaire
-
Troubles rythmiques
-
Traitement anti-ischémique
-
Traitement anti-agrégant plaquettaire
-
Rétablir l’équilibre des apports et
des besoins
-
Supprimer les facteurs de déséquilibre
(anémie par exemple)
-
Modifier les conditions de l’équilibre
-
Diminuer la consommation d’oxygène du myocarde
-
Améliorer la perfusion myocardique
-
Traitement médical
-
Spécifiques
-
Trinitroglycérine et dérivés nitrés
Ils sont doués d'un petit effet vasodilatateur
artériel et d'un grand effet vasodilatateur veineux, ce qui réduit
le volume des ventricules et par suite la consommation d'oxygène.
-
Antagonistes des récepteurs bêta-adrénergiques
(ß -bloquants)
Ils réduisent la contractilité, la
fréquence cardiaque et la pression artérielle; ce qui réduit
la consommation en oxygène. En contrepartie, ils ne sont pas doués
d'effet vasodilatateur.
-
Antagonistes des canaux calciques
Ils réduisent également la contractilité
et, selon la famille à laquelle ils appartiennent (groupe très
hétérogène), sont plus ou moins vasodilatateurs.
-
Activateurs des canaux potassiques
-
Non spécifiques
-
Traitement anti-hypertenseur
-
Traitement de l’insuffisance cardiaque dilatée
Ils diminuent le volume de la cavité ventriculaire,
ce qui contribue à réduire la consommation d'oxygène.
-
Traitement anti-arythmique
De nombreux troubles rythmiques sont anginogène,
même sans coronaropathie sous-jacente: la circulation coronarienne
ne pouvant se réaliser dans des conditions satisfaisantes.
-
Revascularisation
-
Chirurgicale
-
Sternotomie médiane sous CEC
-
Ponts veineux aorto-coronariens (saphène) (1970).
Cette méthode, largement utilisée, a fait ses preuves mais
on sait que ces pontages veineux ont tendance à se thromboser ou
à s'abîmer au fil du temps.
-
Ponts artériels aorto-coronariens (1980). L'artère
la plus utilisée est l'artère mammaire interne gauche. Cette
artère est très peu sensible à l'athérome,
stable au cours du temps et ne nécessite pas d'anticoagulation.
D'autres artères sont exploitables: artère gastro-épiploïque
(difficile à atteindre car sous diaphragmatique) et artère
radiale (résultats encore non validés).
-
Minithoracotomie - vidéoendoscopie
Rq: Les méthodes chirurgicales court-circuitent l'obstacle;
il est donc nécessaire que l'aval de l'artère soit en bon
état (en contrepartie, ces revascularisations peuvent s'adresser
à des myocarde dont les conditions hémodynamiques sont mauvaises).
-
Cathétérisme interventionnel
-
Angioplastie endoluminale (dilatation) de sténose
Contrairement à la revascularisation chirurgicale, on cherche ici
à supprimer l'obstacle; ont peut donc traiter des artères
polysténosées, les conditions techniques étant essentiellement
limitées par la qualité de la paroi. Les risques sont liées
aux conditions thrombotiques et hémodynamiques générales.
Le choix entre chirurgie et angioplasie endoluminale
est posé en fonction de l'aspect des lésions. En pratique,
il est précisé grâce à la coronarographie qui
permettra, à la suite d'injection de produit de contraste dans la
lumière d'apprécier l'état du réseau coronarien.
Cette méthode est limitée par le fait que seule la partie
endoluminale est visible: on ne voit pas la paroi. La seule méthode
permettant en pratique de visualiser la paroi est l'échographie
endocoronaire qui exige le même abord, se limite à l'exploration
du premier segment et reste d'interprétation assez difficile.
-
PATHOGENIE DES CORONAROPATHIES STENOSANTES
-
Organique
-
Athéromateuse
-
Fibreuse (post radique)
-
Traumatique (dissection)
-
Inflammatoire
-
Fonctionnelle
-
Dynamique
En quittant son trajet épicardique usuel,
la coronaire peut traverser le myocarde et se laisse écraser par
la contraction systolique.
-
Spastique
Des réactions vasomotrices peuvent se produire
sur l'artère (qui n'est pas forcément lésée),
parfois de façon extrêmement importante, jusqu'à supprimer
le flux sanguin.
-
ETIOLOGIES ESSENTIELLES DES CORONAROPATHIES STENOSANTES
En pratique clinique, les principales étiologies
des coronaropathies sténosantes sont l'athérome et le spasme.
-
Athérome
-
Plaque sous intimale saillant dans la lumière
-
Il s'agit de dépôts de cholestérol
des LDL oxydés et de fibrose: formation d'une sténose qui
devient significative.
-
L'évolution peut être:
-
progressive: sténose significative lorsque
le calibre de la lumière est réduit d'environ 75%; la progression
se faisant à vitesse extrêmement variable.
-
brutale : thrombose sous l'effet d'agrégats
plaquettaire et hémorragies sous la plaque.
-
Spasme
-
Spontané ou provoqué (alcalose,
froid...)
-
D'évolution capricieuse
-
LA CORONAROGRAPHIE SELECTIVE
-
Indications diagnostiques
-
Incertitude clinique et paraclinique
-
Nécessité pré-opératoire
-
Valvulopathies
-
Anévrismes aortiques dont le traitement chirurgical
conduit à clamper l'aorte: le cœur sera soumis à des pressions
très importantes; il faut donc s'assurer que les coronaires peuvent
supporter la surpression.
-
Evaluation post-revascularisation
-
Indications thérapeutiques
Le traitement médical se révélant
insuffisant, il faut alors choisir la stratégie thérapeutique
la plus adaptée.
-
Angor stable aggravé
-
Angor instable
-
Après infarctus myocardique
-
La préparation de l'examen
-
Générale
-
Indication motivée (anamnèse et examens).
-
Traitement en cours: en général, il est
maintenu, sauf pour les biguanides qui sont interrompus 24 à 48
h avant l'examen, puisqu'ils peuvent être à l'origine d'acidose
lactique sévère.
-
Examens biologiques :
-
ionogramme (K+ notamment pour ne
pas risquer des troubles cardiaque trop importants au cours de la procédure),
créatininémie pour avoir une idée de la valeur
fonctionnelle rénale.
-
hémogramme à la recherche d'une
anémie ou d'une hypoplaquettose pouvant entraîner des complications
postopératoires; TCA pour être sûr de pouvoir
retirer l'introducteur sans problème de coagulation secondaire.
-
Particulière
-
Traitement antihistaminique si allergie.
-
Sédation si nécessaire.
-
Rasage cutané des territoires proches de la
mise en place de la voie veineuse (asepsie).
-
Le matériel
-
Imagerie de bonne qualité (générateur
pulsé):
-
Grossissements adaptés à la zone d’intérêt.
-
Arceau orientable et table mobile de façon à
pouvoir observer les artères coronaires sous toutes les incidences
nécessaires.
-
Stockage de l’information: sous forme de film 35 mm
ou de vidéo (numérisation).
-
Monitorage continu de l’ECG et des pressions
-
Equipement nécessaire à la réanimation:
-
Matériel d’intubation prêt à l'emploi
et table d’anesthésie équipée.
-
Défibrillateur prêt à l’usage.
-
Le personnel
En principe, quatre personnes doivent être
présentes:
-
Médical:
-
Un examinateur formé à la coronarographie
-
Un réanimateur disponible
-
Infirmier:
-
Un(e) infirmier(e) présent(e) en salle
-
Technique:
-
Un technicien d’images chargé de recueillir
les informations et de les traiter.
-
Voies d’abord artériel
-
Ponction transcutanée, méthode de
Judkins:
Latéralisation indifférente, mais
la ponction est plus facile à droite.
-
Ponction non transfixiante
-
Artère fémorale commune, au pli inguinal
-
Artère humérale, au dessus du pli
du coude
-
Artère radiale, au poignet
-
Complications
-
Hématome
-
Dissection, thrombose
-
Fistule artérioveineuse
-
Dénudation vasculaire, méthode de
Sones:
Cette méthode n'est pratiquement plus utilisée
à l'heure actuelle.
-
Matériel consommable
-
Matériel à usage unique
-
Introducteur artériel
-
Kit de coronaroventriculographie (tubulures, robinets,
seringue d'injection)
-
Guide pour cathéter
-
Métallique (J3 ou J6)
-
Hydrophile (J ou droit)
-
Cathéters d’angiographie
-
Coronaire gauche (JL, AL,...)
-
Coronaire droite (JR, AR, W,...)
-
Mammaire interne ou pont veineux
-
Pig tail pour ventriculographie
-
Produits et solutés injectables
-
Produit de contraste (150 à 200 ml pour un examen,
soit 250 F)
-
Support iodé non ionique, hypo-osmolaire
-
Bonne tolérance hémodynamique
-
Mais toxicité rénale potentielle à
surveiller
-
Solutés de perfusion pour assurer la perfusion
des cathéters, éviter le risque de thrombose (1 poche par
voie et par examen)
-
Sérum salé 0.9% ou glucosé
5%
-
Le déroulement de l'examen
-
Asepsie locale, installation des champs stériles
-
Abord artériel: mise en place du désilet
-
Recueil des mesures et des images dynamiques:
-
Mesures hémodynamiques: pressions ventriculaires
et aortiques
-
Réalisation de la coronarographie sélective
en utilisant toutes les incidences nécessaires (injection rapide
de 8 à 10 ml de produit de contraste dans l'artère à
chaque incidence).
-
Epreuve pharmacologique: s'il subsiste un doute sur
la réalité ou la qualité de la sténose, des
produits vasodilatateurs ou vasoconstricteurs artériels peuvent
être utilisés: dérivés nitré ou équivalents
(molsidomine) ou méthylergométrine: 0,4 mg IV en bolus.
-
Facteurs de choix du cathéter
-
Opacification sans traumatisme:
-
Calibre le plus faible possible pour ne pas blesser
les artères, mais débit le meilleur possible.
-
Extrémité atraumatique.
-
Forme adaptée à l’anatomie:
-
de la crosse aortique,
-
de l’ostium coronarien (situation, orientation).
-
Comportement lors de la mobilisation:
-
Souplesse axiale (atraumatique) et stabilité
(rigidité minimale).
-
Résistance à la torsion.
Il est donc nécessaire de pouvoir disposer de
plusieurs types de cathéters ainsi que de plusieurs tailles.
-
Résultat de la coronarographie sélective
-
Réseau coronarien normal
-
Aspect typique
-
Réseau gauche
-
Tronc commun
-
Artère interventriculaire antérieure
et ses branches
-
Artère circonflexe et ses branches
-
Réseau droit
-
Trois segments et collatérales
-
La croix et les branches terminales
-
Variations
-
Distribution variable des collatérales
-
Réseau coronarien anormal
-
Naissances anormales
-
Absence de tronc commun (banal)
-
Ostium commun ou aberrant
-
Naissance anormale d’une branche
-
Anomalies de structure
-
Pariétales
-
intraluminales
-
EVALUATION DE LA STENOSE
-
Fixité
-
Fonctionnelle, dynamique ou spastique
-
Organique, pariétale ou intraluminale
-
Sévérité
-
Caractères (centrage, calcification,
topographie)
-
Evaluation qualitative et quantitative
-
Evaluation du lit d’aval
-
Qualité de la perfusion (grades TIMI
0 à 3)
-
Qualité du myocarde
-
Evaluation qualitative
|
Sténose
|
Type A
|
Type B
|
Type C
|
| Longueur |
courte
|
tubulaire
|
diffuse
|
| Accès |
facile
|
médiocre
|
difficile
|
| Aspect |
centré
|
excentré
|
occlus
|
| Calcaire |
mineur
|
modéré
|
étendu
|
| Thrombus |
absent
|
présent
|
saphène
|
| Bifurcation |
à négliger
|
à protéger
|
inaccessible
|
-
Evaluation quantitative
Indispensable, elle permet la cotation de la sténose.
Il existe deux méthodes d'évaluation:
-
Méthode visuelle
-
Référence au corps du cathéter
-
Limites subjectives
-
Méthode automatique
-
Ponctuelle ou contourage segmentaire, à l'aide
de logiciels
-
Densitométrie
-
VENTRICULOGRAPHIE GAUCHE
L'examen se termine par une ventriculographie de façon
à évaluer la qualité du ventricule gauche.
-
Volumes ventriculaires et fraction d’éjection
-
Principes de mesure
-
Evaluation des distances et surfaces
-
Extrapolation aux volumes
-
Résultats
-
Volume télédiastolique VTD et télésystolique
VTS
-
Fraction d'éjection (FE): indice de la contractilité
globale
FE = (VTD - VTS) / VTD = 0.55 à 0.75
-
Méthode de ventriculographie
-
Cathéter pig-tail
-
Cathétérisme rétrograde sous contrôle
ECG
-
Cathéter placé dans la zone médioventriculaire
-
Opacification
-
40-45 ml à 10-15 ml/s en injection automatique
-
En double incidence
-
Quantification
-
Enregistrement à 25 ou 50 images/seconde
-
Calibration du grossissement
-
COMPLICATIONS DE LA CORONAROGRAPHIE
(série colligée de Davis et coll. 1979
- 7500 cas)
-
Complications cardiaques
-
Décès: 0.20 %
-
Infarctus (dissections): 0.25 %
-
Complications artérielles: 0.74 %
-
Embolies artérielles: 0.09 %
-
Thromboses et dissection
-
Hématomes
-
Faux anévrismes
Très variable selon contexte de la procédure
-
L'ANGIOPLASTIE CORONAIRE TRANSLUMINALE
-
Indications
-
Sténose ischémiante
-
Plastie à risque raisonnable
-
Sténoses symptomatiques
-
Sténoses et oblitérations asymptomatiques
-
Avec ischémie myocardique
-
Avec myocarde résiduel viable
-
Désobstruction de sauvetage
-
Sténose non ischémiante
Beaucoup plus discutable
-
Circonstances de réalisation
-
Angioplastie élective
L'angioplastie est alors le résultat d'une
décision concertée.
-
Sténose coronaire symptomatique
-
Etat artériel compatible avec l’angioplastie
-
Etat général incompatible avec la
chirurgie
Cette situation est de plus en plus fréquente:
à priori, l'angioplastie n'est pas vraiment indiquée mais
le chirurgien ne désire pas opérer.
-
Oblitération coronaire ischémiante
-
Angioplastie primaire
-
Désobstruction en phase aiguë d’infarctus
-
Contre indication ou alternative à la thrombolyse
-
Cadre réglementaire
Le cadre réglementaire de l'angioplastie
est un peu plus contraignant que celui de la coronarographie: il émane
des recommandations de la SFC (Société Française de
Cardiologie) et des COTER:
-
Environnement
-
Une seule recommandation impérative: la coronarographie
numérisée est soumise à autorisation d'une durée
de 5 ans.
-
Angioplasticien confirmé: le minimum requis
est de 75 actes par an pour 200 actes par an dans le centre pratiquant
les angioplasties.
-
Anesthésiste ou réanimateur disponible.
-
Matériel de réanimation et assistance
circulatoire.
-
Couverture chirurgicale:
-
Délai d’accès à la CEC, inférieur
à 1 heure
-
Conventions nécessaires avec SAMU et bloc
opératoire
-
Préparation du patient
-
Intellectuelle et psychologique
-
Consentement du patient (et du cardiologue)
-
Informations sur les options thérapeutiques
-
Médicale et technique
-
Identique à la coronarographie
-
Patient à jeun
-
Traitement:
-
antiagrégant institué depuis 3 jours
-
antiangineux non interrompu, héparine non
plus
-
Matériel
-
Préparation et installation du patient
-
Identique à la procédure diagnostique
-
Désilet adapté au matériel (6
à 9F)
-
Matériel interventionnel spécifique
-
Cathéter-guide et guide 0,35 en J3 ou J6
-
Adaptateur en Y avec valve hémostatique
-
Cathéter-ballon, guide-fil et torqueur
-
Seringue manométrique d’inflation
-
Endoprothèse à disposition
-
Caractéristiques du matériel utilisé
-
Cathéters guides (6F à 9F)
-
Large lumière
-
Passage du ballon et de l’endoprothèse
-
Contrôle coronarographique simultané
-
Sans oblitérer l’ostium coronarien
-
Support stable
-
Rigidité contrôlée
-
Courbure adaptée
-
Guides 0,35
-
Métalliques en J (J3 ou J6)
-
Hydrophiles
-
Guides-fils 0,014
-
Souplesse ( Ils doivent être aptes à franchir
une sténose en suivant des artères parfois tortueuses) et
rigidité (Ils doivent être capables de servir de support au
ballon qui glissera dessus): "trackability".
-
Conformabilité et convivialité "torkability
& crossability"
-
Cathéters ballons
-
Système de guidage et rigidité longitudinale
("push")
-
Profil hydrodynamique adapté ("crossability")
-
Caractéristiques géométriques
du ballon qu'on cherche à adapter aux caractéristiques de
la sténose:
-
Calibre et compliance (1,5 à 4,5 mm) : rapport
définissant la variation de volume par rapport à la variation
de pression.
Le calibre est obtenu après avoir gonflé
le ballon à la pression dite "nominale", c'est à dire entre
5 et 7 atmosphères. Il doit correspondre au calibre de l'artère
que l'on a déterminé grâce aux méthodes visuelles
ou automatiques.
Les différents comportements des ballons
aux variations de pression permettent de distinguer les ballons compliants
et non compliants. Les ballons non compliants permettent de monter en pression
sans faire varier le diamètre (utilisation pour des sténoses
dures, calcifiées).
-
Longueur (10, 20, 30, 40 mm)
-
Systèmes d’angioplastie conventionnelle:
-
cathéter-ballon coaxial: ballon à
2 lumières (l'une laissant passer le guide, l'autre servant
de voie de passage au liquide gonflant le ballon)
-
Avantage: meilleur "push"
-
Inconvénient: manipulation plus difficiles
-
cathéter-ballon monorail (1 seule lumière)
-
Avantages: moindre coût potentiel, manipulations
plus faciles
-
Inconvénient: la poussée est un peu moins
bonne
-
Procédure
-
Patient hépariné: la tendance
actuelle est à une diminution des doses d'héparine (5000
unités)
-
Utilisation de solutés de remplissage
de façon à éviter les chutes de pression en cours
de procédure
-
Repérage du site d’angioplastie
-
Mise en place du cathéter guide dans l’ostium
-
Opacification après injection de Corvasal®
1 mg (moindre chute de pression qu'avec d'autres vasodilatateurs comme
les dérivés nitrés).
-
Choix des images de référence
-
Angioplastie par dilatation au ballon
-
Franchissement de la sténose par le guide-fil
-
Mise en place du cathéter-ballon
-
Inflations de 30 s. à 3 mn à pression
adaptée
-
Contrôle du résultat immédiat et
différé
-
Conditions défavorables
-
Anatomiques
-
Sténoses longues, calcifiées et bifurcations
-
Ponts veineux vieillis
-
Occlusions chroniques
-
Cliniques
-
Angor instable
-
Choc cardiogénique
-
Complication de procédure
-
Troubles rythmiques
-
Spasme ou "no reflow"
-
Thrombose
-
Dissection
-
Résultats
-
Pronostic du succès selon le type de sténose
-
Type A: Risque faible Succès > 85%
-
Type B: Risque modéré Succès:
85% - 60%
-
Type C: Risque élevé Succès <
60%
En fait, grâce aux progrès des matériels
et notamment à l'apparition des endoprothèses, ces résultats
sont largement supérieurs puisque les taux de succès sont
égaux ou supérieurs à 92% pour les résultats
initiaux.
Cependant, il existe un phénomène
non négligeable de resténose dans les mois suivant l'intervention:
le pourcentage de resténose est de 1/3 environ.
-
La resténose
-
Mécanisme
La resténose est un phénomène
complexe associant plusieurs mécanismes:
-
Prolifération néointimale: migration
de matériel cellulaire provenant de la média colonisant l'intima.
C'est une réaction à l'agression due au gonflage du ballon
(paroi traumatisées).
-
Recul élastique de la paroi
-
Constriction artérielle
-
Traitement
-
Curatif
-
Angioplastie au ballon
Cette nouvelle angioplastie aboutira au même
taux de succès que l'angioplastie initiale (30% de resténose).
L'angioplastie transluminale peut ainsi être répétée
3 à 4 fois.
-
Endoprothèse
Le taux de resténose est alors fortement
diminué.
-
Angioplastie ablative
-
Préventif ?
-
Médical (la thérapie génique
est envisagée)
-
Irradiation locale?
-
LA POSE D'ENDOPROTHESE CORONAIRE
-
Justifications
-
Maintien de perméabilité artérielle
-
Optimisation du calibre obtenu en fin d'intervention
-
Qualités requises
-
Bonne aptitude à la force radiale: l'endoprothèse
doit être capable de s'opposer à la force de constriction
des vaisseaux.
-
Souplesse longitudinale, afin d'épouser
au mieux la forme du vaisseau.
-
Radioopacité et contrôle.
-
Modèles disponibles
-
Expansion par étirement des mailles
-
Expansion par déploiement élastique
spontané
-
Modèles tubulaires, avec segments articulés
ou non.
-
Modèles filamentaires, avec mailles soudées
ou non.
-
Modèles mixte qui a pour caractéristique
d'être auto extensible.
-
Modèles à l'étude: supports médicamenteux.
-
Indications
-
Dissection pariétale
-
Résultat insuffisant
-
Prévention de resténose
-
Recommandations d'utilisation
-
Artère de calibre égal ou supérieur
à 3 mm.
-
Traitement antiagrégant plaquettaire
associé de façon à éviter les risques de thrombose
locale.
-
Résultats
-
Amélioration:
-
Le résultat initial est toujours spectaculaire.
-
Le résultat à distance est globalement
très favorable: il existe moins de resténose et peu de thrombose.
-
Perfectible:
-
Persistance de resténose.
-
Lorsque la resténose se reproduit, elle est
redoutable: le matériel biologique prolifératif se situant
à l'intérieur de la prothèse. Il se dessine à
l'heure actuelle un mouvement de recul d'utilisation de ces prothèses
car leurs complications, pour rares qu'elles soient, sont souvent catastrophiques
en terme de resténose. Les techniques ablatives pourraient alors
y retrouver un regain d'intérêt.
RADIOLOGIE
INTERVENTIONNELLE EN PEDIATRIE
(Dr. Pracros et Dr. Guibaud, Hôpital
Debrousse Lyon)
PREAMBULE (Dr. Pracros)
La caractéristique principale de la radiologie
pédiatrique est d’être spécialiste dans beaucoup
de domaines. On est en effet amené à voir des pathologies
malformatives, acquises, certaines qui sont spécifiques parfois
à l’âge pédiatrique, d’autres qui ne le sont pas. Il
faut donc intervenir au titre du diagnostic et du traitement
dans des domaines extrêmement variés. Le radiologue qui s’occupe
d’enfants va par conséquent avoir sa place dans des situations qui
vont toucher l’ostéoarticulaire, le digestif, la neurologie...etc...
Une autre grande caractéristique de la radiologie
pédiatrique est d’être une radiologie " clinique ".Chaque
fois qu’on se trouve face à un problème diagnostique ou thérapeutique
il faut être conscient que l’on est face à un patient
et on va par conséquent essayer de voir quelles sont les méthodes
les plus simples, les plus rapides, les moins agressives,
les moins irradiantes... il s’agit là d’une préoccupation
permanente.
L’avenir de la radiologie ou de l’imagerie (notamment
avec la future création sur Lyon d’un Hôpital Mère-Enfant)
ne sera pas de défendre cette discipline contre une autre discipline
mais plutôt de faire face à un enjeu de pluridisciplinarité.
Le service d’imagerie sera au centre des structures futures (cliniques
ou hôpitaux) et sera en connexion avec les différents
services pour collaborer dans un but à la fois diagnostique
et thérapeutique.
Il n’est plus question à l’avenir de voir
le radiologue (et en particulier le radio-pédiatre) comme un prestataire
de service (même si son acte est très spécifique) mais
plutôt comme le membre d’une équipe de référents
dans laquelle on trouve des radiologues mais aussi d’autres spécialistes
qui vont parvenir au diagnostic et au traitement par les
méthodes les plus simples, les moins agressives...etc...
Rappel historique : le premier acte de radiologie
(d’imagerie) interventionnelle a concerné l’invagination intestinale
aiguë. Dès l’apparition des rayons X au débuts du siècle
on les a utilisés conjointement au lavement pour diagnostiquer les
invaginations intestinales. La technique ayant évolué depuis
on n’utilise plus le lavement et la radio dans ce cas mais l’échographie.
Le radiologue dans ce cas va participer complètement à l’élaboration
du diagnostic et du traitement et dans plus de 90% des cas il va lui-même
traiter le problème.
Il s’agit donc d’un exemple remarquable d’intégration
de la radiologie interventionnelle dans le domaine du diagnostic et du
traitement... exemple dont il faut s’inspirer pour intégrer de plus
en plus cette discipline, chaque fois que c’est possible.
EXPOSE (Dr. Guibaud)
DEFINITION DE LA RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE
(R.I):
La R.I. regroupe l’ensemble des actes médicaux
invasifs, à visée diagnostique ou thérapeutique, réalisés
sous guidage radiologique, échographique ou I.R.M..
LA R.I. EN PEDIATRIE :
Au cours de l’exposé seront vus :
-
Les spécificités pédiatriques
-
Les indications générales
-
La R.I. percutanée
-
Les produits d’embolisation (nature, utilisation, indication)
SPECIFICITES PEDIATRIQUES DE LA R.I.
- Procédure réalisée sous
anesthésie générale : dès que l’on intervient
de manière invasive (ex. : abords vasculaires), on ne peut pas demander
à l’enfant sa coopération... On interviendra donc sous anesthésie
générale et en présence d’un anesthésiste pour
surveiller les paramètres de l’enfant sachant que ce dernier peut
se refroidir plus rapidement, faire des chutes de tension plus rapidement,
que son volume sanguin plus faible implique des contraintes de surveillance
très rigoureuses lors de l’injection par exemple de produits de
contraste. L’anesthésiste participera, au même titre que le
radiologue, au suivi du patient après l’intervention.
- Matériel adapté à l’anatomie
de l’enfant : faire un abord vasculaire (pour une artériographie
par exemple) chez un petit enfant pose des problèmes au niveau de
l’artère fémorale qui a une tendance plus grande au spasme
; disséquer cette artère chez l’enfant peut mettre en jeu
la vascularisation artérielle du membre . Il faut donc adapter son
geste et utiliser un introducteur dans lequel on fait passer la sonde (car
le fait de passer un sonde dans un artère et de la déplacer
peut entraîner des lésions de la paroi artérielle plus
fragile à cet âge) ; ces introducteurs sont adaptés
à l’âge de l’enfant (on utilise des 5 F chez l’adulte, on
utilise des 4 F chez l’enfant de moins de cinq ans, sachant par ailleurs
qu’on évitera ce type d’intervention chez l’enfant de moins de deux
ans pour qui on préférera un Angio-IRM).
- Centres spécialisés :
Il faut des plateaux techniques adaptés
à la pédiatrie, que ce soit la radiologie, les structures
de réanimation, ou encore la chirurgie, il faut que tout soit là
pour que l’enfant puisse recevoir le geste, quel qu'il soit, dans les conditions
optimales de sécurité.
Il faut aussi les spécialistes concernés
qui auront de plus en plus tendance à se réunir pour prendre
des décisions en commun : décisions multidisciplinaires
prises dans des groupes multidisciplinaires (il en existe notamment un
à l’hôpital Debrousse qui travaille sur les malformations
vasculaires).
- Pathologies et indications spécifiques
: certaines pathologies de l’adulte ne se retrouvent pas chez l’enfant,
d’autres coexistent chez l’adulte et l’enfant mais ne se traitent pas de
la même manière, d’autres enfin sont propres à l’enfant....
INDICATIONS GENERALES :
R.I. NON VASCULAIRE :
- Biopsies (très souvent à
visée diagnostique : prélèvement d’un fragment de
tissu pour le faire analyser), cytologie (idem avec prélèvement
de quelques cellules).
- Drainage (on peut poser une sonde pour
drainer une collection, un abcès... Cela peut par exemple être
intéressant pour drainer un abcès opératoire à
l’aide d’un sonde sans rouvrir et refaire une anesthésie longue).
- Indications urologiques : néphrostomies,
sténoses inflammatoires, sténose sur greffes de reins (au
niveau de l’anastomose des voies urinaires).
- Indications biliaires : drain biliaire,
dilatation de sténoses tumorales ou post-greffe.
- Indications ostéoarticulaires :
traitement de kystes osseux (en y injectant des produits qui vont avoir
pour but de scléroser le kyste, de stimuler l’ostéoblastose,
et de combler le kyste en dehors d’une intervention chirurgicale), traitement
sous scanner d’ostéomes ostéoïdes (petites tumeurs).
R.I. VASCULAIRE :
- Embolisation : introduction à l’intérieur
des vaisseaux de substance traitante, sclérosante ou obturante.
On peut réaliser cette opération selon la méthode
de Seldinger (piquer l’artère fémorale, placer un
introducteur, introduire une sonde que l’on déplace dans les différents
axes vasculaires en suivant sa progression sur un écran de contrôle
pour placer les substances d’embolisation à l’endroit souhaité)
ou selon la méthode percutanée (piquer directement
sur le site) qui est de plus en plus pratiquée chez l’enfant.
L’embolisation est utilisée pour traiter
des malformations vasculaires, pour traiter des tumeurs vasculaires
ou préparer à leur niveau le terrain pour le chirurgien,
pour traiter des hémorragies (epistaxis, hémoptysie,
traumatisme), pour une préparation pré-chirurgicale,
pour traiter des varicocèles.
- Dilatation : intervention au niveau d’artère
rétrécie en particulier dans des cas d’HTA de l’enfant
ou d’anastomose du greffé.
- Dosages étagés : prélèvement
de sang exactement au niveau souhaité ce qui permet de faciliter
l’exploration d’une hypertension d’origine rénale (dosage étagé
de la rénine permettant d’identifier le rein responsable), d’identifier
un adénome parathyroïdien (dosage étagé de la
PTH), de trouver une tumeur pancréatique, tumeurs qui sont parfois
très petites (ex : dosage de l’insuline pour trouver un insulinome
et permettre un intervention très localisée n’entraînant
pas de lésions trop importantes au niveau du pancréas).
(Ici 2 séries de diapositives ont illustré
ces propos : exemple de l’HTA de l’enfant causée par une sténose
de l’artère rénale et traitée en R.I. par dilatation
; exemple d’un pseudoanévrisme iatrogène, consécutif
à une biopsie réalisée au pôle inférieur
du rein, et entraînant une hématurie récidivante pouvant
se compliquer ,... problème résolu par oblitération
entraînant un infarctus au niveau de l’anévrisme).
R.I. PERCUTANEE :
- Notion de cible : on sait exactement où
on veut aller, tumeur, malformation, kyste, collection... cette cible a
été précisée par un repérage radiologique,
échographique, scanner ou tout simplement par examen clinique si
la cible se trouve juste sous la peau.
- Abord direct : on pique dans la lésion.
- Conditions d’asepsie strictes (champ, matériel,
guidage, table,...).
- Premier temps de la procédure : ponction.
- puis prélèvement, opacification,
montage d’un guide, dilatation, ou encore embolisation.
Exemples
-
Embolisation ou sclérothérapie d’une
malformation vasculaire superficielle : angiome.
-
Rappel sur les malformations vasculaires qui peuvent
être d’origine diverse
-
artérielle
-
veineuse
-
capillaire
-
lymphatique
-
Ex. d’un angiome veineux au niveau de la face
Traitement de cette malformation : abord direct
sous anesthésie puis opacification qui va permettre de voir l’étendue
de la lésion et de la délimiter parfaitement grâce
à l’observation en R.I.. Il est important de connaître précisément
l’étendue de la lésion car lorsqu’on va la traiter par injection
d’un produit sclérosant il faut savoir quand arrêter l’injection
pour éviter qu’un excès de produit passe, par retour veineux,
vers le poumon où il entraînerait une embolie pulmonaire.
-
Ex. d’un angiome au niveau du bras :
Traitement par injection sous contrôle radiologique
d’un produit polymérisant (colle biologique) qui permettra de faire
prendre en bloc l’ensemble de la malformation et son extraction sans risque
d’hémorragie.
-
Embolisation des kystes osseux anévrismaux.
-
Ex. au niveau du calcaneum d’un enfant : l’os est entièrement
" soufflé ", il est plein de cloisons et est très fragile
" comme une coquille d’œuf ", si bien que l’enfant ne peut pas marcher.
Un chirurgien pourrait intervenir pour faire une greffe osseuse mais pour
cela il faut que mécaniquement elle s’appuie sur quelque chose de
solide ; hors dans ce cas il n’y a rien de solide il faut donc remplacer
cet os ou le garder en y injectant une substance pouvant servir de base
à la reconstruction de l’os.
Le traitement va donc se faire par voie percutanée
en R.I. en piquant directement au niveau de l’os et en injectant dans la
cavité un produit traitant ou sclérosant...
Remarque : résultats sur 15 embolisations (1996)
- 80% : reconstructions complètes
- 20% : reconstructions partielles dont 3/5 sont
devenues complètes
-
Ex. d’une tumeur de l’articulation temporo-mandibulaire
au niveau de laquelle une intervention chirurgicale est très délicate.
Le traitement s‘est fait par injection percutanée
de produit de contraste puis de produit sclérosant ce qui a permis
une bonne reconstruction de l’os.
AGENTS D’EMBOLISATION CHIMIQUES :
Ces produits intéressent au premier chef
les pharmaciens dans la mesure où ils vont être confrontés
dans leur exercice à une demande de la part des radiologues. L’intérêt
qu’il faut y porter est d’autant plus grand que les produits utilisés
sont nombreux et, surtout, ont des coûts très différents.
EMBOLS FLUIDES OU SEMI-FLUIDES
-
Colles biologiques
-
HISTOACRYL® (durcissement par polymérisation)
-
Agents sclérosants
-
ETHIBLOC® , ETHANOL, AETOXISCLEROL®
3%
AGENTS PARTICULAIRES
-
Non sphériques (calibrage gaussien)
-
IVALON® (permanent)
-
SPONGEL® (temporaire)
-
Sphériques (parfaitement calibrés)
-
HISTOACRYL® bleu (laboratoires
Bruneau)
NB : USAGE ENDOVASCULAIRE NON PREVU PAR LE FABRICANT
Ce produit est en effet prévu pour être
utilisé comme colle au niveau des lésions cutanées.
Son utilisation comme embol a toutefois fait l’objet de publications qui
prouvent son efficacité.
A retenir :
-
Ampoules de 0,5 g de monomère (n-butyl-2-cyanoacrylate)
-
Polymérisation dans les liquides physiologiques
mais aussi dans les produits de contraste. C’est pour cette raison
qu’après utilisation d’un contraste pour visualiser la zone d’intervention
il faut faire un rinçage soigneux, et le faire non pas au sérum
physiologique mais au sérum glucosé.
-
Réaction exothermique importante avec
une température atteinte de l’ordre de 70° qui est à
l’origine de l’inflammation.
-
Radio-transparent : ce qui nécessite
l’addition de poudre de tantale pour obtenir une radio-opacité
(le pharmacien peut donc être appeler à fournir au radiologue
ce type de poudre, en sachant qu’il existe 2 types de poudre de tantale
: blanche ou noire. Dans la mesure où l’ablation de malformations
vasculaires embolisées en percutanée peut être incomplète,
on préférera la poudre de tantale blanche. En effet, l’autre
colorant le granulome inflammatoire résiduel en noir, sera peu satisfaisante
,esthétiquement parlant, au niveau de la peau.
-
Avantage : grande fluidité permettant
son utilisation dans des microcathéters.
-
Inconvénients : risque de collage
du cathéter et usage endovasculaire non prévu par le
fabricant ! ! !
-
ETHANOL
-
Le plus simple des agents sclérosants.
-
Entraîne une " belle " réaction inflammatoire
avec une espèce de nécrose de l’endothélium.
-
Très utilisé par les américains
-
Nombreux inconvénients malgré les dires
de certains médecins d’outre-Atlantique : nécroses tissulaires,
névrites chimiques, arrêt cardiaque chez l’enfant en cas de
surdosage...
-
Globalement plutôt utilisé en dilution
d’un autre produit comme l’ETHIBLOC par exemple pour faciliter le remplissage
des zones ciblées.
-
AETOXISCLEROL® 3%
-
Utilisé pour les varicocèles
-
Très efficace pour les petites varices, pour
les petites malformations veineuses.
-
Utilisé pour obtenir une réaction thrombotique
avec une petite réaction inflammatoire, en particulier par les phlébologues
(mêmes résultats que ceux obtenus avec le THROMBOVAR®
).
-
ETHIBLOC® (laboratoire Ethnor)
Produit pour lequel il a longtemps été
nécessaire de faire des demandes d’A.T.U. , mais qui depuis 1996
est passé " dispositif médico-chirurgical ".
A retenir :
-
Solution alcoolique de polypeptide.
-
Issu d’une protéine végétale (maïs).
-
Mélangé à un opacifiant iodé
(avec possibilité de rajouter au mélange du LIPIODOL qui
augmente la radio-opacité de l’ensemble et améliore la visualisation).
-
Présentation : 7,5 cc dans des seringues stériles.
-
Au contact du sang : précipitation du polypeptide
(le sang " lavant " l’alcool autour de ce dernier). On observe alors un
épaississement puis un durcissement, puis une solidification.
-
Réaction inflammatoire très importante
(un peu handicapante dans la mesure où le résultat de l’intervention
se traduit le plus souvent à court terme par une apparence moins
esthétique qu’avant l’acte), mais aussi thrombosante et fibrosante
(ce qui explique son efficacité à plus long terme et permet
une intervention chirurgicale au bout de six semaines).
-
IVALON® (laboratoires Nycomed)
-
Polyvinyle formal
-
Structure d’éponge non résorbable inerte
(l’avantage du caractère inerte étant de ne pas entraîner
de réaction inflammatoire).
-
Particules fragmentées de formes irrégulières
avec des aspérités permettant leur imbrication.
-
Mécanisme : occlusion mécanique puis
thrombose.
-
Calibrage imparfait : on peut utiliser différents
calibres en fonction du vaisseau que l’on veut oblitérer, à
savoir 150-300 µm, 300-600 µm, 600-1000 µm. Ce calibrage
suit en fait une courbe de Gauss ce qui signifie qu’on se trouve avec des
particules plus ou moins grosses autour d’une valeur moyenne. Cette imperfection
de calibrage mettait ce produit en défaut par rapport aux microsphères
calibrées notamment par des méthodes de filtration. Il est
à noter que devrait apparaître bientôt un nouveau produit
: le DRIVALONâ déjà commercialisé aux Etats-Unis
et qui correspond à l’IVALON® en calibré.
-
SPONGEL®
-
Eponges de gélatine stérile
-
Mécanisme : occlusion temporaire avec un potentiel
purement thrombogène sans réaction inflammatoire.
-
Elles se résorbent d'elles-mêmes et on
peut observer des repermétions à travers ces particules dès
72 heures (disparition en 7 jours).
AGENTS D’EMBOLISATION MECANIQUES :
SPIRES METALLIQUES OU COILS :
Il s’agit de petits dispositifs métalliques
en spirales, placés dans des présentoirs qui les maintiennent
bien droits et linéaires. Lors de leur utilisation, à l’aide
de " pousseurs " on les fait délicatement glisser dans la sonde
à partir de leurs présentoirs (pour les maintenir linéaires).
On les faits suivre la sonde jusqu'au site que l’on souhaite emboliser
et là il se déploie reprenant leur véritable forme.
On a alors dans un premier temps une occlusion mécanique
puis un effet thrombogène grâce aux substances dont ils sont
recouverts. Ce coil qui est choisi en fonction de sa taille va entraîner
le même résultat qu’une ligature vasculaire : l’occlusion
est définitive.
Pour être efficace il faut obturer de manière
précise et on peut par conséquent faire appel à des
produits de haute technologie (et par conséquent chers ! !) tels
que les micro-coils.
BALLONNETS LARGABLES
Ce sont des dispositifs en latex ou en silicone.
Les indications sont certaines fistules intracérébrales ou
les anévrismes intracrâniens.
CONCLUSION
Il faut surtout retenir de cet exposé l’importance
que prend la Radiologie Interventionnelle en pédiatrie, en particulier
au niveau des malformations artério-veineuses, ou encore au niveau
des kystes osseux anévrismaux (qui sont des sortes de malformations
vasculaires intra-osseuses ).
Il faut également bien comprendre que toutes
les décisions sont prises au sein de groupes multidisciplinaires
qui comprennent
-
dermatologues
-
pédiatres
-
ORL, stomatologues, chirurgiens plasticiens
-
orthopédistes
-
chirurgiens généraux
-
hématologues
-
anatomo-pathologistes
-
radiologues
-
.... et des pharmaciens d’hôpitaux qui finalement
en bout de chaîne peuvent justifier auprès des autorités
de tutelle de la nécessité de certains produits chers mais
parfois indispensables.
RADIOLOGIE
INTERVENTIONNELLE EN CANCEROLOGIE
(Dr. Kaemmerlen, Centre Léon Bérard
Lyon)
PREAMBULE
L’objectif de cette présentation est de donner
une idée aux pharmaciens des hôpitaux sur l’utilisation des
matériels (parfois chers) qui leur sont demandés par les
radiologues intervenant en cancérologie. On verra donc les différents
gestes de radiologie interventionnelle soit diagnostique soit thérapeutique.
EXPOSE
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE DIAGNOSTIQUE
1/ CYTOLOGIE (geste le plus simple)
Indications :
-
découverte d’une image radiologique dont on
suspecte la nature néoplasique
-
première intention (car il s’agit du meilleur
moyen d’aller directement au diagnostic sans multiplier les investigations)
-
concerne surtout les lésions secondaires (en
centre anticancéreux), pour prendre la décision de traitement
lourds (chimiothérapie)
Matériel :
-
aiguille fine ( aiguille de Chiba ou aiguille à
P.L. en général du 22 gauges)
-
matériel d’aspiration (ex. : pistolet d’aspiration)
2/ BIOPSIE
Indications :
-
découverte d’une image radiologique dont la
nature semble plutôt bénigne (la ponction permettra aux anatomo-pathologistes
d’identifier la nature bénigne ou maligne du fragment de biopsie)
-
insuffisance de renseignements apportés par
la cytologie
-
lésion mammaire de nature douteuse sur l’imagerie
(la cytologie ayant fait preuve de son manque d’efficacité)
Matériel :
-
aiguille de taille supérieure ou égale
à 18 gauges (en dessous on a des problèmes pour traiter l’échantillon)
-
aiguille à fenêtre latérale avec
différentes sortes permettant des prélèvements entièrement
manuels ou des prélèvements semi-automatiques
3/ TECHNIQUE DE GUIDAGE (pour cytologie et biopsie)
-
échographie : au niveau de laquelle l’aiguille
apparaît comme un écho blanc facile à repérer
-
scopie télévisée : qui
permet, par le jeu de trois incidences de " photographie ", de vérifier
que la cible de la ponction est bien atteinte.
-
scanner : on peut l’utiliser dans presque tous
les organes ; c’est surtout intéressant quand on a des trajets un
peu difficiles pour lesquels l’échographie n’est pas suffisante...On
a parfois recours à un double guidage Scanner + Echographie.
-
stéréotaxie : particulièrement
utilisée en sénologie. Le cas de figure classique correspond
à la découverte d’une image pour laquelle on ne sait pas
si oui ou non elle correspond à un cancer du sein. Il faut alors
aller prélever in situ et on utilise un appareil à stéréotaxie
qui comprend un porte aiguille, un calculateur et un dispositifs d’observation
orientable (réalisant des clichés sous deux incidences opposées)
et qui permet de bien cibler ce qui a été préalablement
repérer. On utilise soit des aiguilles simples (et il faut alors
au moins six prélèvements pour être fiable au niveau
du diagnostic), soit un nouveau système (plus cher ! !) muni d’une
aspiration (et qui permet en ne piquant qu’une fois de réalisé
suffisamment de prélèvements toujours dans un but de fiabilité
diagnostique).
4/ COMPLICATIONS
-
hémorragie
-
ensemencement du trajet de ponction (par des cellules
pathologiques) : ceci est apparu surtout avec les biopsies
-
infection
-
pneumothorax : complication spécifique à
la ponction pulmonaire ou à la ponction thoracique
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE THERAPEUTHIQUE
1/ ARTERIELLE = EMBOLISATION
Indications :
-
hémorragies importantes (surtout en O.R.L.)
-
douleur (à peu prés dans toutes les localisations,
surtout dans les tumeurs vasculaires avec en particulier les tumeurs rénales
où les métastases sont douloureuses)
-
préopératoire (un peu théorique
car souvent jugée inutile par les chirurgiens)
-
menace particulière (exemple d’une lésion
dont on veut limiter l’expansion car elle va comprimer une zone fragile)
Matériel :
-
celui d’un Seldinger classique
-
particules résorbables ou non
-
chimiothérapie associée
Exemple : localisation secondaire intramusculaire
d’une tumeur du rein (muscle fessier) ; on cathétérise et
on visualise une plaque vasculaire correspondant à la lésion
que l’on va emboliser (embolisation visualisée par la disparition
à l’image de la plaque vasculaire en question)
Exemple : tumeur rénale avec récidive
dans la loge de néphrectomie qui se caractérise par une masse
vasculaire. On va emboliser à partir d’un pédicule de cette
masse vasculaire et on constate une disparition partielle de cet amas de
vaisseau ; l’embolisation a été correctement réalisée
mais (et c’est le problème que pose ces tumeurs vasculaires ) il
y a reformation d’un amas pathologique à partir d’un autre pédicule
Complications :
-
celles de l’artériographie (hémorragie
au point de ponction, hématomes, dissection...)
-
douleur (déclenchée par la nécrose
: en effet, si l’intervention est efficace, on réalise une dévascularisation
entraînant une nécrose tissulaire qui si elle est importante
peut impliquer une insuffisance rénale par obstruction des tubes
proximaux par un largage protéique sanguin)
-
infection (risque non négligeable du fait que
l’on se trouve dans un tissu en train de se nécroser)
2/ VEINEUSE = DESOBSTRUCTION
Indications :
-
compression extrinsèque d’un gros tronc
-
sténose post-radique
Matériel :
-
celui d’un Seldinger
-
ballonnet pour dilatation
-
stent : mis en place après dilatation
Complications :
3/ HEPATIQUE
Pour ce type de lésions il existe différents
modes d’embolisation et de chimiothérapies : CHIMIO-LIPIODOL
, CHIMIO-EMBOLISATION-LIPIODOLEE (en général avec du Spongelâ
), LIPIODOL RADIOACTIF.
Indications :
-
hépatocarcinome
-
malade non chirurgical (en effet si une opération
est possible, elle doit être réalisée car cela reste
le meilleur moyen de parvenir à une guérison)
-
pas de chimiothérapie systémique efficace
(dans ce cas on peut avoir recours à l’embolisation avec le Spongel®
qui permet d’augmenter la durée de contact des drogues par diminution
du flux ; on peut également utilisé la radioactivité
; on préférera le premier si il n’y a pas de trouble de vascularisation
porte et le deuxième dans le cas contraire, l’embolisation étant
alors contre-indiquée)
Drogues :
-
Adriamycine 50 mg/m2
-
Cysplatine 1.5 à 2 mg/kg (en général
utilisé si il y a contre-indication au précédent produit)
-
association comme 5FU + Cysplatine dans le cadre de
protocole expérimentaux
Matériel :
-
Seldinger
-
Lipiodol
-
Spongel
Complication :
-
cholécystite ischémique (due à
l’obturation de l‘artère de la vésicule)
-
ischémie gastrique ou duodénale (lors
de " débordements " dans l’artère gastro-duodénale
qui naît du même pédicule que l’artère hépatique)
-
nécrose biliaire
-
infection (risque accru du fait de la nécrose
tissulaire engendrée par le traitement et qui nécessite une
antibiothérapie de couverture)
-
insuffisance rénale (rare car on réalise
en générale une bonne hydratation pour prévenir ce
type de problème)
-
douleur et fièvre (quasiment systématiques)
-
décompensation hépatique
Résultats :
-
50% de réponses morphologiques (diminution de
la tumeur mise en évidence au scanner)
-
75% de réponses biologiques
-
pas d’amélioration de la survie car la plupart
des malades décèdent de la cirrhose associée
-
amélioration du confort de survie
Un autre traitement rencontré en radiologie
interventionnelle thérapeutique (toujours dans le domaine hépatique)
est l’alcoolisation percutanée ; cette technique est également
utilisée pour traiter les hépatocarcinomes.
Dans ce cas on s ‘adresse aux hépatocarcinomes
de petite taille, chez les patients qui ne sont pas opérables ou
pas traitables par un autre moyen.
La technique est simple puisqu’il s’agit de procéder
comme pour une cytologie avec un guidage sous échographie. Par ailleurs
c’est un procédé peu coûteux car il ne nécessite
qu’une aiguille à P.L. et une dose d’alcool.
L’avantage par rapport à la chirurgie est
de pouvoir traiter des lésions disséminées, d’altérer
assez peu la fonction hépatique, d’être possible même
chez des malades fragiles (le problème des petits hépatocarcinomes
étant d’être associés à des cirrhoses et hépatites).
Les complications sont toujours un peu les mêmes
: douleurs et fièvres sont fréquentes ; on retrouve plus
rarement décompensation, hémorragie, ascite.
4/ BILIO-PANCREATIQUE
Indications :
-
traitement palliatif d’une sténose néoplasique
Techniques :
Techniques qui s’opposent ou se complètent.
Matériel :
-
aiguille de Chiba pour cholangiographie transhépatique
-
aiguille à ponction transpariétale
-
jeu de dilatateurs introducteurs
-
guides rigides
-
Stent ou prothèse plastique : choix qui fait
l’objet d’un débat d’experts
Complications :
-
bilome = amas de bile à l’endroit où
on pique ou dans le péritoine
-
hémobilie = sang dans la bile
-
péritonite biliaire = fuite de bile dans le
péritoine
-
infection biliaire
-
obstruction de prothèse (les partisans de la
prothèse plastique arguent du fait qu’elle est plus facile à
changer ; au contraire les partisans du stent trouvent que celui-ci s’obstrue
moins vite)
5/ GASTROSTOMIE ET GASTROJEJUNOSTOMIE
Indications :
-
nécessité d’une nutrition entérale
-
sténose digestive haute
-
réanimation longue (indication moins spécifique
de la cancérologie)
Le but étant d’éviter une nutrition parentérale
plus difficile à gérer.
Techniques :
-
chirurgicale : la plus ancienne, de moins en moins
utilisée, réservée aux cas difficiles et non accessibles
par les autres techniques (gastrectomies partielles...)
-
endoscopique (en particulier lors de réanimation
longue)
-
radiologique ( en particulier dans les sténoses)
Matériel :
-
sonde nasogastrique pour gonfler l’estomac
-
aiguille cathéter
-
système d’encrage pariétal
-
dilatateur, introducteur
-
sonde de gastrostomie
Complication :
-
plaie hépatique (qui peut être évitée
si on prend la précaution de faire une échographie et de
bien repérer le foie avant de faire la gastrostomie)
-
effraction colique (parfois difficile à éviter
chez certaines personnes dont le colon transverse passe devant l’estomac)
-
péritonite
-
hémorragie
6/ DRAINAGE DIVERS
Indications :
-
collection suppurée ou hématome compressif
(en général il s’agit de postopératoire)
-
échec de la ponction par guidage clinique (en
particulier dans les ponctions pleurales ou les ponctions d’ascites)
Matériel :
-
aiguille de ponction
-
dilatateur
-
drain
Complications :
-
drainage insuffisant (souvent lié au fait que
le drain choisi était trop petit)
-
fistule digestive
-
hémorragie
Exemple :
L’exemple choisi est celui d’une collection pelvienne
en postopératoire qui va être drainée par voie endovaginale.
L’intervention se fait après passage d’une sonde échographique
qui permet de repérer la lésion et de s’assurer qu’il n’y
a pas de structure digestive entre le fond du vagin et la collection. On
peut donc grâce à cette application de la radiologie interventionnelle
placer correctement (sous anesthésie locale) l’aiguille puis le
guide, dilater et mettre en place un drain à double courant (pour
éviter qu’il ne se bouche).
7/ URINAIRE
Indication :
-
obstacle à l’écoulement urinaire
Techniques :
-
néphrostomie percutanée : bonne technique
d’urgence pour soulager le rein, mais mauvaise indication en cancérologie
dans la mesure où l’on s’adresse à des patients dont l’espérance
de vie est relativement faible ; en effet, la néphrostomie percutanée
est assez gênante sur le plan social et assez difficile à
gérer à cause des risques d’obturation, d’infection...
-
endoprothèse urétérale " double
J " posée soit par voie haute soit par voie basse
Matériel :
-
aiguille à ponction et introducteur
-
dilatateurs
-
sonde à néphrostomie
-