ACOPHRA
Journée ACOPHRA du Jeudi 13 Février 1997 à Lyon
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE

Plan

 
Imagerie vasculaire: Evolution - Révolution Tranquille (pas toujours .....)
(Dr Mazoyer, Clinique St Jean - Lyon)

EXPOSE

HISTORIQUE (revue de l'évolution de l'imagerie vasculaire) :

En 1927 a eu lieu la première "artériographie" (encéphalographie artérielle). En 1929 , ce fut la première aortographie - Dos Santos.

Les techniques d'imagerie vasculaire se sont ensuite généralisées après guerre grâce aux innovations dans le domaine des produits de contraste. En effet, suite à l'utilisation de l'iodure de sodium ou du ThorotrastÒ (produit radioactif responsable de tumeurs), les produits mis sur le marché furent de moins en moins toxiques, jusqu'à l'apparition de dérivés hexaiodés et de produits non osmolaires.

En parallèle, les voies d'abord des vaisseaux étaient de moins en moins agressives.

L'innovation majeure a lieu en 1960 avec la mise au point par des médecins suédois du principe du cathétérisme: l'exploration de l'ensemble des vaisseaux , y compris du système porte devenait alors possible. Ce fut la porte ouverte à "l'interventionnel vasculaire" (Djindjan et Dotter).

Entre 1960 et 1975, c'est l'âge d'or de l'angiographie: excepté la radiologie classique, il n'existe pas d'autre technique d'exploration des parenchymes. L'échographie et le scanner n'en sont qu'à leurs balbutiements, que ce soit au niveau technique ou de leurs indications.

Au début des années 80, on assiste à une embellie technique: c'est l'apparition de l'angiographie numérisée qui créée l'illusion de la voie veineuse; on pense alors que toutes les explorations seront possible grâce à une injection intraveineuse. Cependant, cette méthode se révèle rapidement limitée à l'exploration des systèmes vasculaires courts du fait de ses complications toxiques et hémodynamiques. Dans ce domaine, on assiste aujourd'hui à un recentrage sur la voie artérielle justifié par:

Dans un même temps (1975 - 1980) se sont développées les techniques d'imagerie tissulaire (échographie, scanner puis IRM). L'angiographie n'a donc plus le monopole dans le domaine de l'imagerie, d'autant que de manière plus lente mais tout aussi certaine se sont développées des imageries directes des flux. Il s'agit en particulier de l'écho-doppler qui a constitué la première limite au débordement de l'angiographie par voie veineuse. Plus tardivement, ce furent l'angio-IRM et l'angio-scanner rendu possible par une nouvelle technologie du scanner, le scanner hélicoïdal. Ces technologies sont encore en progrès et les derniers domaines réservés de l'angiographie (membres inférieurs et cerveau) sont en train de céder.

LES DIFFERENTES TECHNIQUES D'IMAGERIE INTERVENTIONNELLE:
 
  Invasif Opérateur dépendant Patient dépendant Disponibilité
Angiographie
+++
+++
+
+++
Echo Doppler
0
+++
++
+++
Scanner hélicoïdal
+
+
+
+
IRM
+/-
+
++
+
Tableau 1: Comparaison des techniques d'imagerie interventionnelle

 
 
  Limites Risques
Angiographie Ignore la structure de la plaque Contraste local
ischémie
Echo Doppler Idem échographie Nul
Scanner hélicoïdal Apnée Contraste (Allergie, Complications hémodynamiques)
IRM Déglutition
(Claustrophobie, Pacemaker - Ignore la structure de la plaque - Sténose < 70%)
 
Tableau 1 bis: Comparaison des techniques d'imagerie interventionnelle

Il est très probable que l'angiographie restera intéressante pour des lésions très particulières:

Par contre, concernant l'exploration proximale de vaisseaux cérébraux d'assez gros calibres tels que des vaisseaux artériels de la base du crâne (recherche d'un anévrisme), l'avenir de l'angiographie est directement menacé.

LES EVOLUTIONS FUTURES DE L'IMAGERIE VASCULAIRE

Il faut savoir que la pathologie ischémique cérébrale, liée à ces lésions cervicales, est une cause de mortalité et de morbidité majeur en France mais que, contrairement à la pathologie coronarienne, elle n'est pas très codifiée dans ses modes de dépistage et d'investigation. Cependant, il est d'autant plus important de bien la préciser que le traitement des sténoses significatives asymptomatiques améliore la survie des patients et concourt à l'absence de survenue de complications cérébrales.

1/ EXPLORATION DES VAISSEAUX CEREBRAUX

Scanner hélicoïdal et angio-IRM:

Le scanner hélicoïdal permet, après injection de produit de contraste et à l'aide de 60 à 80 coupes de 1 mm d'épaisseur, de reconstruire une image en 3 dimensions (3-D) des artères cérébrales à la recherche d'un anévrisme, avec une résolution géométrique tout à fait remarquable. Il faut cependant garder à l'esprit que l'interprétation de ces images de reconstruction en 3-D doit reposer sur la totalité des données; en particulier sur l'examen des coupes axiales.

De la même manière, d'autres types de malformations telles que fistules artério-veineuses ou angiomes sont parfaitement imagées par le scanner ou l'angio-IRM (aspect de vide du à l'absence de signal liés aux vaisseaux à gros débits). Cependant, il manque encore le caractère sélectif de l'angiographie qui permet de savoir de quel vaisseau dépend la malformation; même si cette information n'est pas fondamentale puisque on peut traiter de ce genre de lésions, outre par l'embolisation sélective de leurs vaisseaux nourriciers, en les irradiant de façon stéréotaxique.

Aujourd'hui, lors de l'élaboration de bilans pré-opératoire ou de pré-embolisation, la question du choix entre la poursuite des artériographies et le passage à la réalisation de scanner ou d'angio-IRM est clairement posée.

Echo-doppler:

Un peu plus bas au niveau cervical apparaît clairement l'intérêt de l'écho-doppler qui est de jumeler deux types de techniques:

Cette méthode totalement atraumatique se diffuse actuellement de manière assez large dans de nombreux établissements.

Combinaison des différentes techniques:

L'écho-doppler étant considéré comme un mode de dépistage chez les patients à risque vasculaire, à antécédent d'accident ischémique transitoire sans déficit, quelle est ensuite la conduite à tenir?

Jusqu'à présent, l'artériographie était pratiquée (cathétérisation de l'ensemble des vaisseaux à destinée encéphalique par Seldinger). L'angio-IRM peut ici apporter une évolution majeure dans le diagnostic de certaine maladies comme la dissection d'une artère cérébrale par rapport à l'angiographie, technique beaucoup plus invasive.

2/ EXPLORATION DES VAISSEAUX DU COU

En ce qui concerne les vaisseaux du cou accessibles à l'écho-doppler (ex: carotide), le scanner propose actuellement la meilleure alternative: sa résolution spatiale est meilleure que celle de l'angio-IRM et surtout, il permet de caractériser la paroi artérielle.

3/ EXPLORATION VASCULAIRE THORACIQUE

Il s'agit en particulier de l'exploration:

4/ PATHOLOGIES ABDOMINALES

Dans le cas d'un anévrisme de l'aorte, le gros avantage du scanner hélicoïdal par rapport à l'angiographie est l'obtention d'une image (outre de la lumière artérielle, de la paroi artérielle et du thrombus pariétal) de l'environnement péritonéal de l'artère: le médecin peut ainsi apprécier le caractère hémorragique de l'anévrisme. On peut également effectuer des reconstructions 3-D de type MIP, en ne conservant sur les reconstructions obtenues que les éléments supérieurs à une certaine intensité de signal. Ces images permettent d'observer la position de l'anévrisme par rapport aux autres vaisseaux environnants: informations fondamentales puisqu'on s'oriente actuellement vers des traitements endovasculaires de ce type d'anévrisme.

5/ EXPLORATION DES MEMBRES INFERIEURS

Le scanner ne présente pas d'intérêt dans l'exploration des membres inférieurs mais l'angio-IRM, actuellement encore indisponible dans ce domaine devrait selon toute vraisemblance s'imposer dans les années à venir.

6/ COMMENT SE PREPARER A L'AVENIR?

Au terme de cette revue de l'évolution de l'imagerie vasculaire, il apparaît que dans cinq à dix ans, il n'existera aura sans doute plus d'imagerie diagnostique, ce qui entraînera un véritable bouleversement:

A ceci, il faut opposer la pesanteur des structures et un certain statisme du mode de régulation administrative. Il est donc clair que la carte sanitaire et le régime d'autorisation actuels ne sont pas adaptés à cette évolution; d'autant que l'imagerie interventionnelle devient un enjeu majeur, non seulement pour les radiologues mais aussi pour d'autres spécialités. C'est le cas de la cardiologie, de la chirurgie vasculaire, de la neurochirurgie, de la pathologie digestive...

 

L'évolution actuelle de l'imagerie vasculaire se définit donc en terme de:

QUELLE EST LA SITUATION ACTUELLE EN MATIERE DE RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE VASCULAIRE ?

1/ AU NIVEAU DES VAISSEAUX DE LA TETE ET DU COU:

2/ AU NIVEAU DU THORAX: 3/ AU NIVEAU DE L'ABDOMEN: 4/ AU NIVEAU DES MEMBRES INFERIEURS:
 
CORONAROPATHIES ATHEROMATEUSES: diagnostic et traitement
(Dr Ritz, Centre Hospitalier St Joseph - St Luc / Lyon)

BASES PHYSIOLOGIQUES:

La fonction essentielle du cœur est d'assurer la propulsion du sang pour alimenter l'ensemble des organes; le cœur est donc à juste titre souvent comparé à une pompe.

 

  1. LA POMPE CARDIAQUE
Le moteur de la pompe cardiaque est un muscle très puissant fonctionnant sans relâche: le myocarde qui alterne contractions et relâchements. Ce muscle présente deux caractéristiques particulières: Pour assurer ses fonctions, ce muscle doit bénéficier d'une énergie sans défaut: l'essentiel du métabolisme myocardique est donc orienté vers la production d'énergie. Le myocarde est capable de métaboliser des substrats riches comme le glucose ou les acides gras non estérifiés mais il peut aussi diversifier sa consommation. Pour utiliser ces substrats, il a besoin d'oxygène apporté par une circulation nourricière.

 

  1. LA CIRCULATION NOURRICIERE
  1. LA CIRCULATION CORONAIRE
Les artères coronaires sont au nombre de deux: coronaire droite et coronaire gauche. Ce sont les premières collatérales qui naissent de l'aorte et la coronaire gauche se divise très précocement en deux branches: on parle donc habituellement de trois troncs.

C'est une circulation terminale, c'est à dire que les branches n'ont pas d'anastomose dans les conditions physiologiques et chaque artère dessert un territoire donné.

Ce réseau artériel circule pour l'essentiel dans la région épicardique, et porte des ramifications intramyocardiques. Le drainage est assuré par un réseau veineux qui suit environ la même topographie que le réseau artériel. Ce drainage est collecté dans le sinus coronaire qui se jette à la base de la veine cave inférieure dans l'oreillette droite, rejoignant ainsi l'ensemble du sang veineux désaturé.

Le cœur est en fait composé de deux pompes juxtaposées à caractéristiques différentes: le ventricule gauche (VG) est un muscle épais, très puissant alors que le ventricule droit (VD) a une paroi de faible épaisseur. En effet, si ces deux ventricules assurent un débit identique, ils le font sous des régimes de pression totalement différents. Les pressions dans le VG sont environs cinq fois supérieures à celle du VD. En se contractant, le VG écrase les petites artères qui l'irriguent de telle sorte que la circulation du réseau gauche a lieu essentiellement en diastole.

Dans le VD où les pressions sont beaucoup plus faibles, la circulation s'effectue aussi bien en systole qu'en diastole.

Il n'existe pas de réserve énergétique et les besoins énergétiques importants ne peuvent être assurés que par une augmentation du débit. En effet, le cœur, contrairement à d'autres organes puise dans le sang le maximum d'oxygène disponible. La consommation en oxygène du myocarde est régulée par les paramètres suivants: L'ensemble de ces caractéristiques géométriques et hémodynamiques est repris par la loi de Laplace.

CORONAROPATHIES ATHEROMATEUSES: DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT

S'il existe une disparité entre l'oxygène disponible et l'oxygène dont le myocarde a besoin, il se produit un déséquilibre qui provoquera une situation d'ischémie.

  1. MECANISMES DE L'ISCHEMIE
  1. CONSEQUENCES DE L'ISCHEMIE
Si il existe une disparité entre la demande et l'offre en oxygène, le métabolisme ne pourra pas s'effectuer correctement: on aboutira à un fonctionnement en anaérobiose locale ou générale.
  1. DIAGNOSTIC DE L'ISCHEMIE
  1. PRINCIPES THERAPEUTIQUES
Il s'agit bien entendu de rétablir l'équilibre qui n'existe plus, ce qui signifie supprimer le facteur de déséquilibre lorsqu'on est capable de l'identifier. Dans un deuxième temps, on cherchera à modifier les conditions de l'équilibre. Le choix entre chirurgie et angioplasie endoluminale est posé en fonction de l'aspect des lésions. En pratique, il est précisé grâce à la coronarographie qui permettra, à la suite d'injection de produit de contraste dans la lumière d'apprécier l'état du réseau coronarien. Cette méthode est limitée par le fait que seule la partie endoluminale est visible: on ne voit pas la paroi. La seule méthode permettant en pratique de visualiser la paroi est l'échographie endocoronaire qui exige le même abord, se limite à l'exploration du premier segment et reste d'interprétation assez difficile.
  1. PATHOGENIE DES CORONAROPATHIES STENOSANTES
  1. ETIOLOGIES ESSENTIELLES DES CORONAROPATHIES STENOSANTES
En pratique clinique, les principales étiologies des coronaropathies sténosantes sont l'athérome et le spasme.
  1. LA CORONAROGRAPHIE SELECTIVE
Il est donc nécessaire de pouvoir disposer de plusieurs types de cathéters ainsi que de plusieurs tailles.
  1. EVALUATION DE LA STENOSE
 
Sténose
Type A
Type B
Type C
Longueur
courte
tubulaire
diffuse
Accès
facile
médiocre
difficile
Aspect
centré
excentré
occlus
Calcaire
mineur
modéré
étendu
Thrombus
absent
présent
saphène
Bifurcation
à négliger
à protéger
inaccessible
 
  1. VENTRICULOGRAPHIE GAUCHE
L'examen se termine par une ventriculographie de façon à évaluer la qualité du ventricule gauche.
  1. COMPLICATIONS DE LA CORONAROGRAPHIE
(série colligée de Davis et coll. 1979 - 7500 cas) Très variable selon contexte de la procédure
  1. L'ANGIOPLASTIE CORONAIRE TRANSLUMINALE
En fait, grâce aux progrès des matériels et notamment à l'apparition des endoprothèses, ces résultats sont largement supérieurs puisque les taux de succès sont égaux ou supérieurs à 92% pour les résultats initiaux.
Cependant, il existe un phénomène non négligeable de resténose dans les mois suivant l'intervention: le pourcentage de resténose est de 1/3 environ.
  1. LA POSE D'ENDOPROTHESE CORONAIRE
 
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE EN PEDIATRIE
(Dr. Pracros et Dr. Guibaud, Hôpital Debrousse Lyon)

PREAMBULE (Dr. Pracros)

La caractéristique principale de la radiologie pédiatrique est d’être spécialiste dans beaucoup de domaines. On est en effet amené à voir des pathologies malformatives, acquises, certaines qui sont spécifiques parfois à l’âge pédiatrique, d’autres qui ne le sont pas. Il faut donc intervenir au titre du diagnostic et du traitement dans des domaines extrêmement variés. Le radiologue qui s’occupe d’enfants va par conséquent avoir sa place dans des situations qui vont toucher l’ostéoarticulaire, le digestif, la neurologie...etc...

Une autre grande caractéristique de la radiologie pédiatrique est d’être une radiologie " clinique ".Chaque fois qu’on se trouve face à un problème diagnostique ou thérapeutique il faut être conscient que l’on est face à un patient et on va par conséquent essayer de voir quelles sont les méthodes les plus simples, les plus rapides, les moins agressives, les moins irradiantes... il s’agit là d’une préoccupation permanente.

L’avenir de la radiologie ou de l’imagerie (notamment avec la future création sur Lyon d’un Hôpital Mère-Enfant) ne sera pas de défendre cette discipline contre une autre discipline mais plutôt de faire face à un enjeu de pluridisciplinarité. Le service d’imagerie sera au centre des structures futures (cliniques ou hôpitaux) et sera en connexion avec les différents services pour collaborer dans un but à la fois diagnostique et thérapeutique.

Il n’est plus question à l’avenir de voir le radiologue (et en particulier le radio-pédiatre) comme un prestataire de service (même si son acte est très spécifique) mais plutôt comme le membre d’une équipe de référents dans laquelle on trouve des radiologues mais aussi d’autres spécialistes qui vont parvenir au diagnostic et au traitement par les méthodes les plus simples, les moins agressives...etc...

Rappel historique : le premier acte de radiologie (d’imagerie) interventionnelle a concerné l’invagination intestinale aiguë. Dès l’apparition des rayons X au débuts du siècle on les a utilisés conjointement au lavement pour diagnostiquer les invaginations intestinales. La technique ayant évolué depuis on n’utilise plus le lavement et la radio dans ce cas mais l’échographie. Le radiologue dans ce cas va participer complètement à l’élaboration du diagnostic et du traitement et dans plus de 90% des cas il va lui-même traiter le problème.

Il s’agit donc d’un exemple remarquable d’intégration de la radiologie interventionnelle dans le domaine du diagnostic et du traitement... exemple dont il faut s’inspirer pour intégrer de plus en plus cette discipline, chaque fois que c’est possible.

EXPOSE (Dr. Guibaud)

DEFINITION DE LA RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE (R.I):

La R.I. regroupe l’ensemble des actes médicaux invasifs, à visée diagnostique ou thérapeutique, réalisés sous guidage radiologique, échographique ou I.R.M..

LA R.I. EN PEDIATRIE :

Au cours de l’exposé seront vus :

SPECIFICITES PEDIATRIQUES DE LA R.I.

- Procédure réalisée sous anesthésie générale : dès que l’on intervient de manière invasive (ex. : abords vasculaires), on ne peut pas demander à l’enfant sa coopération... On interviendra donc sous anesthésie générale et en présence d’un anesthésiste pour surveiller les paramètres de l’enfant sachant que ce dernier peut se refroidir plus rapidement, faire des chutes de tension plus rapidement, que son volume sanguin plus faible implique des contraintes de surveillance très rigoureuses lors de l’injection par exemple de produits de contraste. L’anesthésiste participera, au même titre que le radiologue, au suivi du patient après l’intervention.

- Matériel adapté à l’anatomie de l’enfant : faire un abord vasculaire (pour une artériographie par exemple) chez un petit enfant pose des problèmes au niveau de l’artère fémorale qui a une tendance plus grande au spasme ; disséquer cette artère chez l’enfant peut mettre en jeu la vascularisation artérielle du membre . Il faut donc adapter son geste et utiliser un introducteur dans lequel on fait passer la sonde (car le fait de passer un sonde dans un artère et de la déplacer peut entraîner des lésions de la paroi artérielle plus fragile à cet âge) ; ces introducteurs sont adaptés à l’âge de l’enfant (on utilise des 5 F chez l’adulte, on utilise des 4 F chez l’enfant de moins de cinq ans, sachant par ailleurs qu’on évitera ce type d’intervention chez l’enfant de moins de deux ans pour qui on préférera un Angio-IRM).

- Centres spécialisés :

Il faut des plateaux techniques adaptés à la pédiatrie, que ce soit la radiologie, les structures de réanimation, ou encore la chirurgie, il faut que tout soit là pour que l’enfant puisse recevoir le geste, quel qu'il soit, dans les conditions optimales de sécurité.

Il faut aussi les spécialistes concernés qui auront de plus en plus tendance à se réunir pour prendre des décisions en commun : décisions multidisciplinaires prises dans des groupes multidisciplinaires (il en existe notamment un à l’hôpital Debrousse qui travaille sur les malformations vasculaires).

- Pathologies et indications spécifiques : certaines pathologies de l’adulte ne se retrouvent pas chez l’enfant, d’autres coexistent chez l’adulte et l’enfant mais ne se traitent pas de la même manière, d’autres enfin sont propres à l’enfant....

INDICATIONS GENERALES :

R.I. NON VASCULAIRE :

- Biopsies (très souvent à visée diagnostique : prélèvement d’un fragment de tissu pour le faire analyser), cytologie (idem avec prélèvement de quelques cellules).

- Drainage (on peut poser une sonde pour drainer une collection, un abcès... Cela peut par exemple être intéressant pour drainer un abcès opératoire à l’aide d’un sonde sans rouvrir et refaire une anesthésie longue).

- Indications urologiques : néphrostomies, sténoses inflammatoires, sténose sur greffes de reins (au niveau de l’anastomose des voies urinaires).

- Indications biliaires : drain biliaire, dilatation de sténoses tumorales ou post-greffe.

- Indications ostéoarticulaires : traitement de kystes osseux (en y injectant des produits qui vont avoir pour but de scléroser le kyste, de stimuler l’ostéoblastose, et de combler le kyste en dehors d’une intervention chirurgicale), traitement sous scanner d’ostéomes ostéoïdes (petites tumeurs).

R.I. VASCULAIRE :

- Embolisation : introduction à l’intérieur des vaisseaux de substance traitante, sclérosante ou obturante. On peut réaliser cette opération selon la méthode de Seldinger (piquer l’artère fémorale, placer un introducteur, introduire une sonde que l’on déplace dans les différents axes vasculaires en suivant sa progression sur un écran de contrôle pour placer les substances d’embolisation à l’endroit souhaité) ou selon la méthode percutanée (piquer directement sur le site) qui est de plus en plus pratiquée chez l’enfant.

L’embolisation est utilisée pour traiter des malformations vasculaires, pour traiter des tumeurs vasculaires ou préparer à leur niveau le terrain pour le chirurgien, pour traiter des hémorragies (epistaxis, hémoptysie, traumatisme), pour une préparation pré-chirurgicale, pour traiter des varicocèles.

- Dilatation : intervention au niveau d’artère rétrécie en particulier dans des cas d’HTA de l’enfant ou d’anastomose du greffé.

- Dosages étagés : prélèvement de sang exactement au niveau souhaité ce qui permet de faciliter l’exploration d’une hypertension d’origine rénale (dosage étagé de la rénine permettant d’identifier le rein responsable), d’identifier un adénome parathyroïdien (dosage étagé de la PTH), de trouver une tumeur pancréatique, tumeurs qui sont parfois très petites (ex : dosage de l’insuline pour trouver un insulinome et permettre un intervention très localisée n’entraînant pas de lésions trop importantes au niveau du pancréas).

(Ici 2 séries de diapositives ont illustré ces propos : exemple de l’HTA de l’enfant causée par une sténose de l’artère rénale et traitée en R.I. par dilatation ; exemple d’un pseudoanévrisme iatrogène, consécutif à une biopsie réalisée au pôle inférieur du rein, et entraînant une hématurie récidivante pouvant se compliquer ,... problème résolu par oblitération entraînant un infarctus au niveau de l’anévrisme).

R.I. PERCUTANEE :

- Notion de cible : on sait exactement où on veut aller, tumeur, malformation, kyste, collection... cette cible a été précisée par un repérage radiologique, échographique, scanner ou tout simplement par examen clinique si la cible se trouve juste sous la peau.

- Abord direct : on pique dans la lésion.

- Conditions d’asepsie strictes (champ, matériel, guidage, table,...).

- Premier temps de la procédure : ponction.

- puis prélèvement, opacification, montage d’un guide, dilatation, ou encore embolisation.

Exemples

  1. Embolisation ou sclérothérapie d’une malformation vasculaire superficielle : angiome.
  1. Embolisation des kystes osseux anévrismaux.
Remarque : résultats sur 15 embolisations (1996)

- 80% : reconstructions complètes
- 20% : reconstructions partielles dont 3/5 sont devenues complètes

AGENTS D’EMBOLISATION CHIMIQUES :

Ces produits intéressent au premier chef les pharmaciens dans la mesure où ils vont être confrontés dans leur exercice à une demande de la part des radiologues. L’intérêt qu’il faut y porter est d’autant plus grand que les produits utilisés sont nombreux et, surtout, ont des coûts très différents.

EMBOLS FLUIDES OU SEMI-FLUIDES

AGENTS PARTICULAIRES
  1. HISTOACRYL® bleu (laboratoires Bruneau)

  2. NB : USAGE ENDOVASCULAIRE NON PREVU PAR LE FABRICANT
    Ce produit est en effet prévu pour être utilisé comme colle au niveau des lésions cutanées. Son utilisation comme embol a toutefois fait l’objet de publications qui prouvent son efficacité.
A retenir :
  1. ETHANOL
  1. AETOXISCLEROL® 3%
  1. ETHIBLOC® (laboratoire Ethnor)

  2. Produit pour lequel il a longtemps été nécessaire de faire des demandes d’A.T.U. , mais qui depuis 1996 est passé " dispositif médico-chirurgical ".
A retenir :
  1. IVALON® (laboratoires Nycomed)
  1. SPONGEL®
AGENTS D’EMBOLISATION MECANIQUES :

SPIRES METALLIQUES OU COILS :

Il s’agit de petits dispositifs métalliques en spirales, placés dans des présentoirs qui les maintiennent bien droits et linéaires. Lors de leur utilisation, à l’aide de " pousseurs " on les fait délicatement glisser dans la sonde à partir de leurs présentoirs (pour les maintenir linéaires). On les faits suivre la sonde jusqu'au site que l’on souhaite emboliser et là il se déploie reprenant leur véritable forme.

On a alors dans un premier temps une occlusion mécanique puis un effet thrombogène grâce aux substances dont ils sont recouverts. Ce coil qui est choisi en fonction de sa taille va entraîner le même résultat qu’une ligature vasculaire : l’occlusion est définitive.

Pour être efficace il faut obturer de manière précise et on peut par conséquent faire appel à des produits de haute technologie (et par conséquent chers ! !) tels que les micro-coils.

BALLONNETS LARGABLES

Ce sont des dispositifs en latex ou en silicone. Les indications sont certaines fistules intracérébrales ou les anévrismes intracrâniens.

 

CONCLUSION

Il faut surtout retenir de cet exposé l’importance que prend la Radiologie Interventionnelle en pédiatrie, en particulier au niveau des malformations artério-veineuses, ou encore au niveau des kystes osseux anévrismaux (qui sont des sortes de malformations vasculaires intra-osseuses ).

Il faut également bien comprendre que toutes les décisions sont prises au sein de groupes multidisciplinaires qui comprennent

 
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE EN CANCEROLOGIE
(Dr. Kaemmerlen, Centre Léon Bérard Lyon)

 

PREAMBULE

L’objectif de cette présentation est de donner une idée aux pharmaciens des hôpitaux sur l’utilisation des matériels (parfois chers) qui leur sont demandés par les radiologues intervenant en cancérologie. On verra donc les différents gestes de radiologie interventionnelle soit diagnostique soit thérapeutique.

 

EXPOSE

RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE DIAGNOSTIQUE

1/ CYTOLOGIE (geste le plus simple)

Indications :

Matériel : 2/ BIOPSIE

Indications :

Matériel : 3/ TECHNIQUE DE GUIDAGE (pour cytologie et biopsie) 4/ COMPLICATIONS RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE THERAPEUTHIQUE

1/ ARTERIELLE = EMBOLISATION

Indications :

Matériel : Exemple : localisation secondaire intramusculaire d’une tumeur du rein (muscle fessier) ; on cathétérise et on visualise une plaque vasculaire correspondant à la lésion que l’on va emboliser (embolisation visualisée par la disparition à l’image de la plaque vasculaire en question)

Exemple : tumeur rénale avec récidive dans la loge de néphrectomie qui se caractérise par une masse vasculaire. On va emboliser à partir d’un pédicule de cette masse vasculaire et on constate une disparition partielle de cet amas de vaisseau ; l’embolisation a été correctement réalisée mais (et c’est le problème que pose ces tumeurs vasculaires ) il y a reformation d’un amas pathologique à partir d’un autre pédicule

Complications :

2/ VEINEUSE = DESOBSTRUCTION

Indications :

Matériel : Complications : 3/ HEPATIQUE

Pour ce type de lésions il existe différents modes d’embolisation et de chimiothérapies : CHIMIO-LIPIODOL , CHIMIO-EMBOLISATION-LIPIODOLEE (en général avec du Spongelâ ), LIPIODOL RADIOACTIF.

Indications :

Drogues : Matériel : Complication : Résultats : Un autre traitement rencontré en radiologie interventionnelle thérapeutique (toujours dans le domaine hépatique) est l’alcoolisation percutanée ; cette technique est également utilisée pour traiter les hépatocarcinomes.

Dans ce cas on s ‘adresse aux hépatocarcinomes de petite taille, chez les patients qui ne sont pas opérables ou pas traitables par un autre moyen.

La technique est simple puisqu’il s’agit de procéder comme pour une cytologie avec un guidage sous échographie. Par ailleurs c’est un procédé peu coûteux car il ne nécessite qu’une aiguille à P.L. et une dose d’alcool.

L’avantage par rapport à la chirurgie est de pouvoir traiter des lésions disséminées, d’altérer assez peu la fonction hépatique, d’être possible même chez des malades fragiles (le problème des petits hépatocarcinomes étant d’être associés à des cirrhoses et hépatites).

Les complications sont toujours un peu les mêmes : douleurs et fièvres sont fréquentes ; on retrouve plus rarement décompensation, hémorragie, ascite.

4/ BILIO-PANCREATIQUE

Indications :

Techniques : Techniques qui s’opposent ou se complètent.

Matériel :

Complications : 5/ GASTROSTOMIE ET GASTROJEJUNOSTOMIE

Indications :

Le but étant d’éviter une nutrition parentérale plus difficile à gérer.

Techniques :

Matériel : Complication : 6/ DRAINAGE DIVERS

Indications :

Matériel : Complications : Exemple :

L’exemple choisi est celui d’une collection pelvienne en postopératoire qui va être drainée par voie endovaginale. L’intervention se fait après passage d’une sonde échographique qui permet de repérer la lésion et de s’assurer qu’il n’y a pas de structure digestive entre le fond du vagin et la collection. On peut donc grâce à cette application de la radiologie interventionnelle placer correctement (sous anesthésie locale) l’aiguille puis le guide, dilater et mettre en place un drain à double courant (pour éviter qu’il ne se bouche).

7/ URINAIRE

Indication :

Techniques : Matériel :