Toutes les manifestations de ladolescence, ne sont pas forcément des manifestations dépressives, à ce titre, il faudra différencier " la crise dadolescence " et le syndrome dépressif.
Il est donc utile de connaître et de comprendre le déroulement " normal " de ladolescence. De plus cette adolescence en 2000, nest pas comparable à celle de 20 ou 30 ans auparavant.
Les parents vont donc se formaliser sur des troubles qui ne le méritent peut être pas, car seulement 20% des patients qui consultent nécessiteront une prise en charge réelle.
Cette évolution va donc passer par un processus de séparation/ individualisation qui va entraîner une succession de crises :
La naissance
2ème année de vie : Découverte de la motricité, du langage, des sphincters, puis il devient " insupportable " et " commence à dire non à tout " ! Il effectue un double mouvement déloignement et de rapprochement à la fois.
De 2 à 6 ans : Sexualité infantile, apparition de ldipe, lenfant et amoureux du parent de son sexe, et veut " tuer " lautre.
De 6 ans à la puberté : il doit sortir de cet dipe et de son désir incestueux, il va alors vouloir ressembler au parent du même sexe = processus didentification, cest une phase de latence ou le désir sexuel incestueux est refoulé. Lénergie quil utilisait pour être amoureux lui sert à présent à grandir.
Ladolescence : cest dabord un processus physiologique (= puberté) qui va déclencher un processus psychologique, ladolescence. On assiste alors à une réactivation de la sexualité infantile : agressivité pour le parent du même sexe, menace incestueuse, culpabilité.
Ladolescent va alors entrer dans une période de deuil, il renonce à son corps denfant, à ses illusions ; il va devoir faire le deuil de ses relations parentales : le monde de lenfance est terminé.
Son comportement sexplique car il doit porter son deuil, ce qui lui permet de ne pas oublier lenfance (inactivité en général). Cette période de deuil fait partie du processus normal de ladolescence.
Le dernier processus correspond à la construction de lidentité, avec une période obligatoire de désengagement par rapport à ses parents, et un conflit entre sa propre identité quil doit construire et lidentification quil a eue jusquà présent.
Un enfant qui a grandi dans une pléthore affective devra faire voler en éclat beaucoup de choses, et ne sen sortira que par des manifestations qui pourront être parfois assez violentes.
Ladolescent ressent alors un grand sentiment dinutilité, il commence à avoir beaucoup de pouvoir, mais ne peut lexploiter, il na pas la liberté totale.
Lambivalence : Ils ne savent pas ce quils veulent. Il va falloir choisir, et choisir cest un renoncement ; un renoncement cest un deuil
Les troubles de lhumeur : ladolescent nest jamais complètement gai :
-une asthénie physique et psychique : cest lapragmatisme, cest à dire lincapacité à entreprendre ou à faire les choses. Cet apragmatisme le protège en fait. Pour éviter de manifester son agressivité, il ne fait rien.
-Lirritabilité, signe de son mal-être et non réprobation.
Le repli narcissique : Période ou ladolescent essaye de shabituer à son corps qui évolue. Il tente de reprendre le contact et le contrôle de son corps. Son seul moyen daction est sur ces phanères, il est donc utile de le laisser changer de look
La régression : Ladolescence est une période de refus de la sexualité et de régression orale : manger, fumer, grignoter etc
Hyperactivité : cette hyperactivité va permettre à ladolescent de ne pas ou plus penser.
Identification au groupe : " On fait comme les copains " tenue, langage, etc
La dépression apparaît chez ladolescent qui na pas pu mettre en place de stratégies adaptatives. On retrouve différents facteurs communs chez ces sujets :
Vulnérabilité neurobiologique (parenté)
Perturbation précoce des liens mère-enfant
La période la plus à risque se situe entre 6 mois et un an, et entraîne une fragilisation dans le développement.
Sil y a eu une discontinuité, lenfant est alors fragilisé, avec un manque destime de soi, une anxiété de séparation et un sentiment de culpabilité.
Facteurs environnementaux :
Echecs scolaires
Pertes
Changement de cadre
Sexualité compliquée
Problèmes familiaux
Aspects sociologiques :
La période de ladolescence est plus longue maintenant : on reste adolescent tant que lon n'est pas autonome ; les étudiants sont encore des adolescents par exemple (12- 25 ans).
Les adolescents sont une classe de la population très courtisée, parce quils entraînent un processus de consommation importante via leurs parents.
Ils ont maintenant accès à tout, mais ils nont pas la certitude de pouvoir garder ce qu ils vont avoir. Avant avant, les adolescents avaient " moins " mais ce quils avaient représentait des valeurs sures.
Il ne reste alors à leurs yeux que leurs parents quils sont garantis davoir tout le temps.
Beaucoup dadolescents reculent devant ce passage obligé à cause de :
La recomposition importante des familles
Les problèmes de sexualité
Les habitudes toxiques (consommation de Cannabis)
Le chômage
La violence urbaine
Il se développe beaucoup de paradoxe, ou les adultes actuellement " miment " les adolescents, essaient de paraître plus jeune (tenue, langage ), on arrive à un comportement adulte " adolescentrique ".
LA DEPRESSION
Certains adolescents ont du mal à sadapter à tous ces changements et ces facteurs de vie différents. Des signes importants vont apparaître et marque le début de la pathologie dépressive :
Troubles de lhumeur
Ennui et irritabilité avec tout le monde et pas seulement les parents
troubles du comportement
inhibition
désinvestissement des loisirs +++, ils narrivent pas à trouver quelque chose pour sapaiser
Impulsivité
Agressivité
Le dialogue est alors impossible et ladolescent pleure souvent
Troubles somatiques
céphalées
troubles du sommeil
anorexie
boulimie
Troubles anxieux
phobies sociales
attaque de panique
obsessions et rituels (TOC= Troubles obsessionnels compulsifs)
Troubles idéatoires
Il va falloir mettre en évidence que ladolescent ne va pas bien alors que la plupart du temps il affirme que " tout va bien "
On va pouvoir rechercher la Triade de Beck correspondant à une dévalorisation qui se met en place :
Que veux tu faire ? : " Rien, je ne suis bon à rien " !
Tu regardes un peu les informations à la télévision ? : " Non cest nul "!
Tu sais ce que tu veux faire plus tard ? : " Non !
Cest " simple ", pour lui, tout est nul : LUI, le MONDE, et lAVENIR.
La fermeté bienveillante : " Je ne suis pas daccord, ., mais je voudrais que tu me dises pourquoi, tu fais ou tu es comme ça ? "
Evaluation du risque suicidaire : il ne faut pas hésiter à poser la question à ladolescent
Thérapie spécifique : avec une prise en charge et des rendez-vous réguliers.
Psychotropes :
On se retrouve confronté au problème des antidépresseurs nayant pas dAMM, pour les enfants de moins de 15 ans.
On préférera les antidépresseurs sérotoninergiques : Prozac®, Vivalan®, Deroxat®, Stablon®, Athymil®, Floxyfral® et on évitera de donner en première intention les antidépresseurs tricycliques.
Souvent le traitement pourra être de plus courte durée que chez ladulte (en moyenne 6 mois), parfois inférieur à un mois, car leffet placebo est très important chez ladolescent.
Actuellement ladolescence semble être compliquée. Les adolescents ne vont, cependant pas si mal Ils doivent trouver des solutions eux même et mettre en place leurs propres " thérapies adaptatives ".
" Il ny pas dadolescents équilibrés, il ny a que des équilibristes "