Le Mystère du placebo
Dr P. LEMOINE. Centre Hospitalier Spécialisé du Vinatier. Bron

 

1/3 des thérapeutiques médicales sont liées à cet effet placebo.

Il est important de dissocier deux types de placebo :

La croyance a un effet important dans l’effet placebo.

L’effet placebo est un traitement à valeur ajoutée, c’est l’écart entre l’effet pharmacologique prévisible et celui escompté.

Effet nocebo est l’effet négatif, puisqu’il vient du latin " nocere ", nuire alors que l’effet placebo est l’effet positif.

Placebo signifie " Je plairai (à Dieu) ", à l’origine. Au fil du temps, sa signification a évolué, le placebo, pour les courtisans signifiait " Plaire au Roi ", puis il est devenu " Plaire à tous " donc a pris un sens péjoratif.

Un pharmacien ou un médecin a la capacité d’induire un effet placebo : il s’agit de l’effet placebo inducteur, selon la façon dont le praticien présente cette molécule au patient.

La croyance dans cet effet est importante. Elle varie en fonction des médecins ( on croira plus un neurologue qu’un dermatologue).

Exemple du Docteur Wolf : son patient ne répondait pas à un traitement anti-asthmatique. Ayant entendu parlé de " nouveau produit, nouvelle molécule " dans ce domaine, il lui prescrivit ce produit et le patient ne fit plus de crise d’asthme.

Il réalisa un test avec une molécule Placebo, et son patient rechuta. Il alterna 5 fois ces périodes et obtint le même résultat.

Les résultats finaux ont en fait montré que ce patient était sous placebo depuis le début. D’où l’importance de la croyance. La croyance et la confiance sont influençables par l’information reçue par le médecin et celle donnée au patient.

Le pharmacien se retrouve face à un dilemme car il va devoir dispenser un médicament auquel il ne croit pas, alors que sa croyance peut entraîner l’efficacité ou non de la thérapie.

La mise en scène faite par le médecin est importante :

Le patient qui arrive avec son mal se retrouve dans une position de " soumission " : il est allongé, parfois déshabillé.

Le médecin percute, tapote…Il a des droits que tous le monde n’a pas…

Puis il rédige son " parchemin sacré ", l’ordonnance, que seul son acolyte, le pharmacien pourra déchiffrer, sans avoir le droit de la modifier.

Il va prescrire un ou des médicaments dont le nom peut déjà influé sur le résultat du traitement :

Exemple : VIAGRA®= vigueur Niagara (le Niagara est le Venise Américain), SURMONTIL®, qui surmonte tout…

Le médicament cherche à renforcer l’activité du médecin selon un processus : le médicament sera magnétisé et sera plus fort.

L’attention, l’enthousiasme, la compassion, le temps passé à l’écoute …et les honoraires…peuvent considérablement modifier les médicaments actifs, même dans certaines maladies organiques comme le cancer.

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