Infection à VIH : actualités thérapeutiques.

Rapport " Delfraissy " 2000

Dr D. BOUHOUR. CHG Bourg en Bresse

Les années 1994-96 représentent un tournant radical dans la prise en charge des patients atteints du VIH tant au niveau des progrès techniques de laboratoire que de la connaissance de marqueurs pronostiques prédictifs de l'évolution vers le SIDA et la mort :

1. traitement initial : quand débuter un traitement ARV ?

pas de recommandation définie

ce qui a changé

ü l'efficacité des multithérapies transforme l'évolution de l'infection par le VIH en maladie chronique

ü prise en compte des effets secondaires, plus fréquents que prévus et mal supportés

è adaptation des stratégies thérapeutiques pour tenir compte de la vie quotidienne des patients

objectifs du traitement

suppression maximale et la plus prolongée possible de la réplication du VIH pour éviter le développement de résistance

la 1° ligne de traitement conditionne les suivantes : nécessité d'anticiper sur les stratégies thérapeutiques ultérieures

un traitement est initié

ü chez les patients symptomatiques

ü chez les patients asymptomatiques :

2. quel traitement proposer ?

IN inhibiteur nucléosidique de la reverse transcriptase

INN inhibiteur non nucléosidique de la reverse transcriptase

RT reverse transcriptase

IP inhibiteur de protéase

Traitement initial choix préférentiels

ü Association 2 IN + IP

AZT + ddI   indinavir
Ou AZT + 3TC   ou nelfinavir
Ou d4T + ddI + ou saquinavir-hcg/ritonavir
Ou d4T + 3TC   ou ritonavir

ü Association de 2 IN + INN

 

AZT + ddI    
Ou AZT + 3TC   éfavirenz
Ou d4T + ddI + ou névirapine
Ou d4T + 3TC    

ü Association de 3 IN

AZT + 3TC + abacavir

Traitement initial alternative (expérience plus limitée)

2 IN + indinavir/ritonavir (faible dose)

2 IN + amprénavir/ritonavir (faible dose)

2 IN + lopinavir/ritonavir

Association non recommandée

2 IN

3. Critères de choix du traitement initial

ü Cliniques :

ü Virologiques

ü Immunologiques

ü Anomalies métaboliques et traitement ARV entraînant un relâchement dans l'adhésion du patient à son traitement

La décision de traitement initial doit être individualisée pour chaque patient en tenant compte de l'évolutivité de l'infection, des thérapeutiques antérieures, des souhaits du patient, des éventuels effets indésirables, des contraintes qu'il est en mesure d'accepter

4. Les molécules

ü IN

ATTENTION risque d'hypersensibilité à l'abacavir

Incidence 4% lors des essais cliniques

Habituellement au cours des 6 1° semaines de traitement mais pouvant survenir à tout moment du traitement

Symptômes s'aggravant au cours de la poursuite du traitement, disparaissant habituellement à l'arrêt

La quasi-totalité des patients présentent une fièvre et/ou éruption cutanée habituellement maculo-papuleuse ou urticarienne

ü INN

ü IP

5. Changement de molécules : le SWITCH

Il présente 2 intérêts :

Chez les patients traités d'emblée par une trithérapie avec un IP et bien contrôlés au plan virologique, il est possible de changer l'IP par un INN ou l'abacavir (résultats plus nuancés chez patients pré-traités) dans un but d'allègement du traitement

Les anomalies biologiques sont parfois réversibles (élévation des triglycérides et insulinorésistance) à l'opposé des anomalies cliniques (syndrome lipodysmorphique)

6. Interruptions thérapeutiques

ü Interruption programmée de traitement après échec virologique sous protocole de multithérapie

Intérêt discuté

Doivent s'inscrire dans des protocoles de recherche thérapeutique

Jusitifié si l'on propose dans un second temps un nouveau traitement avec de nouvelles molécules

ü Interruption programmée de traitement chez des patients ayant une CV plasmatique indétectable : objectif immunologique

Hypothèse : les interruptions programmées de traitement entraînent une stimulation de la réponse immune spécifique CD4 et CD8 anti-VIH

Constats :

Il existe à l'arrêt du traitement un rebond viral dans tous les cas

Le virus a une sensibilité conservée aux antirétroviraux du traitement antérieur

La reprise du traitement entraîne une réduction de la CV qui met parfois plus de 3 mois à redevenir indétectable

Chez certains patients, symptômes proches de ceux d'une primo infection

Lors du 1° arrêt de traitement, les CD 4 peuvent parfois chuter de plus de 100/ml mais ils remontent après la reprise du traitement. La baisse est moins profonde lors des arrêts ultérieurs

Une augmentation ou une apparition de la réponse immune spécifique CD4 anti-VIH et une amélioration qualitative de la réponse CD 8 CTL sont observées chez certains patients

Chez certains patients après le 3° ou le 4° arrêt il est possible d'obtenir un équilibre immunovirologique avec une réplication virale persistante mais contrôlée

7. Conclusion

ü Nouvelles molécules ayant de nouvelles cibles : anti intégrase, inhibiteur de fusion

ü Nouveaux schémas thérapeutiques : initiation retardée, switch, schémas séquentiels

ü Nouvelles voies : immunothérapies…

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