Alimentation Parentérale

Les grandes techniques de préparation en alimentation parentérale
Mlle GNAMIEN (CHU de Grenoble).

Les préparations pour usage parentérale stériles et apyrogènes sont : les préparations injectables, les préparations injectables pour perfusion, les préparations à diluer ou à reconstituer et les implants.

Les préparations injectables pour perfusion ont un grand volume et sont soit des émulsions H/E (homogènes, stables), soit des solutions (limpides).

Fabrication des poches de NP :

Le but des techniques de transfert en NP est de conditionner en poches, à partir de formules, les différentes solutions (aa, glucides) ou émulsions (lipides) et d’obtenir des préparations stériles, apyrogènes, homogènes et stables.

Les deux grandes techniques de préparation sont la filtration stérilisante ou le transfert stérile.

Les lieux de préparation sont des zones à atmosphère contrôlée :

Afin d’obtenir des préparations aseptiques (BPF), il faut :

La filtration stérilisante :

Trois grandes opérations : le mélange binaire aqueux, la filtration stérilisante, le transfert stérile des lipides.

  1. le mélange binaire aqueux

    principe : mélange des aa et des glucides en atmosphère classe C

    matériel :

  2. la filtration

    principe : transfert sous pression positive d’azote du mélange binaire dans une ligne de filtration stérile et apyrogène, passage à travers un filtre stérile de 0,22 µ

    matériel :

  3. le transfert stérile des lipides

    principe : introduction de manière stérile des lipides dans la poche sans passage par l’unité filtrante sous pression positive d’azote ou par pompes péristaltiques.

    matériel : tubulure en PVC forme la ligne secondaire à adapter sur la ligne principale

La filtration stérilisante en pratique :

Réalisation (schéma 1):

Avantages : technique adaptée aux formulations "à la carte", notamment en pédiatrie.

Inconvénients : entretien du matériel (conteneurs, verrerie), mélange binaire réalisée à l’air libre (classe C), problème des pyrogènes.

Le transfert stérile :

principe : transfert stérile en système clos et en une étape des solutions et des émulsions utilisées en NP.

matériel : poches souples, seringues, aiguilles, compresses, lignes de remplissage stériles.

lieux :

les principales techniques de remplissage :

Le remplissage sous pression positive d’azote :

L’azote est filtré sur un filtre 0,22µ , pousse les nutriments et accélère le remplissage des poches. Le remplissage est rapide.

Exemple : NUTRIMIX® (schéma 3)

Avantages :

inconvénients : adaptation fine des posologies difficile (pédiatrie) car mesure des volumes approximative => automates

Conclusion :

Nutrition parentérale: Formulation et contrôles
Mme MEUNIER (Hôpital Edouard Herriot, HC Lyon).

FORMULATION :

Les mélanges de nutrition parentérale " à la carte " sont des mélanges complexes qui font intervenir un grand nombre de solutés.

Chaque soluté primaire présente des caractéristiques qui lui sont propres et est responsable d’interactions chimiques en fonction de la concentration d’utilisation.

Ces deux constats conduisent à l’existence de problèmes de stabilité galénique dans les mélanges nutritifs.

Les solutés primaires :

  1. Les nutriments :
  2. Les électrolytes :

    Sodium, potassium, calcium, magnésium, phosphore.

    Incompatibilité phospho-calcique
    Cations divalents et déstabilisation des émulsions

  3. Les vitamines et oligo-éléments

CONCLUSION : toute modification qualitative et quantitative peut entraîner une modification de l’équilibre. Toute extrapolation doit être évitée => AXIS, modèles expérimentaux.

CONTROLES :

De l’intégrité de l’émulsion :

Analyse macroscopique
Granulométrie
Surface spécifique

Physico-chimiques :

Minimum indispensable : sodium, potassium, calcium, osmolarité
plus si possible

Microbiologiques :

Tests de stérilité
Recherche des endotoxines bactériennes


Particularités de l’assurance qualité en nutrition parentérale
Mr A.BARBIEUX (Hôpital Edouard Herriot, HC Lyon).

Statut particulier des poches de Nutrition Parentérale Hospitalière

Ni préparations magistrales, ni préparation en série, il existe un vide juridique.

Le mélange doit être conforme à la prescription.

Moins il y a de recopiage, moins il y a d’erreur.

Risque d’erreur d’étiquetage : le premier risque

Contrôle Qualité Physico-chimique (facile)

Contrôle Bactériologique (contrôle destructif)

Recherche d’ endotoxines

Pas utile si matériel à usage unique

Qualification et validation du personnel

Validation des procédés

Poches : limulus/ensemencement/stérilité

Comme le contrôle bactériologique en temps réel est impossible, il faut une validation des procédés sur le plan bactériologique.

Critères de choix de la technique de fabrication :

Question : validation du filtre ?

Réponse : contrôle de la dernière poche d’une série de 20 et contrôle de la première poche pour les endotoxines (principe du cas défavorable).


Les automates de remplissage
Mr COMBEAU (Hôpital Robert Debré, AP Paris).

Introduction

Matériel

Trois automates ont été testés :

1/SIFRAMIX M31 et M32 (Sifra)

M31 : remplissage des macronutriments (5 matières premières), transfert par 5 pompes péristaltiques pouvant fonctionner simultanément. Volume minimal d’utilisation : 6 ml.

M32 : remplissage des micronutriments (6 matières premières), transfert par une pompe péristaltique. Volume minimal d’utilisation : 1 ml.

2/AUTOMIX 3+3 et MICROMIX (Baxter)

Automix : remplissage des macronutriments (6 matières premières), transfert par une pompe péristaltique. Volume minimal : 20 ml.

Micromix : remplissage des micronutriments (10 matières premières). Volume minimal : 1 ml.

Ces deux premiers automates fonctionnent par gravimétrie.

3/MICROMACROPOUNDER MM23 (Cair LGL)

Remplissage macro et micronutriments, une pompe péristaltique et deux systèmes de valves rotatives. Sur les valves se fixent deux marguerites sur lesquelles sont branchées 23 tubulures de diamètre variable (S, D, V). Volume minimal d’utilisation : 0,2 ml.

Système volumétrique.

Méthode et résultats

Plusieurs paramètres ont été étudiés afin de choisir un automate.

A/ Mesure de la précision volumétrique (répétabilité et reproductibilité) et de l’exactitude (E) avec différents volumes d’eau ppi.

Critère de précision fixé : CV < 5%, Critère d’exactitude fixé : E < 5%

Systèmes précis et exacts :

-macronutriments : M31 dès 10 ml, Automix > 100 ml, MM23 dès 20 ml (V).

-micronutriments : M32 dès 4 ml, Micromix dès 1 ml, MM23 dès 0,6 ml (S) et 0,5 ml (D).

B/ Mesure de l’influence de la viscosité et d’un changement de flacon sur ces paramètres.

-Viscosité : pas de modification sur le M31 et le MM23
Exactitude améliorée avec l’Automix

-Changements de flacons : possibles pour le MM23 et l’Automix, déconseillés pour le Siframix

C/ Mesure de la vitesse de remplissage

Le Siframix est le plus rapide (M31 : 1000 à 5000 ml/min, M32 : 180 ml/min) et l’Automix (670 ml/min)/Micromix (50 ml/min) le plus lent.

Discussion : comparaison avec les données de la littérature

=> résultats comparables pour Automix et Siframix, meilleurs pour MM23 pour des volumes < 5ml.

Conclusion

Notre choix s’est porté sur le MM23 en raison/

L’automate assure 80% de la fabrication (mélanges de 100 ml à 4 litres).

Les prescriptions sont saisies sur un logiciel, par deux externes sous le contrôle d’un interne, et transmises en salle blanche où un autre.

La fabrication d’environ 60 poches par jour nécessite la présence de 2 personnes le matin et 1 l’après midi. L’automate a permis le gain d’une personne par semaine.

Le prix catalogue de l’automate est 250 000 F. Le prix des marguerites est de 560 F (1 par jour)

Remarques :

Pas de filtration terminale (filtre 0,22 µm) en fin de ligne qui n’exclue pas un risque de passage de particules provenant du bouchon des flacons de matière première.

L’automate fonctionne sous un plafond soufflant dans une salle de type B.

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