Domaines spécialisés
Pharmacotechnie
et pédiatrie
Mme
H. CONSTANT (Hôpital Debrousse, HC Lyon).
Problèmes généraux rencontrés en pédiatrie :
Adaptation des dosages et des présentations par des préparations magistrales et hospitalières
Article L511.1 du 8/12/92 repris par la loi du 1/07/98 sur la sécurité sanitaire, avec les Bonnes Pratiques de Fabrication et les Bonnes Pratiques Officinales
Quelles préparations ?
Enquête SFPC groupe pédiatrie en1997 sur 35 CHU, 15 CHG, 3 hôpitaux et cliniques privés :
968 520 gélules sur
lannée, 205 principes actifs
62 914 préparations orales liquides
87 592 alimentations parentérales (AP)
48 421 antiinfectieux injectables
10 663 anticancéreux injectables
7 000 autres injectables
Ce qui est fait à lHôpital Debrousse :
Conclusions
Pharmacotechnie
et Psychiatrie
Mme
N.ROBELIN (CH Le Vinatier, Bron).
Il nexiste pas de pharmacotechnie spécifique à la psychiatrie.
Loptique clinique et thérapeutique sont différents (par rapport à lobservance de la thérapeutique).
Normalement pour une posologie donnée, on obtient un résultat classique. En psychiatrie, le point de vue est autre : le patient a une réponse personnelle par rapport au médicament. On recherche la bonne réponse, la bonne thérapeutique. On recherche des adaptations posologiques à un moment donné (la pathologie évolue).
Quatre points sont développés :
Intérêt en psychiatrie : posologie modulable en fonction de létat pathologique, difficulté pour le patient de simuler une ingestion de liquide. De plus la préparation des doses dans les unités de soins présente un certain nombre de risques potentiels :
Le dosage est préparé à la pharmacie (600 doses/jour). La prescription est faite sur une ordonnance à 2 feuillets.
Quand la prescription arrive à la pharmacie, une fiche est créée avec chaque dose ainsi que les étiquettes. Lensemble est transmis à un préparateur pour contrôle. Chaque flaconnage est étiqueté. Le dosage est fait chaque matin. Des solutions de dilution ont été mises au point avec létude de stabilité pour chaque médicament (stabilité assurée à J +5).
Les flacons (verre brun + capsule polyéthylène) sont recyclés : récupération et lavages avec contrôles.
Mise au point galénique de la formulation (Laboratoire de Pharmacie galénique- Faculté de pharmacie de Lyon), fabrication pilote de comprimés à 800 mg de L-TYROSINE, à sucer ou dispersible dans leau. Actuellement sous-traitance chez un façonnier. La libération des lots fabriqués est de notre responsabilité. Le conditionnement unitaire est réalisé à la PHARMACIE (250 000 comprimés/an).
Fabrication à la pharmacie en zone de classe C. Administration au malade avec régulateurs de débit. Pour chaque patient un dossier est constitué permettant le suivi. Les prescriptions émanent du Service de MEDECINE INTERNE mais aussi des Services de PSYCHIATRIE ADULTE.
Deux points sont importants : couleur et nom du médicament (appellation suggestive ou mystérieuse).
Les formes sont solides (gélule) ou liquides. Pour les formes liquides, la saveur et la couleur sont importantes.
Pharmacotechnie
et milieu carcéral
Prisons de Lyon et Centre Pénitencier de
Saint Quentin Fallavier.
Mr BREYSSE
(HC Lyon).
1994 : rattachement des maisons darrêt et des centres de détention à des structures de soin.
Une Pharmacie de prison est une Pharmacie hospitalière comme les autres.
Quelques rappels sur le parcours du détenu :
Arrestation (juge) ® garde à vue au commissariat (48 à 96 h) ® mise en examen, mandat de dépôt ® maison darrêt pour la détention préventive (quelques jours à 2 ans) ® jugement ® relaxe ou condamnation en Centre de Détention (<10 ans), Maison Centrale (>10 ans ou régime spécial) ou Hôpitaux de force (2 en France).
Maison dArrêt : population plutôt jeune, en attente de jugement, séjour "bref" et grande anxiété.
® prépondérance de la pathologie psychiatrique aiguë (toxicomanie, stress, privation de liberté, attente, doute, décompensation ).
Centre de Détention : population plus âgée, jugement prononcé, " long séjour ", situation " stabilisée ".
® plutôt pathologie psychiatrique chronique et pathologie de lâge mûr.
Répartition des médicaments :
Prépondérance des psychotropes dont 30% de neuroleptiques et 70% danxiolytiques.
Le problème de la Pharmacotechnie se pose-t-il en prison ? Cela dépend :
Réalité quotidienne
Il y a une obligation légale à soigner le détenu (pas toujours consentant).
Le détenu fait ainsi pression sur ladministration pénitentiaire, sur le médecin et sur le personnel infirmier.
Les difficultés sont amplifiées en milieu carcéral :
® luttes dinfluences
® pas de liberté de mouvement
® impératifs sécuritaires toujours prioritaires sur les obligations médico-pharmaceutiques
® absence dadaptabilité rapide du système
® détenu à laffût de toute faille du système
® milieu fermé exacerbant tous les problèmes
® environnement psychiatrique difficile
® statut particulier du médicament : toxicomanie, pathologie psychiatrique, moyen déchange et source de trafic, de racket, moyen de pression, image " magique " du médicament qui peut soigner tous les maux.
La maîtrise du circuit du médicament en prison est une illusion. Le plus grand pragmatisme doit être de rigueur et doit reposer sur une parfaite connaissance du milieu.
Une note despoir
Conclusion
La solution la plus parfaite na aucune valeur si elle ne peut être appliquée, il faut donc faire simple.
La pharmacotechnie ne senvisage que dans un contexte de qualité, de suivi, de BPF, de contrôle et de validation. Elle demande des moyens dont ne dispose pas en général la Pharmacie dun établissement pénitentiaire.
Les choix du service pharmaceutique des Prisons de Lyon