Pascal Léon Poncet
Centre Hospitalier de Montélimar

DESESPOIRS ?

L’hôpital et donc la pharmacie de Montélimar ont été construits il y a 20 ans.

La pharmacie n’était déjà pas si mal : vaste, à la lumière du jour, correctement aménagée… après quelques réclamations, mais n’avait pas pris en compte un certains nombre d’évolutions de la pharmacie hospitalière : usage unique, cessions à l’extérieur, reconstitution centralisée des chimiothérapies …

DES ESPOIRS !

L’hôpital a été construit en 1978 avec une conception type 1960.

La pharmacie avait été intégrée à un projet global de reconstruction : elle devait occuper la place restante lorsque tout le monde était servi.

Le projet n’avait pas été défendu car il n’y avait qu’un pharmacien gérant à l’époque de la construction.

Certains points ont été occultés :

- Pas de quai pour les marchandises,

- Pas de flux dissociés pour les visiteurs, les patients et le personnel,

- L’arrivée de l’usage unique et des DMX n’avait pas été prévue.

La pièce la plus grande de la pharmacie avait été nommée par l’architecte " stockage, emballages vides ".

Sauf dans certains cas particuliers, la pharmacie n’est jamais un service prioritaire.

Mais, la providence veille et le Centre Hospitalier de Montélimar a été sollicité pour l’implantation d’un service de dialyse : les locaux nécessaires correspondaient exactement à ceux de la pharmacie.

Les locaux ont ainsi été cédés en échange d’un projet d’une nouvelle pharmacie.

Le parcours du combattant a commencé :

La pharmacie se devait d’être plus vaste : il n’était pas possible de l’inclure dans le bâtiment : la pharmacie a ainsi été implantée " dans le jardin ", au détriment des liaisons avec le bâtiment hospitalier.

Une pharmacie provisoire a été installée entre le déménagement des locaux attribués à la dialyse et la construction de la nouvelle pharmacie (2 ans).

Il a fallu obtenir les moyens de gommer les défauts de l’ancienne pharmacie sans en créer des nouveaux, tout en veillant au souci majeur de respect du budget alloué par l’hôpital.

Le parcours a été classique :

- Programme Technique Détaillé (PTD), document fondateur qui détermine la surface des pièces, les aménagements techniques…, document dans la rédaction duquel le pharmacien (et la pharmacie) doit s’investir.

- Avant Projet Sommaire (APS),

- Avant Projet Détaillé (APD),

- Documents de Consultation des Entreprises (DCE) : il s’agit de la description de ce qui va être mis en Appel d’Offre donc cette phase nécessite une grande vigilance : il faut s’assurer que tous ce qui a été prévu, au PTD notamment, figurera dans l’appel d’offre et sera bien indiqué dans ces documents car le pharmacien n’est pas le décideur, puisqu’il n’est pas payeur,

-Appel d’offre avec la désignation des entreprises,

- Les travaux,

- La réception.

Les exigences fonctionnelles :

- Il était indispensable d’avoir une communication aisée avec l’ensemble des services de l’hôpital (chariots, véhicules).

- Une séparation des flux de personnes et de marchandises était prévue.

- Adaptation des locaux spécifiques pour des tâches spécifiques : pour les marchandises, il a été privilégié " la marche en avant ", et ont été séparés les flux de personnes internes et externes avec un hall d’accueil comprenant une salle d’attente pour les visiteurs, une pièce de confidentialité pour l’accueil des patients externes, une zone de distribution pour l’accueil interne.

Les exigences techniques

- Une Salle informatique spécifique pour l’informatique de Gestion Economique et Financière et le logiciel de gestion des ordonnances : DISPORAO.

-Un espace de travail spécifique pour les préparateurs,

-Une Reconstitution Centralisée des Cytostatiques,

- Réussir la mutation informatique en intégrant la pharmacie au réseau hospitalier,

- Une salle de réunion ‘équipée en vidéo) pour environ 25 personnes ouverte à tout l’hôpital, pour que la pharmacie soit un carrefour de l’établissement.

BILAN de l’opération :

- Une pharmacie neuve de 950 m: il est important de se battre contre les ratios anémiques proposés aux pharmacies hospitalières,

- Des stockages neufs pour les médicaments et DM : mobiliers, équipements informatiques neufs,

- Une remise à niveau des équipements (broyeur de documents, parabole, télévision, magnétoscope ),

- Il a fallu accepter la contrainte de vivre 2 ans dans des locaux provisoires, en suivant le chantier sans arrêt, même si la présence pharmaceutique était peu appréciée au départ.

Le bilan est une satisfaction globale. Les problèmes ont essentiellement été dus à un dysfonctionnement et à des problèmes de communication des architectes (problèmes d’isolation et de chauffage notamment).

Actuellement se réalise la reconstruction de la stérilisation centrale : l’expérience vécue par la reconstruction de la pharmacie sera utile afin d’éviter les dysfonctionnements. 

" Le sage apprend de ses erreurs, l’homme plus sage apprend des erreurs des autres ".

Confucius

Sommaire Journées ACOPHRA du 7/12/2000