La fonction de cadre, bilan d’expériences.
P. SINQUIN, Centre hospitalier de Villefranche sur Saône
S. CUZIN-RAMBAUD, Centre hospitalier Saint Joseph- Saint Luc
H. GALTIER et N. TURCHETTA, Centre hospitalier de Vienne

  1. Cadre préparateur de Villefranche sur Saône, P. SINQUIN :

    Parcours professionnel :

    De 1981 à 1991 : préparateur en officine

    Concours d’entrée aux Hospices Civils de Lyon

    Centre hospitalier de Villefranche

    En 1998 : concours de cadre fonctionnel

    Mais peu de reconnaissance au niveau de l’établissement, problème avec l’équipe donc préparation de l’école des cadres.

    Ecole des cadres :

    Grande pluridisciplinarités, professionnels de santé très variés.

    Organisation en modules : 6 modules

    12 semaines de stage sur les 42 semaines de formation, le restant étant de la formation théorique (informatique, gestion, santé publique….).

    Activité de cadre au quotidien :

    50% : gestion du personnel
    30% : stérilisation
    20% : logistique : gestion des stupéfiants, commandes…

    Conclusion :

    Expérience très enrichissante, très formatrice.

    En revanche, après la formation trop peu de connaissance dans le domaine de la stérilisation alors que 30% de l’activité. Il fallut 1 mois d’adaptation.

    Cadre : être au centre des conflits !!

    => Expérience de la fonction de cadre de 8 mois alors à suivre mais pour l’instant très positif.

    Point de vue du pharmacien de Villefranche :

    La présence d’un cadre lui apporta une véritable aide en logistique ; il est nécessaire d’avoir un cadre dans une PUI, en revanche cette demande a été difficilement acceptée par la direction (remplacement du préparateur pendant sa formation), obtention du financement 2 ans après avoir fait la première demande.

  2. De préparateur à cadre, Hôpital Saint Joseph–Saint Luc, S. CUZIN-RAMBAUD.

    - 1985 : Préparateur à l’hôpital St Luc où l’équipe était composé de 1 préparateur et 1 pharmacien à mi-temps.

    - 1993 : Fusion St Luc, St Joseph, préparateur en poste à la CAMSP où acquisition d’une grande autonomie de part la délocalisation géographique et de plus de responsabilités. L’équipe est composée de 1 préparateur temps plein et 1 mi-temps.

    - 2000- 2001 : formation universitaire à l’IFROSS en 2 ans en alternance ; obtention d’une licence en management des services de santé.

    - Juillet 2002 : Statut de cadre. Nouveau statut pas évident à gérer pour l’équipe de préparateur de plus délocalisation à la CAMSP.

    - Déménagement de l’hôpital : réflexion sur la nouvelle organisation du bloc stérilisation – pharmacie ; 1 an de travail.

    - Décembre 2002 : 100% en stérilisation centrale.

    - Aujourd’hui : statut de cadre bien accepté par l’ensemble de l’équipe, reste toujours active sur le terrain " je suis préparateur avant tout ".

    Participation aux réunions des cadres de santé, très enrichissant et représente la pharmacie.

    Point de vue du pharmacien :

    Ce n’est pas évident de passer de préparateur à cadre au sein d’un même service, il faut acquérir la reconnaissance de ces confrères. Il est indispensable que le cadre soit présent sur le terrain pour ne pas trop se désolidariser de l’équipe de préparateurs, aide préparateurs, magasiniers…

    Question :

    Est-il nécessaire de faire une formation particulière pour devenir cadre ?

    Que ce soit l’école des cadres ou une formation complémentaire comme celle proposée par l’IFROSS, il est nécessaire d’être formé. Etre cadre s’est affronter de nouvelles responsabilités et sans un peu de technique, de méthodologie cela ne serait pas évident.

  3. Relation cadre préparateur – pharmacien chef de service, centre hospitalier de Vienne, N. TURQUETA et H. GALTIER.

    Démarche pour avoir/ devenir cadre :

    Le chef de service :

    - Demande de création d’un poste de cadre suite à une augmentation importante de l’activité suite à l’acquisition de la gestion de la stérilisation. Cette demande fut vite acceptée en jouant sur des déplacements de temps préparateur entre la pharmacie et la stérilisation.

    - Obtention d’un cadre de classe fonctionnelle mais ceci fut une solution hybride non satisfaisante donc nécessité d’avoir un cadre ayant fait l’école des cadres.

    Cette formation fut acceptée par la direction seulement si non remplacement du préparateur. L’équipe des préparateur accepta de travailler en effectif réduit pour permettre un l’un deux de devenir cadre.

    Le cadre préparateur :

    - Désireuse de devenir cadre. Etre cadre, c’est une volonté personnelle requérant un certain trait de caractère ; cette demande a très bien était comprise par l’ensemble de l’équipe, personne d’autre se sentait l’âme d’un cadre.

    - Pré formation au concours d’entrée

    - Concours d’admission à l’Institut de Formation des Cadres de Santé, IFCS, épreuve de français sur un sujet de santé et présentation de son projet professionnel.

    - l’IFCS : 10 mois de formation, 40 futurs cadres de santé avec seulement 2 préparateurs. Formation très enrichissante ; mémoire sur la rétrocession.

    - Licence en management au Vinatier en partenariat avec l’IFROSS.

    Rôle et place du cadre :

    Vision du chef de service :

    Chef de service/ cadre c’est un tandem ; pour qu’il fonctionne chacun doit connaître ces droits et devoirs.

    - Le chef de service définit le projet de service, l’organigramme du service, le profil de fonction du cadre, des préparateurs, il doit instaurer une réelle communication avec le cadre ; communication basée sur le respect.
    La mission du cadre est de connaître les limites du service pour le défendre. L’éthique du service est autant véhiculée par le cadre que par le chef de service.

    - Le projet de service : c’est le projet de TOUT le service défini en cohérence avec l’hôpital, la direction. Sans projet, le service ne vit pas.

    - L’organigramme : il doit être clairement défini et respecté.

    - Profil de poste du cadre : le cadre ne doit pas faire le travail des préparateurs, les préparateurs doivent faire sans lui, toute fois si le cadre juge qu’il est nécessaire qu’il s’insert dans le planning, ce sera de sa propre initiative et pour le bon fonctionnement du service.
    Les décisions ne sont pas étanches, la discussion doit toujours être possible si non c’est la dictature. Le cadre ne doit pas être écartelé entre les pharmaciens, il doit pouvoir s’adresser à l’un sans aller à l’encontre de l’autre.

    - Profil des postes de préparateurs : ces profils sont définis par le chef de service et le cadre.

    Une formation adaptée à ce statut de cadre est nécessaire afin d’acquérir une certaine méthodologie néanmoins le caractère de l’individu est aussi très déterminant pour être un bon cadre.

    Vision du cadre :

    Le cadre est responsable de la mise en application des procédures qualité du service, de la gestion et l’organisation du service, de l’encadrement des activités, de l’évaluation, de l’animation, de la formation de l’ensemble des préparateurs. Pour ceci il doit savoir équilibrer les tâches selon la maîtrise des uns et des autres ; savoir gérer l’équipe dans sa globalité.

    Le cadre est un pivot de et pour la pharmacie, il fait le relais entre les pharmaciens et les préparateurs mais aussi entre la pharmacie et les services.

    Au sein de la pharmacie, le cadre est au centre de tout, il est un cahier de liaison d’autant plus avec les 35 heures.

    La communication est la base de tout sans oublier qu’avoir une forte personnalité, une autorité naturelle aide à se faire accepter en tant que cadre.

    Conclusion :

    Du cadre préparateur :

    Reconnaissance de toute l’équipe après 10 mois de formation.
    La formation fut une aventure personnelle riche, difficile.
    L’avenir est plein de projets.
    L’avenir se construit sur le respect avec des gens intelligents.

    Du chef de service :

    Avoir un cadre, c’est une bouffée d’oxygène pour les pharmaciens qui peuvent déléguer certaines tâches ; c’est une expérience enrichissante, pas toujours évidente, basée sur le respect et la confiance.

Débat- Questions :

- Le coordonnateur des soins ne peut-il pas être considéré comme " l’œil de Moscou " ?

Non et oui. Cas du centre hospitalier de Vienne NON. La pharmacie est autonome, par exemple si le cadre a un arrêt de travail, ce sera le chef de service qui en sera informé et non le coordonnateur des soins.

Le rôle du coordonnateur des soins est de superviser les réunions cadres ; de part ce biais là, le cadre appartient à une équipe plus large que celle de la pharmacie.

Toute fois il est vrai que les cadres infirmiers travaillent entre cadres et non pas avec les médecins ; mais ceci est très différent de la pharmacie, les rapports cadre – médecin ne sont pas les mêmes que cadre – pharmacien.

Le coordonnateur de soin a une gestion des cadres très individus dépendant.

Certes quand le cadre de la pharmacie est convié à des réunions " importantes " alors que le chef de service ne l’est pas, cela peut faire " bizarre ". Mais avec du recul, le chef comprend que le cadre représente la pharmacie en tant que cadre ; il doit lui faire confiance et communiquer avec lui.

- Ne pas faire de ségrégation entre cadre ayant fait l’IFCS et les cadres de classe fonctionnelle. Certes la formation apporte de la rigueur, de la méthodologie plus rapidement mais elle ne résout pas tout. Il ne faut pas oublier les qualités personnelles de chacun.

- Existence de réseaux de cadres infirmiers. Ne serait-il pas intéressant d’avoir un réseau de cadres en pharmacie afin d’échanger et progresser.

Sommaire ACOPHRA du 4 mars 2004