ACOPHRA

Journée ACOPHRA du Jeudi 12 Juin 1997
L'Arrêté du 9 Août 1991 ..... 6 ans après

Plan

  1. J-F LATOUR - Centre Léon Bérard
  2. M-C VEYRE - C.H.U. de Saint Etienne
  3. G. DERVIEUX - C.H.G d’Annecy
  4. M.C KRAFT - C.H.G. d’Annonay
  5. J. BERLIOZ - C.H.G d’Aix-les-Bains
  6. P. PONCET - C.H.G. de Montélimar
  7. D. LACHAUD - Clinique Mutualiste E. Andre
  8. L.de Beauchamps - Centre Hospitalier de Ste-Egève (Grenoble)
  9. B.Sang - CHU de Grenoble
  10. H. Galtier - CHG de Vienne
  11. J. Bureau - CH Lyon Sud, Pierre Bénite
  12. C.Caussin - Centre Hospitalier de Roanne
  13. J.Kepenekian - Président de CME - Hôpital St-Joseph
  14. F.Chauvin - Directeur adjoint - Centre Léon Bérard. Lyon
  15. Table ronde : " Bilan et perspectives "

Les différents intervenants ont été amenés à réagir sur quatre grands points :

1. J-F LATOUR - Centre Léon Bérard

La perception initiale de l’arrêté du 9 Août a été dans son ensemble positive. L’objectif global instaure un programme de travail pour les dix années à venir.

Un dossier patient informatique a été mis en place où ont d’abord été enregistrés les actes chirurgicaux et radiologiques, les analyses biologiques et la prescription de produits sanguins labiles. La prescription de chimiothérapies et leur fabrication sont désormais intégrées au dossier. La validation de l’administration est effectuée par les surveillantes. L’objectif prioritaire est de faire valider l’administration des cytostatiques et des produits sanguins labiles par les infirmières. La délivrance des préparations d’alimentation parentérale et des produits coûteux est nominative mais non informatisée.

L’informatisation des données doit s’étendre aux antibiotiques, à la nutrition parentérale et aux médicaments coûteux. Un projet de dispensation nominative journalière a mis en évidence un surcoût à la fois financier et en personnel.

Les arguments en faveur de ce projet sont une baisse potentielle des coûts et une démarche s’inscrivant dans une politique plus générale de qualité en vue d’obtenir l’accréditation.

2. M-C VEYRE - C.H.U. de Saint Etienne

L’application de l’arrêté du 09 Août 1991 a fait l’objet de nombreuses tentatives d’application au CHU de Saint Etienne. Les points les plus difficiles à faire appliquer ont été la rédaction et la signature des prescriptions par les médecins. Malgré des relances fréquentes dans les C.C.M., le taux de signatures des ordonnances avoisinent 30 % (les services de pédiatrie étant les plus disciplinés et faisant remonter la moyenne).

L’ordonnance 96-346 du 22 Avril 1996 a mis en place l’obligation d’une procédure externe d’évaluation permettant d’obtenir l’accréditation. Elle touche notamment le circuit du médicament. Cette démarche a été présentée à la C.M.E. et appuyée par la direction générale qui en a fait un axe prioritaire du projet d’établissement :

La démarche d’Assurance-Qualité a démarré début 1997. Dans un premier temps, il a été constitué un comité élargi à du personnel d’encadrement des services de soins (Infirmier Général, Cadres-Infirmiers-Supérieurs, Cadres-Infirmiers) et à des médecins.

Des référentiels ont été regroupés : textes réglementaires, normes iso (9001 et 9002) appliquées aux établissements de santé, manuel des bonnes pratiques, code des marchés publics. Une formation à la qualité de deux jours a été réalisée, destinée à l’ensemble du personnel concerné (pharmacie et services de soins). Un audit dans les deux pharmacies et dans plusieurs services représentatifs des différentes spécialités (chirurgie, médecine, Urgence, Long-séjour) a permis notamment d’évaluer l’application de l’arrêté du 9 Août.

Le retour d’audit a été présenté globalement et individuellement au personnel des services de soins ; médecins et soignants. Deux commissions de travail ont été crées :

Elles visent après concertation à rédiger des procédures selon les standards préconisés dans les normes iso.

Chacun de ces commissions comprend des pharmaciens et des préparateurs, des cadres-infirmiers, des infirmiers et des médecins. Elles débutent leurs travaux actuellement (d’autres commissions traitent des dispositifs médicaux stériles, de la reconstitution des cytostatiques......).

Des dates de présentation de l’avancement des réflexions ont été fixées au début de l’automne.

Conclusion : L’établissement d’un système d’assurance-qualité selon les normes iso 9002 a permis de motiver les différents acteurs, d’intégrer l’application du texte dans une démarche plus large de qualité des soins (décloisonnement), de faire reconnaître la démarche pharmaceutique.

3. G. DERVIEUX - C.H.G d’Annecy

Un audit sur le circuit du médicament a été réalisé en 1992-1993 à l’aide d’un consultant externe ; la société Audipharm. Il a été mis en évidence la non application de l’arrêté.

Un groupe de travail pluridisciplinaire a donc été constitué, ce qui a permis d’élaborer un cahier des charges pour un logiciel d’aide à la prescription.

La saisie informatique de la prescription dans l’unité de soin est apparue comme une condition fondamentale à l’application de l’arrêté.

La stratégie adoptée a consisté à lancer une consultation de logiciel en 1995. Le choix a été réalisé parmi 5 offres initiales et sur des critères qui avaient été analysés auparavant (taille de la société, intégration dans le système informatique hospitalier........).

Les problèmes rencontrés ont été dans un premier temps de trouver un site pilote, puis d’encadrer la formation du personnel soignant, enfin, les impératifs de calendrier n’ont pu être tenus.

Actuellement, seul le module de commande a été achevé, les modules de prescription, de traçabilité et d’administration sont en cours de réalisation. Les logiciels de gestion, de dossier patient et d’hémovigilance n’ont pas encore été réalisés.

Le système a été initialisé dans le service de réanimation mais doit s’étendre dans les mois à venir à d’autres services tels que l’infectiologie, l’onco-hématologie et la pneumologie.

4. M.C KRAFT - C.H.G. d’Annonay

La pharmacie du C.H n’utilise pas de logiciel informatique. Un suivi manuel nominatif des prescriptions et une dispensation individuelle nominative dans certains services (chariot roulant) sont réalisés.

Une amélioration de la gestion du médicament a pu être obtenue grâce à un consensus sur la dotation des services et le système d’armoires roulantes (20 au total, avec un remplissage 1 à 2 fois par semaine par les préparateurs, 11 services cliniques sur 14 étant concernés).

Les prescriptions anticancéreuses sont suivies nominativement et analysées à la pharmacie.

Depuis l’arrêté du 9 Août, des visites de confrères ont été effectuées. Elles ont montré que la mise en place d’une dispensation journalière individuelle nominative (DJIN) nécessitait un temps pharmacien très lourd, et que le travail du préparateur apparaissait peu intéressant.

D’autre part la DJIN n’est pas imposée par l’arrêté.

La saisie des prescriptions dans les services de soins est apparue comme la meilleure option bien que difficile à mettre en oeuvre en pratique.

La volonté de tous les acteurs hospitaliers (pharmaciens, médecins, infirmiers, services financiers....) a permis de former un groupe de travail dont la mission consistait à élaborer un cahier des charges pour la consultation des logiciels de prescriptions.

Aujourd’hui, une procédure d’accréditation du circuit du médicament a été engagée.

Le choix du logiciel n’a pas encore été arrêté pour des raisons d’homogénéisation des systèmes informatiques de l’établissement.

5. J. BERLIOZ - C.H.G d’Aix-les-Bains

Avant l’arrêté, la dispensation des médicaments était réalisée d’une manière globale sauf pour certains médicaments dont la prescription était contrôlée.

Le choix du logiciel a été arrêté après concertation et visites sur des sites déjà équipés.

Un service pilote a été désigné sur la base du volontariat. Le fichier a été créé courant 1992, constituant à la fois un support de prescription mais aussi de préparation et d’administration des médicaments par les infirmières.

L’adhésion des infirmières à ce système a d’abord été difficile à obtenir.

Les problèmes rencontrés ont été essentiellement une résistance aux changements de méthodes de travail et une lenteur de mise en place du système.

Les points à améliorer sont :

Les points positifs consistent en :

L’implantation d’un logiciel plus performant est en cours.

6. P. PONCET - C.H.G. de Montélimar

Les pharmacies hospitalières n’ont pas les moyens techniques et financiers d’appliquer l’arrêté du 9 août 1991.

Les secrets de la réussite sont :

Les différentes commissions d’établissement (C.M.E, C.T.E......) ont été intégrées au système.

Un comité de pilotage multidisciplinaire a été constitué comprenant le directeur de l’établissement, le président de la C.M.E , l’infirmier général, les médecins, les pharmaciens, les cadres infirmiers...... .

De multiples réunions ont été nécessaires pour aborder tous les aspects de la mise en place de l’arrêté. Après accord du directeur, l’application de l’arrêté a été intégrée au projet d’établissement.

Le comité a décidé d’un service pilote et a élaboré une charte de la prescription nominative des médicaments diffusée par le directeur à tous les prescripteurs , les cadres-infirmiers et les IDE.

La charte aborde différents points :

Actuellement, 30 lits de cardiologie, 30 lits de pneumologie et 100 lits de maisons de retraite sont concernés par l’informatisation. L’extension à 120 autres lits de longs et moyens séjours est en projet.

Les raisons du succès de la démarche sont l’opiniâtreté des participants, la responsabilisation des médecins et l’informatisation des unités de soins. La présence renforcée du pharmacien dans les unités de soins est un des éléments très positifs du projet.

7. D. LACHAUD - Clinique Mutualiste E. Andre

La stratégie adoptée lors de la sortie de l’arrêté du 9 Août 1991 a tout d’abord été de s’accorder un temps de réflexion et d’analyse.

Cette période a permis d’exclure certains services de l’application de l’arrêté car ils ne permettaient pas d’obtenir dans les temps des prescriptions pour analyse avant administration du médicament. Les services exclus sont ; les soins intensifs, la radiologie, le bloc opératoire et les services de consultations. Le temps de travail d’un préparateur nécessaire à l’application de l’arrêté a été évalué à 1500 heures soit 8 mois à temps plein.

Une note a été rédigée à l’attention de la direction de l’établissement en vue d’obtenir des moyens humains supplémentaires en l’argumentant sur des économies potentielles pour la collectivité (diminution des maladies iatrogènes, économies des stocks des étages) et sur la nécessité de la valorisation de l’acte pharmaceutique à travers la dispensation.

Les problèmes rencontrés ont été :

Des ordonnances nominatives sont rédigées pour l’antibiothérapie (avec un modèle d’ordonnance réalisé à la pharmacie pour faciliter le travail des prescripteurs), pour les protocoles de chimiothérapie, les produits sanguins stables, les stupéfiants et les médicaments nouveaux et/ou coûteux. Une liste des produits nécessitant une transmission d’ordonnance est régulièrement tenue à jour et une information est réalisée auprès des prescripteurs.

L’intégralité des prescriptions pour un même patient n’est jamais obtenue à la pharmacie.

En effet, il faut fréquemment aller dans les services reprendre les cahiers de prescriptions.

Les perspectives sont représentées par l’embauche d’un préparateur pour la reconstitution centralisée des cytostatiques et le développement du système informatique (possibilité de prescription nominative). En conclusion, il faudra encore beaucoup de temps, de patience et de communication pour faire appliquer totalement cet arrêté dans l’établissement.

8. L.de Beauchamps - Centre Hospitalier de Ste-Egève (Grenoble)

Le centre hospitalier de Ste-Egrève, de structure pavillonnaire est un hôpital psychiatrique de 480 lits (20 unités: psychiatrie générale adulte, patients à expression déficitaire).

Il emploie 1250 personnes. La durée moyenne de séjour y est inférieure à 30 jours: pour la psychiatrie générale, la durée moyenne de séjour est basse car les patients sont hospitalisés en phase aiguë, d'où une demande en médicaments importante.

 La pharmacie

Elle fonctionne de 8H à 18H du lundi au samedi avec 2 postes de Praticien Hospitalier temps plein, 2 internes en pharmacie, 4 préparateurs, 1 agent administratif, 1 secrétaire médicale, 1 ASH.

La prescription

Comme il s'agit de psychiatrie, la prescription existait depuis longtemps. L'arrêté du 9 août 91 n'a pas changé grand chose.

Les ordonnances sont spécifiques à l'hôpital et numérotées. Le médecin est identifié et sa signature connue.

La pharmacie reçoit une ordonnance par patient, c'est le seul support de travail du préparateur et de l'infirmier.

Les problèmes rencontrés sont les suivants:

ƒ La dispensation

Tous les jours, une analyse pharmacologique de l'ordonnance est réalisée par le pharmacien ou l'interne. La dispensation est nominative, le plus souvent hebdomadaire. Elle se fait à partir des originaux des prescriptions. Chaque patient a son tiroir dans un chariot.

Chaque unité fonctionnelle (UF) possède une dotation d'urgence en psychotropes. De plus, il existe une trousse d'urgence mobile centralisée (urgence somatique et assistance ventilatoire) sous la responsabilité des internes en médecine (cette trousse est ramenée à la pharmacie pour être réapprovisionnée et scellée).

Des difficultés sont rencontrées pour la gestion du stock patient. De plus, les retours des services sont nombreux.

Administration

Les rangements et les dotations dans les unités fonctionnelles sont standardisés: les armoires ont été remplacées par des chariots, avec un tiroir par patient, ce qui diminue le risque d'erreur. L'ordonnance est le support de travail. Le stock de médicaments des UF est minimal. La transmission d'informations sur les traitements auprès du personnel est difficile et le suivi de l'administration est pratiquement inexistant.

En conclusion: les objectifs

Les problèmes:

Conclusion

L'émergence de la pharmacie clinique a permis le décloisonnement de la pharmacie, la maîtrise des dépenses pharmaceutiques.

Une question se pose: à quand le déploiement généralisé sur le CHU? L'objectif est d'atteindre la moitié des lits pour l'an 2000. Cela dépendra des moyens pharmaceutiques mis à disposition. En ce qui concerne la saisie informatique des traitements par les médecins dans les UF, il faudra une mise en réseau avec choix d'un logiciel ainsi que la motivation des médecins.

9. B.Sang - CHU de Grenoble

 Etude préalable

Suite à la circulaire de 1986, un audit du circuit traditionnel a été réalisé. Le problème était de trouver un chef de service qui accepte le suivi du circuit du médicament.

Le point a été fait sur les logiciels existants. Dans un second temps, a suivi un audit sur les prescriptions au CHU: seules les ordonnances du site pilote étaient conformes avec une bonne identité du patient et la signature du médecin.

Stratégie adoptée

Cette stratégie de type universitaire a permis une étude comparative de 3 logiciels par un groupe pluridisciplinaire avec suivi des actions par un consultant externe.

ƒ Problèmes rencontrés

Il existe encore une réticence médicale.

On a pris conscience de l'existence de différentes cultures: médicales, infirmières, pharmaceutiques et administratives.

On est en tradition orale hospitalière.

Le personnel pharmaceutique est déployé en moyen constant.

Etat actuel

Les points positifs:

Disposition, ainsi que de la conviction des médecins et des pharmaciens de l'importance de la pharmacie clinique.

10. H. Galtier - CHG de Vienne

Avec l'arrêté du 9 août 1991, on a parlé d'analyse d'ordonnance pour la première fois.

 Historique

En 1989, une dispensation nominale manuelle sur 22 lits a été mise en place. Mais ce système était ingérable en raison d'une trop lourde charge de travail.

En 1991, l'acquisition de Disporao 2 permet un démarrage sur 36 lits. A ce moment là, la pharmacie fonctionne avec deux pharmaciens PH temps-plein, 5 vacations hebdomadaires, un interne et 5 préparateurs.

En 1997, l’acquisition de Disporao 3 permet le fonctionnement sur 261 lits. La pharmacie fonctionne alors avec en plus un assistant ainsi qu'un interne et un préparateur supplémentaire.

Pour 1998-99, il est prévu l'acquisition de Disporao 4.

Au quotidien

Les prescriptions sont bien faites.

L'acheminement des ordonnances à la pharmacie respecte les horaires définis.

Les préparateurs réalisent la saisie qui est centralisée à la pharmacie. Un double contrôle permet d'éviter les erreurs. Puis un plan de cueillette est édité.

Le pharmacien analyse l'ordonnance. Il note les éventuels problèmes dans un cahier de liaison, et tous les jours il se rend auprès des médecins pour résoudre ces problèmes de prescription.

Un bilan réalisé sur l'analyse d'ordonnances pendant 31 mois a donné les résultats suivants:

20,3% d'interventions sur les ordonnances.

Nature des interventions:

ƒ prospective

Les objectifs sont les suivants:

Conclusion

L'application de l'arrêté du 9 août 1991 est obligatoirement progressive.

La saisie par les préparateurs est limitée par leur nombre.

La saisie par les prescripteurs est limitée par:

Pour l'avenir, le choix est celui d'un mode de saisie fixe.

L'équipe pharmaceutique est un élément de changement dans les services de soins qui en révèle les dysfonctionnements...

11. J. Bureau - CH Lyon Sud, Pierre Bénite

Au CHLS, un système de dispensation nominative est en place depuis plusieurs années. La qualité de cette dispensation permet une diminution du taux d'erreurs. Les étapes sont les suivantes:

Le système informatisé concerne 125 lits.

Cependant, 350 lits sont en distribution nominative manuelle.

En effet, avec le système informatisé, le temps de travail de la saisie et de la mise en sachet est très long.

Les avantages de la DJIN sont les suivants:

elle supprime:

Une étude comparant la DJIN manuelle et informatisée a été réalisée mais n'a pas été publiée car ce travail a été ressenti comme une " agression par les unités de soins ".

En conclusion, il faudra dans l'avenir évoluer vers un partage du travail entre la pharmacie et les unités fonctionnelles, mais il semble difficile de demander au médecin de saisir sa prescription sur informatique.

12. C.Caussin - Centre Hospitalier de Roanne

 Les années 1960-1970

Aux Etats-Unis, une étude prouve qu’avec une distribution globale on a 25 à 30% d’erreurs.

En France, A.Carrier publie des travaux sur la DJIN en 1973.

A Roanne, le système consiste à remplir des piluliers, ce qui amorce la politique de l’arrêté du 9 août 1991. Ce système de dispensation nominative manuelle journalière fonctionne grâce à Mr Chanard.

Les années 1980-1989

La dispensation nominative manuelle journalière fonctionne sur 508 lits. La prescription est contrôlée par les préparateurs (nom, posologie, durée de traitement). Puis les contenants sont étiquetés, remplis et envoyés dans les services. Tous les jours on a un va-et- vient des contenants.

Les antibiotiques sont délivrés pour une durée de 5 jours, les anticancéreux pour une cure.

Critique du système:

les points forts:

Le terrain est donc favorable à une avancée plus moderne.

les points faibles

ƒ en 1989

à contexte réglementaire

La décision est de s’axer vers un logiciel de dispensation informatisée, avec comme base, les bonnes pratiques de dispensation hospitalière (circulaire du 30/01/1986). La dispensation pharmaceutique est l’axe pharmaceutique associant la délivrance des médicaments à des prescriptions spécifiques, telles que:

à contexte local

à concrétisation

En 1997, la dispensation s’est étendue à plusieurs services pour atteindre 472 lits.

La saisie est centralisée à la pharmacie avec un support unique de prescription intégré au dossier de soin. Mais il est impossible de tout délivrer en dose nominative, d’où l’évolution vers la dispensation reglobalisée.

Bilan de l’état actuel

Points positifs:

Points négatifs:

Suite à l’arrêté du 9 août 1991, le corps médical a eu un abord neutre alors que le corps infirmier, lui, a eu un abord favorable.

13. J.Kepenekian - Président de CME - Hôpital St-Joseph

L’hôpital est actuellement en train de réfléchir sur une nouvelle organisation. Il faut prévoir l’avenir. On parle beaucoup d’accréditation, de la qualité du fonctionnement de l’hôpital.

Au Canada, on essaie d’évaluer l’ambiance et comment un malade perçoit l’hôpital.

Il faut réfléchir au moyen de fonctionnement des différents métiers de l’hôpital les uns avec les autres.

La prescription est l’acte noble du médecin et celui-ci n’aime pas bien le regard du pharmacien sur son ordonnance...

En 1983 a été créé un groupe d’étude du médicament et du matériel stérile. De plus des groupes de travail se sont mis en place pour essayer d’améliorer le quotidien (étude sur différentes pathologies, comment améliorer les choses quand le patient quitte l’hôpital, étude de la filière pharmaceutique et de la dispensation à l’hôpital...).

On essaie d’obtenir que les infirmières exigent de chaque médecin qu’il note ce qu’il prescrit.

La dispensation nominative a été essayée dans quelques services.

Dans l’avenir il faut trouver une bonne articulation entre le patient, le médecin, l’infirmière et la pharmacie, ce qui permettra une bonne efficacité, une bonne sécurité, un moindre stock et une bonne fiabilité.

L’informatique n’est qu’un outil qui ne peut venir appuyer qu’une réflexion en amont. C’est l’occasion de demander à chacun en quoi il est émetteur et récepteur d’information.

L’infirmière a un rôle de contrôle dans l’administration des médicaments, mais ce n’est pas à elle de gérer les stocks.

L’interactivité des médecins a permis d’établir des protocoles thérapeutiques établis à partir de réflexions dans chaque spécialité, car les situations sont le plus souvent répétitives.

Il faut que s’installe un état d’esprit, une réflexion au sein de l’établissement pour évoluer vers la mise en place de bonnes pratiques.

14. F.Chauvin - Directeur adjoint - Centre Léon Bérard. Lyon

C’est l’aspect purement économique qui va être abordé ici.

Comment utiliser l’arrêté du 9 août 1991, comme outil de pilotage médico-économique dans un établissement?

L’hôpital doit passer d’un hôpital administré à un hôpital géré. C’est l’enjeu des prochaines années. la prescription nominative fait partie des outils de pilotage.

Le PMSI a introduit une notion de productivité. Avant l’hôpital fonctionnait avec une enveloppe globale (ressources). Maintenant il doit être productif. Il faut répercuter cette contrainte sur tous les acteurs de l’établissement.

Système de financement d’un établissement

On ventile les dépenses dans des sections d’imputations qui sont:

Chaque section d’imputation est découpée:

Le fonctionnement de l’hôpital

Le système d’information

Au Centre Léon Bérard, il a été reconstruit il y a 5 ans. C’est un système d’information orienté patient: informatisation du dossier patient, analyse avec production de tableau de bords. Le patient est le moteur du système.

Il y a un problème d’inter-opérabilité car les buts, les logiques ne sont pas les mêmes entre les différents acteurs.

L’informatisation de la prescription n’a d’intérêt que s’il y a validation de l’administration.

Il faut évoluer vers un système de réseau et ce système doit être ouvert vers l’extérieur. Cela ne peut se faire que si l’on connecte les lits des patients dans le système d’information. C’est pourquoi, au Centre Léon Bérard, on câble tous les lits des unités en réfection. Cela pourra être d’un grand intérêt pour la validation de l’administration des médicaments.

TABLE RONDE : " Bilan et perspectives "

Avec la participation de :

1.Introduction par J.F.Latour

Au cours de cette table ronde, nous aborderons les points suivants:

2.Evaluation-qualité-accréditation

On retiendra:

Limite des audits: les conclusions peuvent être contradictoires lorsque plusieurs audits sont réalisés dans un même établissement. L’audit est intéressant quand des démarches d’assurance qualité ont été réalisées.

à J.L.B.: A Grenoble un consultant externe est venu aider l’équipe chargée de l’évaluation: acquisition d’un savoir faire. Une analyse préalable de la situation est nécessaire avant toute démarche d’assurance qualité.

à F.C.: Les audits réalisés par des sociétés de consultants utilisant des schémas types ne servent pas réellement. Mais les audits réalisés par des professionnels de santé extérieurs à l’établissement, ayant une bonne connaissance pratique, identifie plus rapidement et plus justement les dysfonctionnements.

2 méthodes peuvent être utilisées:

à J.B.: Concernant la gestion informatique, la totalité de la prescription ne mérite pas forcément d’être archivée pendant une longue durée.

à F.C.: Il faut se poser la question du coût/utilité de l’informatisation

3.Les moyens

à J.F.L.: Le transfert de charge du travail infirmier à la pharmacie permet de donner du temps supplémentaire aux infirmières pour le soin des malades. Exemple: le transfert de la reconstitution des chimiothérapies à la pharmacie, au Centre Léon Bérard, s’est fait sans suppression de postes infirmiers.

à J.B.: Le transfert de charge de travail devrait s’accompagner d’un transfert de postes d’infirmiers à des postes de préparateurs. Mais cela semble difficilement réalisable en pratique, le personnel infirmier étant déjà en nombre limité. De plus, on se confronte à un manque de motivation des décideurs.

à J.K.: La transformation de postes infirmiers en postes de préparateurs n’est réalisable que progressivement, aux moyens de formations. Ces transformations doivent anticiper les plans sociaux.

à Question de la salle: Serait-il choquant qu’une infirmière vienne préparer les médicaments à la pharmacie?...

4.Formation-information-changement d’habitudes

à J.F.: La pharmacie hospitalière est prestataire de services. Pour le bon fonctionnement du système, il faut une bonne organisation de chacun. Tous les acteurs doivent être convaincus de l’intérêt du système.

à C.C.: La validation de l’administration des médicaments par les infirmières est quelque chose de lourd. Mais c’est le dernier maillon de la chaîne qui à toute son importance.

à F.C.: Il est du domaine du pharmacien de dispenser le médicament . Il est du domaine du médecin de contrôler qu’il est bien administré. Cela ne sert à rien d’informatiser la prescription si l’on ne sait pas ce qui est administré. La validation de l’administration est une chose essentielle. Exemple: Validation de l’administration des produits sanguins au lit du malade par un système de code-barre où l’infirmière s’identifie en même temps.

à J.L.B. : La validation n’est possible que si le médecin a saisi sa prescription sur informatique.

5.Informatique

à J.F.L.: A l’origine de toute informatisation il faut un dossier patient qui soit le moteur, avec une homogénéisation des systèmes utilisés dans les différents services, avec comme suite logique la validation de l’administration au chevet du malade.

à C.C.: La saisie des ordonnances dans l’unité de soin serait la meilleure solution. C’est un cap qu’il faut envisager.

à Question de la salle: Comment fonctionne le système SAUPHIX à Grenoble?

àJ.L.B.: L’interne saisit sa prescription sur informatique et tous les jours édite une ordonnance. La saisie n’est pas passive car il dispose d’un logiciel d’aide à la prescription intégré qui l’incite à prescrire des médicaments du livret thérapeutique.

à F.C.: L’informatisation n’est pas une solution en soi. Elle ne fait qu’accompagner l’organisation existante et ne fonctionnera bien que si le système lui même fonctionne correctement. La saisie des prescriptions ne devrait être réalisée que par les prescripteurs eux-mêmes.

L’hôpital est une vaste messagerie où chacun envoie des messages pour suivre la production du soin. Il serait donc nécessaire d’avoir des outils adaptés à ce fonctionnement (systèmes interactifs, groupe WEARE, INTERNET...) plutôt que des bases de données fixes.

à J.K.: Le dossier patient doit être consultable par l’ensemble des professionnels de santé, non seulement au sein de l’établissement mais aussi par l’extérieur.

 

CONCLUSION

L’arrêté du 9 août 1991 a mis l’accent sur l’intérêt de l’analyse de l’ordonnance par le pharmacien pour la sécurité du patient.

L’application pratique reste difficile, principalement en raison de l’absence de moyens supplémentaires mis à disposition des pharmacies hospitalières.