
Journée
ACOPHRA du Jeudi 12 Juin 1997
L'Arrêté du 9 Août 1991 ..... 6 ans après
Plan
Les différents intervenants ont été amenés à réagir sur quatre grands points :
1. J-F LATOUR - Centre Léon Bérard
La perception initiale de larrêté du 9 Août a été dans son ensemble positive. Lobjectif global instaure un programme de travail pour les dix années à venir.
Un dossier patient informatique a été mis en place où ont dabord été enregistrés les actes chirurgicaux et radiologiques, les analyses biologiques et la prescription de produits sanguins labiles. La prescription de chimiothérapies et leur fabrication sont désormais intégrées au dossier. La validation de ladministration est effectuée par les surveillantes. Lobjectif prioritaire est de faire valider ladministration des cytostatiques et des produits sanguins labiles par les infirmières. La délivrance des préparations dalimentation parentérale et des produits coûteux est nominative mais non informatisée.
Linformatisation des données doit sétendre aux antibiotiques, à la nutrition parentérale et aux médicaments coûteux. Un projet de dispensation nominative journalière a mis en évidence un surcoût à la fois financier et en personnel.
Les arguments en faveur de ce projet sont une baisse potentielle des coûts et une démarche sinscrivant dans une politique plus générale de qualité en vue dobtenir laccréditation.
2. M-C VEYRE - C.H.U. de Saint Etienne
Lapplication de larrêté du 09 Août 1991 a fait lobjet de nombreuses tentatives dapplication au CHU de Saint Etienne. Les points les plus difficiles à faire appliquer ont été la rédaction et la signature des prescriptions par les médecins. Malgré des relances fréquentes dans les C.C.M., le taux de signatures des ordonnances avoisinent 30 % (les services de pédiatrie étant les plus disciplinés et faisant remonter la moyenne).
Lordonnance 96-346 du 22 Avril 1996 a mis en place lobligation dune procédure externe dévaluation permettant dobtenir laccréditation. Elle touche notamment le circuit du médicament. Cette démarche a été présentée à la C.M.E. et appuyée par la direction générale qui en a fait un axe prioritaire du projet détablissement :
La démarche dAssurance-Qualité a démarré début 1997. Dans un premier temps, il a été constitué un comité élargi à du personnel dencadrement des services de soins (Infirmier Général, Cadres-Infirmiers-Supérieurs, Cadres-Infirmiers) et à des médecins.
Des référentiels ont été regroupés : textes réglementaires, normes iso (9001 et 9002) appliquées aux établissements de santé, manuel des bonnes pratiques, code des marchés publics. Une formation à la qualité de deux jours a été réalisée, destinée à lensemble du personnel concerné (pharmacie et services de soins). Un audit dans les deux pharmacies et dans plusieurs services représentatifs des différentes spécialités (chirurgie, médecine, Urgence, Long-séjour) a permis notamment dévaluer lapplication de larrêté du 9 Août.
Le retour daudit a été présenté globalement et individuellement au personnel des services de soins ; médecins et soignants. Deux commissions de travail ont été crées :
Elles visent après concertation à rédiger des procédures selon les standards préconisés dans les normes iso.
Chacun de ces commissions comprend des pharmaciens et des préparateurs, des cadres-infirmiers, des infirmiers et des médecins. Elles débutent leurs travaux actuellement (dautres commissions traitent des dispositifs médicaux stériles, de la reconstitution des cytostatiques......).
Des dates de présentation de lavancement des réflexions ont été fixées au début de lautomne.
Conclusion : Létablissement dun système dassurance-qualité selon les normes iso 9002 a permis de motiver les différents acteurs, dintégrer lapplication du texte dans une démarche plus large de qualité des soins (décloisonnement), de faire reconnaître la démarche pharmaceutique.
3. G. DERVIEUX - C.H.G dAnnecy
Un audit sur le circuit du médicament a été réalisé en 1992-1993 à laide dun consultant externe ; la société Audipharm. Il a été mis en évidence la non application de larrêté.
Un groupe de travail pluridisciplinaire a donc été constitué, ce qui a permis délaborer un cahier des charges pour un logiciel daide à la prescription.
La saisie informatique de la prescription dans lunité de soin est apparue comme une condition fondamentale à lapplication de larrêté.
La stratégie adoptée a consisté à lancer une consultation de logiciel en 1995. Le choix a été réalisé parmi 5 offres initiales et sur des critères qui avaient été analysés auparavant (taille de la société, intégration dans le système informatique hospitalier........).
Les problèmes rencontrés ont été dans un premier temps de trouver un site pilote, puis dencadrer la formation du personnel soignant, enfin, les impératifs de calendrier nont pu être tenus.
Actuellement, seul le module de commande a été achevé, les modules de prescription, de traçabilité et dadministration sont en cours de réalisation. Les logiciels de gestion, de dossier patient et dhémovigilance nont pas encore été réalisés.
Le système a été initialisé dans le service de réanimation mais doit sétendre dans les mois à venir à dautres services tels que linfectiologie, lonco-hématologie et la pneumologie.
4. M.C KRAFT - C.H.G. dAnnonay
La pharmacie du C.H nutilise pas de logiciel informatique. Un suivi manuel nominatif des prescriptions et une dispensation individuelle nominative dans certains services (chariot roulant) sont réalisés.
Une amélioration de la gestion du médicament a pu être obtenue grâce à un consensus sur la dotation des services et le système darmoires roulantes (20 au total, avec un remplissage 1 à 2 fois par semaine par les préparateurs, 11 services cliniques sur 14 étant concernés).
Les prescriptions anticancéreuses sont suivies nominativement et analysées à la pharmacie.
Depuis larrêté du 9 Août, des visites de confrères ont été effectuées. Elles ont montré que la mise en place dune dispensation journalière individuelle nominative (DJIN) nécessitait un temps pharmacien très lourd, et que le travail du préparateur apparaissait peu intéressant.
Dautre part la DJIN nest pas imposée par larrêté.
La saisie des prescriptions dans les services de soins est apparue comme la meilleure option bien que difficile à mettre en oeuvre en pratique.
La volonté de tous les acteurs hospitaliers (pharmaciens, médecins, infirmiers, services financiers....) a permis de former un groupe de travail dont la mission consistait à élaborer un cahier des charges pour la consultation des logiciels de prescriptions.
Aujourdhui, une procédure daccréditation du circuit du médicament a été engagée.
Le choix du logiciel na pas encore été arrêté pour des raisons dhomogénéisation des systèmes informatiques de létablissement.
5. J. BERLIOZ - C.H.G dAix-les-Bains
Avant larrêté, la dispensation des médicaments était réalisée dune manière globale sauf pour certains médicaments dont la prescription était contrôlée.
Le choix du logiciel a été arrêté après concertation et visites sur des sites déjà équipés.
Un service pilote a été désigné sur la base du volontariat. Le fichier a été créé courant 1992, constituant à la fois un support de prescription mais aussi de préparation et dadministration des médicaments par les infirmières.
Ladhésion des infirmières à ce système a dabord été difficile à obtenir.
Les problèmes rencontrés ont été essentiellement une résistance aux changements de méthodes de travail et une lenteur de mise en place du système.
Les points à améliorer sont :
Les points positifs consistent en :
Limplantation dun logiciel plus performant est en cours.
6. P. PONCET - C.H.G. de Montélimar
Les pharmacies hospitalières nont pas les moyens techniques et financiers dappliquer larrêté du 9 août 1991.
Les secrets de la réussite sont :
Les différentes commissions détablissement (C.M.E, C.T.E......) ont été intégrées au système.
Un comité de pilotage multidisciplinaire a été constitué comprenant le directeur de létablissement, le président de la C.M.E , linfirmier général, les médecins, les pharmaciens, les cadres infirmiers...... .
De multiples réunions ont été nécessaires pour aborder tous les aspects de la mise en place de larrêté. Après accord du directeur, lapplication de larrêté a été intégrée au projet détablissement.
Le comité a décidé dun service pilote et a élaboré une charte de la prescription nominative des médicaments diffusée par le directeur à tous les prescripteurs , les cadres-infirmiers et les IDE.
La charte aborde différents points :
Actuellement, 30 lits de cardiologie, 30 lits de pneumologie et 100 lits de maisons de retraite sont concernés par linformatisation. Lextension à 120 autres lits de longs et moyens séjours est en projet.
Les raisons du succès de la démarche sont lopiniâtreté des participants, la responsabilisation des médecins et linformatisation des unités de soins. La présence renforcée du pharmacien dans les unités de soins est un des éléments très positifs du projet.
7. D. LACHAUD - Clinique Mutualiste E. Andre
La stratégie adoptée lors de la sortie de larrêté du 9 Août 1991 a tout dabord été de saccorder un temps de réflexion et danalyse.
Cette période a permis dexclure certains services de lapplication de larrêté car ils ne permettaient pas dobtenir dans les temps des prescriptions pour analyse avant administration du médicament. Les services exclus sont ; les soins intensifs, la radiologie, le bloc opératoire et les services de consultations. Le temps de travail dun préparateur nécessaire à lapplication de larrêté a été évalué à 1500 heures soit 8 mois à temps plein.
Une note a été rédigée à lattention de la direction de létablissement en vue dobtenir des moyens humains supplémentaires en largumentant sur des économies potentielles pour la collectivité (diminution des maladies iatrogènes, économies des stocks des étages) et sur la nécessité de la valorisation de lacte pharmaceutique à travers la dispensation.
Les problèmes rencontrés ont été :
Des ordonnances nominatives sont rédigées pour lantibiothérapie (avec un modèle dordonnance réalisé à la pharmacie pour faciliter le travail des prescripteurs), pour les protocoles de chimiothérapie, les produits sanguins stables, les stupéfiants et les médicaments nouveaux et/ou coûteux. Une liste des produits nécessitant une transmission dordonnance est régulièrement tenue à jour et une information est réalisée auprès des prescripteurs.
Lintégralité des prescriptions pour un même patient nest jamais obtenue à la pharmacie.
En effet, il faut fréquemment aller dans les services reprendre les cahiers de prescriptions.
Les perspectives sont représentées par lembauche dun préparateur pour la reconstitution centralisée des cytostatiques et le développement du système informatique (possibilité de prescription nominative). En conclusion, il faudra encore beaucoup de temps, de patience et de communication pour faire appliquer totalement cet arrêté dans létablissement.
8. L.de Beauchamps - Centre Hospitalier de Ste-Egève (Grenoble)
Le centre hospitalier de Ste-Egrève, de structure pavillonnaire est un hôpital psychiatrique de 480 lits (20 unités: psychiatrie générale adulte, patients à expression déficitaire).
Il emploie 1250 personnes. La durée moyenne de séjour y est inférieure à 30 jours: pour la psychiatrie générale, la durée moyenne de séjour est basse car les patients sont hospitalisés en phase aiguë, d'où une demande en médicaments importante.
La pharmacie
Elle fonctionne de 8H à 18H du lundi au samedi avec 2 postes de Praticien Hospitalier temps plein, 2 internes en pharmacie, 4 préparateurs, 1 agent administratif, 1 secrétaire médicale, 1 ASH.
La prescription
Comme il s'agit de psychiatrie, la prescription existait depuis longtemps. L'arrêté du 9 août 91 n'a pas changé grand chose.
Les ordonnances sont spécifiques à l'hôpital et numérotées. Le médecin est identifié et sa signature connue.
La pharmacie reçoit une ordonnance par patient, c'est le seul support de travail du préparateur et de l'infirmier.
Les problèmes rencontrés sont les suivants:
La dispensation
Tous les jours, une analyse pharmacologique de l'ordonnance est réalisée par le pharmacien ou l'interne. La dispensation est nominative, le plus souvent hebdomadaire. Elle se fait à partir des originaux des prescriptions. Chaque patient a son tiroir dans un chariot.
Chaque unité fonctionnelle (UF) possède une dotation d'urgence en psychotropes. De plus, il existe une trousse d'urgence mobile centralisée (urgence somatique et assistance ventilatoire) sous la responsabilité des internes en médecine (cette trousse est ramenée à la pharmacie pour être réapprovisionnée et scellée).
Des difficultés sont rencontrées pour la gestion du stock patient. De plus, les retours des services sont nombreux.
Administration
Les rangements et les dotations dans les unités fonctionnelles sont standardisés: les armoires ont été remplacées par des chariots, avec un tiroir par patient, ce qui diminue le risque d'erreur. L'ordonnance est le support de travail. Le stock de médicaments des UF est minimal. La transmission d'informations sur les traitements auprès du personnel est difficile et le suivi de l'administration est pratiquement inexistant.
En conclusion: les objectifs
Les problèmes:
Conclusion
L'émergence de la pharmacie clinique a permis le décloisonnement de la pharmacie, la maîtrise des dépenses pharmaceutiques.
Une question se pose: à quand le déploiement généralisé sur le CHU? L'objectif est d'atteindre la moitié des lits pour l'an 2000. Cela dépendra des moyens pharmaceutiques mis à disposition. En ce qui concerne la saisie informatique des traitements par les médecins dans les UF, il faudra une mise en réseau avec choix d'un logiciel ainsi que la motivation des médecins.
Etude préalable
Suite à la circulaire de 1986, un audit du circuit traditionnel a été réalisé. Le problème était de trouver un chef de service qui accepte le suivi du circuit du médicament.
Le point a été fait sur les logiciels existants. Dans un second temps, a suivi un audit sur les prescriptions au CHU: seules les ordonnances du site pilote étaient conformes avec une bonne identité du patient et la signature du médecin.
Stratégie adoptée
Cette stratégie de type universitaire a permis une étude comparative de 3 logiciels par un groupe pluridisciplinaire avec suivi des actions par un consultant externe.
Problèmes rencontrés
Il existe encore une réticence médicale.
On a pris conscience de l'existence de différentes cultures: médicales, infirmières, pharmaceutiques et administratives.
On est en tradition orale hospitalière.
Le personnel pharmaceutique est déployé en moyen constant.
Etat actuel
Les points positifs:
Disposition, ainsi que de la conviction des médecins et des pharmaciens de l'importance de la pharmacie clinique.
10. H. Galtier - CHG de Vienne
Avec l'arrêté du 9 août 1991, on a parlé d'analyse d'ordonnance pour la première fois.
Historique
En 1989, une dispensation nominale manuelle sur 22 lits a été mise en place. Mais ce système était ingérable en raison d'une trop lourde charge de travail.
En 1991, l'acquisition de Disporao 2 permet un démarrage sur 36 lits. A ce moment là, la pharmacie fonctionne avec deux pharmaciens PH temps-plein, 5 vacations hebdomadaires, un interne et 5 préparateurs.
En 1997, lacquisition de Disporao 3 permet le fonctionnement sur 261 lits. La pharmacie fonctionne alors avec en plus un assistant ainsi qu'un interne et un préparateur supplémentaire.
Pour 1998-99, il est prévu l'acquisition de Disporao 4.
Au quotidien
Les prescriptions sont bien faites.
L'acheminement des ordonnances à la pharmacie respecte les horaires définis.
Les préparateurs réalisent la saisie qui est centralisée à la pharmacie. Un double contrôle permet d'éviter les erreurs. Puis un plan de cueillette est édité.
Le pharmacien analyse l'ordonnance. Il note les éventuels problèmes dans un cahier de liaison, et tous les jours il se rend auprès des médecins pour résoudre ces problèmes de prescription.
Un bilan réalisé sur l'analyse d'ordonnances pendant 31 mois a donné les résultats suivants:
20,3% d'interventions sur les ordonnances.
Nature des interventions:
prospective
Les objectifs sont les suivants:
Conclusion
L'application de l'arrêté du 9 août 1991 est obligatoirement progressive.
La saisie par les préparateurs est limitée par leur nombre.
La saisie par les prescripteurs est limitée par:
Pour l'avenir, le choix est celui d'un mode de saisie fixe.
L'équipe pharmaceutique est un élément de changement dans les services de soins qui en révèle les dysfonctionnements...
11. J. Bureau - CH Lyon Sud, Pierre Bénite
Au CHLS, un système de dispensation nominative est en place depuis plusieurs années. La qualité de cette dispensation permet une diminution du taux d'erreurs. Les étapes sont les suivantes:
Le système informatisé concerne 125 lits.
Cependant, 350 lits sont en distribution nominative manuelle.
En effet, avec le système informatisé, le temps de travail de la saisie et de la mise en sachet est très long.
Les avantages de la DJIN sont les suivants:
elle supprime:
Une étude comparant la DJIN manuelle et informatisée a été réalisée mais n'a pas été publiée car ce travail a été ressenti comme une " agression par les unités de soins ".
En conclusion, il faudra dans l'avenir évoluer vers un partage du travail entre la pharmacie et les unités fonctionnelles, mais il semble difficile de demander au médecin de saisir sa prescription sur informatique.
12. C.Caussin - Centre Hospitalier de Roanne
Les années 1960-1970
Aux Etats-Unis, une étude prouve quavec une distribution globale on a 25 à 30% derreurs.
En France, A.Carrier publie des travaux sur la DJIN en 1973.
A Roanne, le système consiste à remplir des piluliers, ce qui amorce la politique de larrêté du 9 août 1991. Ce système de dispensation nominative manuelle journalière fonctionne grâce à Mr Chanard.
Les années 1980-1989
La dispensation nominative manuelle journalière fonctionne sur 508 lits. La prescription est contrôlée par les préparateurs (nom, posologie, durée de traitement). Puis les contenants sont étiquetés, remplis et envoyés dans les services. Tous les jours on a un va-et- vient des contenants.
Les antibiotiques sont délivrés pour une durée de 5 jours, les anticancéreux pour une cure.
Critique du système:
les points forts:
Le terrain est donc favorable à une avancée plus moderne.
les points faibles
en 1989
à contexte réglementaire
La décision est de saxer vers un logiciel de dispensation informatisée, avec comme base, les bonnes pratiques de dispensation hospitalière (circulaire du 30/01/1986). La dispensation pharmaceutique est laxe pharmaceutique associant la délivrance des médicaments à des prescriptions spécifiques, telles que:
à contexte local
à concrétisation
En 1997, la dispensation sest étendue à plusieurs services pour atteindre 472 lits.
La saisie est centralisée à la pharmacie avec un support unique de prescription intégré au dossier de soin. Mais il est impossible de tout délivrer en dose nominative, doù lévolution vers la dispensation reglobalisée.
Bilan de létat actuel
Points positifs:
Points négatifs:
Suite à larrêté du 9 août 1991, le corps médical a eu un abord neutre alors que le corps infirmier, lui, a eu un abord favorable.
13. J.Kepenekian - Président de CME - Hôpital St-Joseph
Lhôpital est actuellement en train de réfléchir sur une nouvelle organisation. Il faut prévoir lavenir. On parle beaucoup daccréditation, de la qualité du fonctionnement de lhôpital.
Au Canada, on essaie dévaluer lambiance et comment un malade perçoit lhôpital.
Il faut réfléchir au moyen de fonctionnement des différents métiers de lhôpital les uns avec les autres.
La prescription est lacte noble du médecin et celui-ci naime pas bien le regard du pharmacien sur son ordonnance...
En 1983 a été créé un groupe détude du médicament et du matériel stérile. De plus des groupes de travail se sont mis en place pour essayer daméliorer le quotidien (étude sur différentes pathologies, comment améliorer les choses quand le patient quitte lhôpital, étude de la filière pharmaceutique et de la dispensation à lhôpital...).
On essaie dobtenir que les infirmières exigent de chaque médecin quil note ce quil prescrit.
La dispensation nominative a été essayée dans quelques services.
Dans lavenir il faut trouver une bonne articulation entre le patient, le médecin, linfirmière et la pharmacie, ce qui permettra une bonne efficacité, une bonne sécurité, un moindre stock et une bonne fiabilité.
Linformatique nest quun outil qui ne peut venir appuyer quune réflexion en amont. Cest loccasion de demander à chacun en quoi il est émetteur et récepteur dinformation.
Linfirmière a un rôle de contrôle dans ladministration des médicaments, mais ce nest pas à elle de gérer les stocks.
Linteractivité des médecins a permis détablir des protocoles thérapeutiques établis à partir de réflexions dans chaque spécialité, car les situations sont le plus souvent répétitives.
Il faut que sinstalle un état desprit, une réflexion au sein de létablissement pour évoluer vers la mise en place de bonnes pratiques.
14. F.Chauvin - Directeur adjoint - Centre Léon Bérard. Lyon
Cest laspect purement économique qui va être abordé ici.
Comment utiliser larrêté du 9 août 1991, comme outil de pilotage médico-économique dans un établissement?
Lhôpital doit passer dun hôpital administré à un hôpital géré. Cest lenjeu des prochaines années. la prescription nominative fait partie des outils de pilotage.
Le PMSI a introduit une notion de productivité. Avant lhôpital fonctionnait avec une enveloppe globale (ressources). Maintenant il doit être productif. Il faut répercuter cette contrainte sur tous les acteurs de létablissement.
Système de financement dun établissement
On ventile les dépenses dans des sections dimputations qui sont:
Chaque section dimputation est découpée:
Le fonctionnement de lhôpital
Le système dinformation
Au Centre Léon Bérard, il a été reconstruit il y a 5 ans. Cest un système dinformation orienté patient: informatisation du dossier patient, analyse avec production de tableau de bords. Le patient est le moteur du système.
Il y a un problème dinter-opérabilité car les buts, les logiques ne sont pas les mêmes entre les différents acteurs.
Linformatisation de la prescription na dintérêt que sil y a validation de ladministration.
Il faut évoluer vers un système de réseau et ce système doit être ouvert vers lextérieur. Cela ne peut se faire que si lon connecte les lits des patients dans le système dinformation. Cest pourquoi, au Centre Léon Bérard, on câble tous les lits des unités en réfection. Cela pourra être dun grand intérêt pour la validation de ladministration des médicaments.
TABLE RONDE : " Bilan et perspectives "
Avec la participation de :
1.Introduction par J.F.Latour
Au cours de cette table ronde, nous aborderons les points suivants:
2.Evaluation-qualité-accréditation
On retiendra:
Limite des audits: les conclusions peuvent être contradictoires lorsque plusieurs audits sont réalisés dans un même établissement. Laudit est intéressant quand des démarches dassurance qualité ont été réalisées.
à J.L.B.: A Grenoble un consultant externe est venu aider léquipe chargée de lévaluation: acquisition dun savoir faire. Une analyse préalable de la situation est nécessaire avant toute démarche dassurance qualité.
à F.C.: Les audits réalisés par des sociétés de consultants utilisant des schémas types ne servent pas réellement. Mais les audits réalisés par des professionnels de santé extérieurs à létablissement, ayant une bonne connaissance pratique, identifie plus rapidement et plus justement les dysfonctionnements.
2 méthodes peuvent être utilisées:
à J.B.: Concernant la gestion informatique, la totalité de la prescription ne mérite pas forcément dêtre archivée pendant une longue durée.
à F.C.: Il faut se poser la question du coût/utilité de linformatisation
3.Les moyens
à J.F.L.: Le transfert de charge du travail infirmier à la pharmacie permet de donner du temps supplémentaire aux infirmières pour le soin des malades. Exemple: le transfert de la reconstitution des chimiothérapies à la pharmacie, au Centre Léon Bérard, sest fait sans suppression de postes infirmiers.
à J.B.: Le transfert de charge de travail devrait saccompagner dun transfert de postes dinfirmiers à des postes de préparateurs. Mais cela semble difficilement réalisable en pratique, le personnel infirmier étant déjà en nombre limité. De plus, on se confronte à un manque de motivation des décideurs.
à J.K.: La transformation de postes infirmiers en postes de préparateurs nest réalisable que progressivement, aux moyens de formations. Ces transformations doivent anticiper les plans sociaux.
à Question de la salle: Serait-il choquant quune infirmière vienne préparer les médicaments à la pharmacie?...
4.Formation-information-changement dhabitudes
à J.F.: La pharmacie hospitalière est prestataire de services. Pour le bon fonctionnement du système, il faut une bonne organisation de chacun. Tous les acteurs doivent être convaincus de lintérêt du système.
à C.C.: La validation de ladministration des médicaments par les infirmières est quelque chose de lourd. Mais cest le dernier maillon de la chaîne qui à toute son importance.
à F.C.: Il est du domaine du pharmacien de dispenser le médicament . Il est du domaine du médecin de contrôler quil est bien administré. Cela ne sert à rien dinformatiser la prescription si lon ne sait pas ce qui est administré. La validation de ladministration est une chose essentielle. Exemple: Validation de ladministration des produits sanguins au lit du malade par un système de code-barre où linfirmière sidentifie en même temps.
à J.L.B. : La validation nest possible que si le médecin a saisi sa prescription sur informatique.
5.Informatique
à J.F.L.: A lorigine de toute informatisation il faut un dossier patient qui soit le moteur, avec une homogénéisation des systèmes utilisés dans les différents services, avec comme suite logique la validation de ladministration au chevet du malade.
à C.C.: La saisie des ordonnances dans lunité de soin serait la meilleure solution. Cest un cap quil faut envisager.
à Question de la salle: Comment fonctionne le système SAUPHIX à Grenoble?
àJ.L.B.: Linterne saisit sa prescription sur informatique et tous les jours édite une ordonnance. La saisie nest pas passive car il dispose dun logiciel daide à la prescription intégré qui lincite à prescrire des médicaments du livret thérapeutique.
à F.C.: Linformatisation nest pas une solution en soi. Elle ne fait quaccompagner lorganisation existante et ne fonctionnera bien que si le système lui même fonctionne correctement. La saisie des prescriptions ne devrait être réalisée que par les prescripteurs eux-mêmes.
Lhôpital est une vaste messagerie où chacun envoie des messages pour suivre la production du soin. Il serait donc nécessaire davoir des outils adaptés à ce fonctionnement (systèmes interactifs, groupe WEARE, INTERNET...) plutôt que des bases de données fixes.
à J.K.: Le dossier patient doit être consultable par lensemble des professionnels de santé, non seulement au sein de létablissement mais aussi par lextérieur.
CONCLUSION
Larrêté du 9 août 1991 a mis laccent sur lintérêt de lanalyse de lordonnance par le pharmacien pour la sécurité du patient.
Lapplication pratique reste difficile, principalement en raison de labsence de moyens supplémentaires mis à disposition des pharmacies hospitalières.